Si l’électricité était une denrée visible à l’œil nu, les Ouagalais se rendraient sans doute compte que, depuis le samedi 19 décembre 2009, il y avait un nouveau-venu dans le jus fourni par notre Nationale de l’électricité. C’est ce jour, en effet, que les essais de la ligne d’interconnexion Bobo- Dioulasso – Ouaga ont débuté. La conférence de presse pour l’annoncer a eu lieu au siège de la société, la veille de cet heureux événement.
Vendredi dernier, dans la salle de réunions, au 4e étage du siège social de la SONABEL, l’ambiance était bon enfant. Ce n’est pas pour dire que pendant les précédentes rencontres, il n’y avait toujours de l’orage, pardon de l’électricité, dans l’air mais avouons, tout de même, qu’entre l’annonce de l’arrivée d’un surplus de tension et celle d’un délestage, l’humeur du jour ne peut être la même.
Depuis samedi dernier, 86 nouveaux mégawatts coulent dans les câbles du Centre régional de consommation de Ouagadougou (CRCO). Bien sûr, il s’agit, pour le moment, d’un test avant la mise en marche définitive de la ligne, mais touchons du bois pour reconnaître qu’il s’agit là de l’aboutissement d’un projet qui est le prolongement de l’interconnexion avec la Côte d’Ivoire, en service depuis avril 2001.
L’objectif était d’amener sur 338 kilomètres, depuis Kodeni à Bobo- Dioulasso jusqu’à Zagtouli à l’entrée de Ouagadougou, une partie de l’électricité importée de Côte d’Ivoire ; ce qui nécessitait, entre autres, la construction de 704 pylônes. Le programme comprend également un volet électrification rurale consistant à électrifier cinq localités le long de la ligne que sont Koumbia, Pâ, Bagassi, Sabou et Kokologho ; avec, en outre, un dispositif permettant d’électrifier les localités autour de Pâ.
Dans son discours liminaire, le directeur général de la SONABEL, Salif L. Kaboré, a fait remarquer qu’à ce jour, le projet est réalisé à hauteur de 96%. Il a ensuite rassuré que les quelque 4% restants seront bouclés en janvier 2010. Il n’empêche d’ailleurs en rien la mise en service de la ligne. La meilleure preuve ?
Ce sont les essais techniques de mise sous tension qui ont commencé le 19 décembre et vont durer jusqu’au dernier jour de l’année. Mais à quand le lancement définitif, lui ont demandé certains. Prudent comme un Sioux, il a répondu que l’autorité le décidera au moment opportun. Toujours est-il que le soulagement était perceptible tant du côté du premier responsable de la maison que des agents qui y travaillent.
« L’ensemble du personnel de la SONABEL ressent une grande joie et une fierté légitime dans cette perspective qui va faire baisser la pression tant le déséquilibre entre l’offre et la demande devenait un problème difficile à gérer du fait d’une clientèle devenue, de plus en plus, exigeante à juste titre », a confessé Salif L. Kaboré.
« N’en déplaise aux chenapans de tous bords », pourrait ajouter le directeur général de la SONABEL, comme pour faire un clin d’œil aux sinistres individus qui ont entrepris de couper les fils de mise à la terre. Le lecteur se souviendra que nous avions évoqué ce sujet dans la rubrique Une lettre pour Laye de notre édition n°7531 en ces termes : « …En effet, pendant que la Nationale de l’électricité met les bouchées doubles pour que les essais de la ligne d’interconnexion Bobo-Ouaga démarrent, les empêcheurs de tourner en rond tentent de se mettre en travers de cet objectif.
Depuis le 12 décembre 2009, en effet, sur l’axe Boni-Pâ, des individus adeptes de basses besognes n’ont pas trouvé mieux que de sectionner les fils de mise à la terre, installés en bas des pylônes. Sont concernés les pylônes 257 à 266 ».
Vivement que les essais qui ont démarré soient concluants et qu’à partir du 31 décembre 2009, les Ouagalais ne parlent plus de délestage avant longtemps. En attendant, il convient de dire que l’on ne peut faire des omelettes sans casser des œufs. Qui dit essais, dit souvent désagréments. Le directeur général de la SONABEL a d’avance vivement présenté ses excuses pour ceux qui, éventuellement, auraient à les vivre.
Issa K. Barry
Source :lobservateur.bf




