Du 15 au 17 décembre 2009, Dédougou a abrité les 72 heures de la prévention des risques professionnels de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Objectif : informer les acteurs du monde du travail et de la population sur la nécessité de développer des initiatives pour réduire un tant soit peu les sinistres du travail et promouvoir un milieu de travail sain.
11 003. C’est le nombre d’accidents du travail et de maladies professionnelles enregistrés ces cinq dernières années par la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Celle-ci a déboursé la somme de près de quatre milliards de F CFA au titre de la réparation de ces risques professionnels, soit près de 800 millions de F CFA par an. Face à ces chiffres peu reluisants, la CNSS veut prendre le taureau par les cornes en faisant sienne la maxime selon laquelle « Mieux vaut prévenir que guérir ».
Depuis 2004, en plus de la sensibilisation au quotidien, elle a institué 72 heures de la prévention des risques professionnels et ce, de façon tournante dans ses directions régionales. Cette approche s’est avérée payante puisque le nombre d’accidents du travail et de maladies professionnelles est passé de 2268 en 2004 à 1532 en 2008. Toute chose qui a fait dire au représentant du directeur général de la CNSS, Yafon Félix Traoré, que les risques professionnels constituent de nos jours une préoccupation majeure au double plan mondial et national. Cependant, a-t-il ajouté, les accidents du travail et les maladies professionnelles ne sont pas une fatalité. « Ils ne se produisent pas, ils sont causés », a-t-il souligné. Après Ouagadougou en 2004, Bobo Dioulasso en 2006 et Fada en 2008, c’est Dédougou qui a abrité du 15 au 17 décembre dernier la manifestation parrainée par le maire de Dédougou, Gnami Valentin Konaté. Outre les visites des lieux de travail et les conférences publiques sur la prévention des risques professionnels, les acteurs du monde du travail et la population de la cité de Bankuy, et d’horizons divers du pays, ont eu droit, pendant ces 72 heures à des démonstrations d’extinction de feux avec des extincteurs portatifs et des projections de films.
Aux dires de la centaine de participants, la pertinence et la clarté des exposés ont éclairé leur lanterne de sorte que ces connaissances acquises seront exploitées judicieusement. Pour le parrain, la prévention des risques professionnels reste une lutte de longue haleine et mérite que tout le monde s’y implique. C’est pourquoi l’Etat, les employeurs et les travailleurs ont été priés de se mobiliser pour que la sécurité au travail, la santé et la vie au travail soient un droit fondamental pour une productivité accrue. L’Organisation internationale du travail (OIT) estime à 5000 le nombre de personnes qui perdent la vie chaque jour dans un accident ou une maladie liée au travail, soit un décès toutes les quinze secondes. Le coût de cette hécatombe est vingt fois plus élevé que l’aide publique au développement.
Par Serge COULIBALY
Source : lepays.bf




