La Fédération des Sociétés d’Assurances de droit National Africaines (FANAF) a décidé d’explorer des domaines nouveaux pour mieux s’approcher des assurables, à l’issue d’une assemblée générale à Dakar, dont le thème était de « Assurance Africaine face aux changements du futur ».
Une démarche s’explique en partie, par le bouleversement causé par la crise financière sur les sociétés d’assurances, selon Vadiourou Diallo, secrétaire général de la Fédération sénégalaise des sociétés d’assurances. C’est cette crise qui, dit-il, « a engendré de nouvelles pistes de réflexion en matière de sécurisation des opérations et aussi des innovations en matière d’ assurance ».
L’assurance agricole dont le Sénégal est le seul pays à expérimenter en Afrique de l’ouest, fait partie de ces nouveaux domaines à explorer. Cette assurance vise à protéger les couches défavorisées des aléas climatiques qui handicapent l’agriculture.
« L’agriculture occupe 60 à 70% de la population africaine et assure 20 à 40% du Pib de nos Etats. Ce secteur génère près de 15% de recettes d’exportation et couvre 70% des bénéfices alimentaires de nos pays », relève Pape Amadou Ndiaye directeur général de la Compagnie nationale d’assurance agricole du Sénégal.
Mais, constate-t-il, malgré son importance, l’agriculture reste exposée « aux aléas, surtout, climatiques, rendant la population agricole vulnérable ». Et c’est pour rompre avec cette menace permanente que le Sénégal a mis en place la Compagnie d’ Assurance agricole.
L’assurance agricole est financée à hauteur de 50% par l’Etat du Sénégal. Ce qui n’est d’ailleurs pas suffisant aux yeux du directeur général de la CNAAS. Car indique-t-il, en Tunisie par exemple, « l’Etat a donné 100% de la prévision en assurant, pratiquement, tout le monde dans une première année ».
Les autres nouvelles sphères d’évolution de l’assurance sont les nouvelles technologies ou TIC qui sont d’après les assureurs, des instruments de promotion et de développement de l’assurance. Dans la micro assurance, ces TIC sont utilisés pour rapprocher les assurables de l’assurance, « pour avoir des moyens de diversification de la distribution de nos produits et de simplification des circuits de distribution », renseigne Vadiourou Diallo.
Par exemple, explique-t-il « le téléphone mobile est devenu un instrument qui s’est démocratisé même dans nos campagnes les plus reculées. Alors nous allons voir dans quelle mesure nous pouvons adapter cette technologie à l’assurance ».
Le marché de l’espace FANAF qui compte 24 pays d’Afrique a réalisé en 2009 un chiffre d’affaires de 697,35 milliards Francs CFA, avec une croissance de l’ordre de 5,4%. Le secteur des assurances y est en constante progression, selon Papa Ndiaga Boye, le secrétaire permanent de la FANAF.
L’ensemble, les marchés africains ont renoué avec la croissance et les compagnies d’assurances ont renforcé leurs surfaces financières, précise-t-il, avec l’entrée en vigueur du règlement portant augmentation du capital social (à 1 milliard FCFA) des sociétés anonymes et du Fonds d’établissement des sociétés mutuelles.
Toutefois, l’assurance africaine demeure confrontée au problème des délais de règlement des sinistres. « Le règlement juste et rapide des sinistres, sera une priorité en 2011 », souligne M. Boye qui informe qu’en 2009 les sociétés d’assurances ont réglé des sinistres à hauteur de 331 milliards de FCFA.
Les épargnes collectées sont investies dans les dépôts à terme dans les banques, ce qui leur permet de faire du refinancement, relève pour sa part le président de la Fédération sénégalaise des sociétés d’assurance.
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