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Gisèle Ouédraogo, lauréate de la SNC 84 « Je suis toujours fière de mon prix en teinture »

Veuve de plus de 60 ans, Gisèle Ouédraogo est teinturière depuis une vingtaine d’années. Plus que jamais passionnée par son métier, elle l’exerce toujours dans l’enceinte familiale à Bobo-Dioulasso. Nous sommes allés à la rencontre de cette dame qui a remporté le 1er prix en teinture à la 2e édition de la SNC, tenue à Gaoua en 1984. Que de souvenirs !

Sidwaya (S.) : Que retenez-vous de votre participation à la SNC 84 ?

Gisèle Ouédraogo (G.O.) : Je garde de bons souvenirs de ma participation à la SNC 84, une manifestation qui visait à encourager les artistes que nous sommes. Cette édition m’a permis de me faire connaitre et d’avoir le 1er prix en teinture. Je ne regrette pas d’avoir pris part à l’événement.

S. : A-t-il été facile pour vous de participer à la manifestation en son temps ?

G.O. : A l’époque et à part quelques Maliens, j’étais pratiquement la seule qui exerçait dans la teinture, si bien que je n’ai pas vraiment éprouvé de difficultés à y participer. J’ai été sélectionnée par les organisateurs qui m’avaient demandé au préalable de présenter des échantillons de mes œuvres.

S. : Et comment aviez-vous trouvé l’organisation de la 2e édition ?

G.O. : Etant donné que la SNC était à ses débuts, l’organisation n’était pas parfaite comme on le constate de nos jours. A l’édition de Gaoua, les participants ont rencontré des problèmes de logement. Quand bien même n’étant pas nombreux à l’époque, les gens étaient entassés dans les écoles et ce n’était pas intéressant. On s’est débrouillé comme on pouvait durant le séjour.

S. : Qu’est-ce que ça vous fait de vous rappeler que vous avez obtenu le premier prix en teinture à la SNC 84 ?

G.O. : Quand je me rappelle ce prix qui a propulsé mon art, j’en suis fière. Ma satisfaction morale est toujours grande et intacte, même une vingtaine d’années après. Et laissez-moi vous dire que les autres lauréats et moi sommes montés sur une colline de Gaoua pour recevoir nos prix. Ç’a été difficile pour moi de monter sur cette colline, mais j’ai fini par y arriver.

S. : Quelle était la nature du prix ?

G.O. : On a reçu que des attestations. On ne donnait pas de l’argent aux lauréats. Mais ce n’est pas pour autant que cela m’a frustré car c’est la satisfaction morale qui comptait pour moi. Recevoir un tel prix est un couronnement et je ne pouvais que m’en réjouir même sans argent en plus.

Propos recueillis par Kader Patrick KARANTAO

Source : sidwaya.bf

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