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Entrepreneurs du BTP : Faire barrage aux agréments “discriminatoires”

L’arrêté n°2010-0015/MTD/CAB daté du 23/12/2010 portant fixation des conditions de délivrance et de retrait de l’Agrément technique pour l’exécution des études, contrôles et travaux de construction et d’entretien des routes et des pistes rurales cristallise la colère des petites et moyennes entreprises du Bâtiment et des travaux public (PME/BTP).

Pour elles, l’objectif est clair : les faire disparaître au profit de quelque six grandes entreprises du pays. “Exiger des milliards d’une petite entreprise en gestation et lui imposer de recruter et de déclarer à la Caisse nationale de sécurité sociale une dizaine de personnes avant d’avoir son agrément est totalement absurde”, fulmine un entrepreneur.

Dans certains pays de la sous-région on n’exige pas des entreprises un agrément technique, ou, s’il y a lieu il est symbolique ; ce qui leur permet de venir conquérir des marchés dans notre pays. Les entreprises burkinabè sont, quant à elles, soumises à bien des conditionnalités qui, selon elles, les bloquent aussi bien dans leur pays qu’à l’extérieur.

Les ministères de l’Habitat et de l’Urbanisme (MHU), de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques ont aussi imposé de “multiples et contraignants agréments”. “Comment quelqu’un qui peut construire un immeuble pourrait ne pas avoir les compétences techniques pour construire des latrines ?”, s’est interrogé, indigné, le président du SNPME/BTP, Thomas Bagré.

C’est toutes ces raisons qui ont amené les entrepreneurs à adresser une correspondance au Premier ministre, Tertius Zongo, le 7 février 2011, et dans laquelle ils ont demandé l’annulation de ces textes qui “mettent les entrepreneurs du Burkina Faso en situation de concurrence défavorable vis-à-vis de leurs concurrents de la Zone UEMOA, voire de l’OHADA, qui ne sont pas astreints dans leur pays à ce type de limitation”.

Leur cri du cœur semble avoir été entendu, à en juger par la teneur d’une circulaire du MID datée du 15 février qui précise que l’ancien arrêté de 2005 est toujours d’application en attendant le dialogue entre le ministère et les organisations professionnelles. Les responsables du SNPME/BTP, qui disent ne pas être contactés dans le cadre dudit dialogue, restent prudents et souhaitent des états généraux du BTP dans notre pays pour faire face aux défis.

Abdou Karim Sawadogo

Lobservateur

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