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Les USA et la France condamnent la réquisition de banques par Gbagbo

La France et les États-Unis ont vivement « condamné » vendredi la réquisition par le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo de filiales ivoiriennes de banques étrangères, BNP Paribas et Société Générale, jugeant que cela pouvait avoir de « graves conséquences sur la stabilité monétaire ».

Faits

Jeudi, le gouvernement ivoirien a annoncé que Laurent Gbagbo avait signé des décrets « afin que l’État de Côte d’Ivoire prenne le contrôle par une prise de participation totale et complète dans le capital de certaines de banques », dont la SGBCI et la Bicici, respectivement filiales de la Société Générale et de BNP Paribas.

Vendredi matin, des soldats et des policiers fidèles à Laurent Gbagbo avaient pris position à Abidjan devant les sièges de deux filiales de banques françaises, a constaté une journaliste de l’AFP.

Au moins cinq banques, françaises et américaines notamment, dont la SGBCI et la Bicici, avaient annoncé en début de semaine qu’elles suspendaient leur activité en Côte d’Ivoire à la suite de la déstabilisation du secteur bancaire causée par la crise post-électorale opposant Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara, reconnu président élu par la communauté internationale lors de l’élection du 28 novembre 2010.

Condamnation de la France

« Nous condamnons l’annonce par Laurent Gbagbo de la nationalisation d’un certain nombre de banques étrangères, dont les filiales de BNP Paribas et de la Société générale », a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero.

« Cette décision n’a pas d’effet en droit puisqu’elle émane d’autorités qui ne sont pas légitimes », a insisté le porte-parole.

« La France réitère sa condamnation de toutes les violences et menaces exercées contre les institutions financières et les opérateurs économiques en Côte d’Ivoire et de toutes les menaces et violences contre des civils », a rappelé M. Valero.

Condamnation des Etats-Unis,

« Nous condamnons vivement cet acte », a dit à des journalistes le porte-parole du département d’État Philip Crowley, ajoutant que « la nationalisation de banques pouvait avoir de graves conséquences sur la stabilité monétaire et la confiance des investisseurs » en Côte d’Ivoire.

« Les banques ont fermé parce que l’ancien président Gbagbo a tenté de les contraindre à participer à des transactions bancaires irrégulières afin de contourner les mesures de la communauté internationale », a ajouté le porte-parole américain.

« La communauté internationale a mis ces mesures en place parce que Gbagbo refuse de céder le pouvoir à Alassane Ouattara, largement reconnu comme étant le gagnant légitime de l’élection présidentielle de novembre », a-t-il souligné.

« Cette crise politique continue d’avoir un impact réel sur les citoyens ivoiriens qui ont attendu pendant longtemps la paix et la prospérité après des années d’instabilité et de guerre civile », a estimé le porte-parole.

Les autres banques ferment aussi

Vendredi, la Bank of Africa a aussi fermé ses portes, après la Bicici, Citibank, Sgbci, Access bank, Biao, Baci, Ecobank.
Ces fermetures des banques font suite aux problèmes sécuritaires, juridiques et au manque de liquidité dans les banques, le système de la compense etant verrouillé depuis Dakar, suite au braquage de l’agence Bceao d’Abidjan par les hommes de Gbagbo.

Burkinapmepmi.com

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