Le tribunal du travail de Ouagadougou a condamné l’Union interafricaine des droits de l’homme (UIDH) au terme d’un procès qui l’oppose à ses salariés du siège de Ouagadougou. Selon ces derniers, le président de cette institution joue du dilatoire pour ne pas exécuter la décision judiciaire.
Depuis le 1er mai 2008, l’UIDH est en cessation de paiement. Les 8 travailleurs du siège de Ouagadougou n’avaient plus perçu de salaires depuis cette date jusqu’au 30 septembre 2009, date à laquelle ils ont finalement été licenciés. Au cours d’une conférence de presse tenue le 21 janvier 2010, Me Brahima Koné, nouveau président de l’UIDH qui a remplacé notre compatriote Halidou Ouédraogo en?mars 2007, a justifié les licenciements par des raisons économiques et budgétaires. Pour le président de l’UIDH, les partenaires institutionnels conditionnent désormais leur soutien financier à une réforme de l’organisation, accusée d’être une machine bureaucratique dont les dépenses de fonctionnement s’élèvent à 3 millions par mois. Tirant argument de cette situation, le président de l’organisation dit ne pas pouvoir payer leurs droits. Pourtant, le tribunal du travail de Ouagadougou ne semble pas avoir été sensible à ces arguments. Le 11 juin 2010 en effet, l’UIDH a été condamnée aux paiements?: des indemnités de licenciement, des arriérés de 21 mois de salaires, des indemnités de préavis et à des dommages et intérêts. Les tergiversations de la direction de l’UIDH sont perçues par les déflatés comme un véritable déni de justice. Comment une organisation des droits humains peut-elle fermer les yeux sur la détresse des hommes et des femmes qui ont des années durant grâce à leur travail assurer le fonctionnement de l’institution, alors que dans le même temps, certains de ses responsables continuent à voyager et à effectuer de longs séjours dans les hôtels aux frais d’une institution qu’ils savent malade. Les travailleurs s’interrogent sur les différents soutiens reçus de certains Etats qui ont accepté de consentir des efforts financiers parce que sensibles aux difficultés de l’UIDH. C’est le cas du Mali (20 millions), du Burkina (19 millions) et du Togo (29?475?000 FCFA soit 45?000 euros). A leur avis, cette bouffée d’air aurait dû permettre à la direction de l’UIDH d’apurer les droits sociaux des travailleurs, par souci d’humanité. Ils rappellent d’ailleurs que la direction sortante de l’UIDH avait laissé dans les caisses de l’organisation un reliquat de 80 millions de FCFA qui aurait été essentiellement englouti dans des frais de voyage. Autant de choses qui exaspèrent des travailleurs qui n’en finissent pas de vivre une vie de galère et qui dénoncent par conséquent avec véhémence les pratiques dilatoires du président de l’institution interafricaine des droits de l’homme. Rappelons que l’UIDH avait fait appel de la décision du tribunal de travail. La Cour d’appel devait rendre sa décision le 5 avril dernier mais depuis le 24 mars, les audiences sont suspendues dans tous les palais de justice du Burkina pour raison d’insécurité.
Il est grand temps d’en finir avec ce douloureux dossier qui n’en finit pas de ternir l’image d’une institution en laquelle de nombreux Africains avaient fondé beaucoup d’espoir !
Germain B. Nama
Evenement-bf.net




