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Ecobank : Inquiétudes autour du programme de préretraite

En mai 2010, la direction d’ECOBANK avait proposé des départs volontaires et anticipés à tout travailleur qui le souhaiterait. Saisissant la balle au bond, un groupe de travailleurs intéressés avaient émis l’idée d’une structure ad hoc dans le but d’élaborer un panier de propositions acceptables par tous. Le canevas proposé par ce groupe semble avoir provoqué un froid au sein de la direction qui aurait décidé d’appliquer unilatéralement son programme qui ne serait plus alors volontaire mais forcé. Ce qui naturellement provoque des grincements de dents au sein du personnel.

Les éléments de réflexion soumis à la direction de la banque et qui devaient servir de base de travail au comité ad hoc prennent en considération les conditions réservées aux agents par le passé dans des situations similaires de restructurations (cas de la Banque nationale de développement, de la Caisse autonome des investissements et plus récemment de la Banque internationale du Burkina), le contrat de cession de la BACB à ECOBANK qui prévoyait un programme de départ négocié avec le personnel, idée qui avait été reprise dans les discours de responsables de la banque en terme de promesse. Et parmi les axes de réflexion, les travailleurs avaient également mentionné la nécessité d’accompagner les départs par des mesures spécifiques pour les aider à tenir le coup en attendant le début du versement de la pension de retraite qui ne prend effet qu’au terme échu de la durée légale.

Dans les propositions de la direction générale, le départ anticipé à la retraite concerne ceux des travailleurs à qui il reste 5 à 1 an pour aller normalement à la retraite. Dans la même foulée des propositions, ceux qui auront capitalisé 15 mois de cotisations à la CNSS pourront profiter des mesures du programme. Ce qui fait l’objet de débat, ce sont les mesures subséquentes qui prévoient 18 mois de salaires pour ceux qui sont à 4 ou 5 ans de la retraite, 15 mois pour ceux qui sont à 3 ans et 10 mois pour ceux qui sont à un an. Autant de propositions jugées non incitatives et qui amènent le groupe à souhaiter que la promesse faite de négocier les conditions de départ soit respectée. Sans avoir répondu formellement à cette requête expresse, la direction aurait laissé entendre que le départ anticipé est conditionné par la formulation d’une demande. Pour le groupe, « cette démarche conduit à souscrire en l’état au contenu de l’offre de la Direction Générale et exclut pratiquement toute négociation ». Il en tire donc la conclusion : »Nous sommes au regret de vous informer que nous ne sommes point intéressés pour quitter la banque dans de telles conditions. » Face à ces réserves, la direction générale aurait réaffirmé le caractère volontaire des départs. La crainte demeure cependant que par divers artifices, elle en vienne à pousser dehors les agents qu’elle ne veut pas voir. D’où cette observation préventive du groupe à son attention: « Nous souhaitons attirer votre attention sur le fait que certains de nos collègues ont été affectés à des postes pour lesquels ils n’ont pas de qualification et par conséquent leur évaluation peut poser des problèmes ». En fait, ces tiraillements sur les mesures d’accompagnement traduisent la crainte des problèmes qui pourraient découler de l’application du programme tel que prévu par la direction. Nombreux sont en effet les agents qui ont des encours importants de crédits. Si comme promis, les droits à la retraite sont reversés, en même temps que les salaires d’accompagnement, il reste qu’au bout du compte, les candidats au départ vont se retrouver avec un pécule dérisoire, à peine suffisant pour se nourrir pendant le reste de temps qui les sépare de la jouissance effective de leur pension de retraite. Dans cette affaire, seuls ceux qui sont à une année de la retraite pourront peut-être tirer leur épingle du jeu. C’est pourquoi le groupe souhaite entre autres, « le versement d’une prime substantielle d’incitation au départ et l’examen bienveillant de projets personnels en terme de financement par la banque, avant les départs, en appliquant à tous les agents, les dispositions les plus favorables existant d’un côté (BACB) comme de l’autre (ECOBANK) » conformément aux dispositions portant sur les droits acquis. Si la banque veut donner un coup de pouce à des agents qui l’ont servi et qui pour une raison (désir de partir émanant des agents eux-mêmes) ou une autre (stratégie du groupe bancaire), elle peut le faire sans perdre de l’argent. Dans les conditions actuelles de départ, les travailleurs perdent de 2 à 42 mois de salaires. Dans cette masse d’argent engrangé par la banque, le groupe est convaincu qu’il y a moyen d’améliorer substantiellement les conditions de départ. On peut comprendre que la banque soit guidée par la logique du profit mais celle-ci peut aller avec une certaine dose de social. Surtout que dans les cohortes concernées, on y compte pour la plupart des pères et des mères de famille qui sont presque tous en fin de carrière?! Il faut espérer que ECOBANK accorde un peu plus d’attention à ces préoccupations somme toute légitimes.

Germain B. Nama

Evenement-bf.net

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