1650 pièces de 12 pagnes. C’est la quantité de textile qui a été incinérée le jeudi 15 avril 2010 au Centre de traitement et d’enfouissement des ordures de Tanghin. Les pagnes partis en fumée sont le produit contrefait de la Société Nichem, spécialisée dans la fabrication des pagnes “Wax” et représentée au Burkina par Commerce trading distribution (CTD). Laquelle est parvenue à cette destruction après décision de la justice, qui a dit le droit en sa faveur.
L’histoire remonte à 2004 où les responsables de Commerce trading distribution (CTD), société de distribution au Burkina des produits de la maison mère, Nichem, ont remarqué la présence illégale sur le marché de pagnes “wax” presque identiques à ceux que leur société fabrique. L’inquiétude les a donc poussés à l’investigation. A l’issue de cette opération discrète, il n’y avait plus de doute à se faire. Les éléments qu’ils avaient sous la main indiquaient qu’il y avait contrefaçon.
En ce sens que les pagnes soupçonnés étaient estampillés du logo et des dessins de Nichem. A la différence que le tissu est de qualité moindre par rapport au produit authentique de Nichem. En plus, les prix sont révélateurs : les pagnes contrefaits coûtent 3 500 F au lieu de 7 000 à Nichem. Une procédure de justice est alors déclenchée par l’entremise du Cabinet de Me Simon Poda, huissier de justice.
Cette procédure a permis de saisir 1 650 pièces de 12 pagnes, soit 33 balles, et de mettre la main sur deux faussaires. Le cerveau est un Chinois, répondant au nom de Wang Jun, agissant sous le couvert de sa société Fei Fei textile, implantée à Ouagadougou. Son complice burkinabè est Gamby Almamy de la société Burkina textile commerce général (BTCG). A la barre, la société Nichem a remporté le procès à l’issue d’un appel interjeté par la partie mise en cause après un premier jugement.
Pour leur forfait, ils ont été condamnés à verser 2 500 000 F par personne au titre des dommages et intérêts, en plus des frais, à leur charge, de l’incinération des pagnes et de publication de la décision de justice dans 3 journaux de la place, et dans Jeune Afrique l’Intelligent et Economica. La mise à feu des pagnes, à laquelle ont assisté Me Arthur Somé du Cabinet Poda, Boubacar Dao et Charles Ouédraogo, tous responsables à la CTD au Burkina, et la presse, est l’aboutissement d’un processus judiciaire de 6 ans, enchentée en 2004, date de la saisine de la marchandise.
Nankoita Dofini
Source : lobservateur.bf




