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Youssou Ndour, de la chanson à l’entreprise

Youssou Ndour est à la croisée des chemins. Il est devenu un label international à succès. Il passe désormais moins de temps dans les studios d’enregistrement et les salles de spectacles pour se consacrer à défendre ses idéaux auprès des grands de ce monde. Les secrets de Youssou N’dour sont : ténacité ; humilité, altruisme , ambition.

Ils sont à ce jour quatre à avoir réussi le cross-over de la musique africaine : Myriam Makeba, dans les années 60 ; Manu Dibango dans la décennie suivante; Mory Kanté dans les années 80; et enfin Youssou Ndour. Mais la grande
particularité de Youssou Ndour par rapport à ses prédécesseurs, c’est d’avoir accompli sa performance dans son propre pays, le Sénégal. Ce qui n’a pas empêché l’enfant de la Médina d’avoir un carnet d’adresses rempli. Il parcourt les grands forums au niveau international pour plaider le développement. Il en donne régulièrement l’exemple dans son pays, auquel, Il est attaché. On l’a vu accompagner le président Wade aux Etats-Unis en décembre dernier. Fin janvier, il était au Forum de Davos en compagnie de Tony Blair avec Bono et Peter Gabriel, ses mentors anglo-saxons. Début février, il dînait avec le président Chirac à l’occasion de sa visite officielle à Dakar.

Son action en faveur des plus défavorisés rappelle qu’il fut d’abord un enfant de la Médina de Dakar. Cette année 2005, l’artiste la consacrera à deux nouvelles campagnes. L’une contre l’excision des jeunes filles : tout au long de l’année
2005, il devrait participer à différentes manifestations programmées par Amnesty International pour lutter contre les dangers de cette pratique. L’autre campagne concerne le paludisme, ce fléau qui tue en Afrique plus que le sida. Il
organisera à cette occasion deux grands concerts intitulés « Africa live » au stade Iba Mar Diop de Dakar. L’occasion de réunir autour de lui la crème des artistes du continent, de Manu Dibango à Khaled, en passant par Ali Farka Touré, Tiken Jah Fakoly, Rokia Traoré, Salif Keita ou Oumou Sangare.

Chanteur et musicien remarquable, homme d’affaire avisé, la star sénégalaise multiplie les activités et semble vouloir occuper tous les terrains de la création musicale. Il fait partie, chaque année, des abonnés de Bercy, le grand palais
de spectacle parisien.

Le parcours d’un manager atypique

Avec ses études à l’Ecole des Arts , il commence réellement sa carrière artistique en 1975 où il chante avec le Star Band de Dakar, le plus célèbre orchestre du Sénégal de l’époque mené par Ibrahim Kassé. En 1979, il forme avec El Hadj Faye le groupe l’Etoile de Dakar qui devient le Super Etoile en 1981.Youssou chante en Wolof la vie quotidienne dans les quartiers populaires de Dakar, la réalité africaine , la pauvreté, sa famille et l’amitié.

En 1983, Youssou, qui participe à l’Africa Fête au Pavillon Baltard de Nogent, séduit le public parisien. Son séjour lui inspire Immigrés, une chanson sur les Sénégalais vivant à Paris dont les paroles touchent tous les Africains.

Le talent de l’artiste s’est confirmé en 1984, où il rencontre l’Anglais Peter Gabriel qui l’invite à participer à l’album So et à assurer sa première partie lors de la tournée qui suivra. L’année suivante, il participe au Printemps de Bourges et rencontre Jacques Higelin qui le fait participer à sa série de concerts à Paris Bercy avec Mory Kanté. Il participe aussi au disque Tam-Tam pour l’Ethiopie, sur l’initiative de Manu Dibango, pour le soutien à la lutte contre la famine.

Peter Gabriel chantera un duo Shakin’ the tree sur The Lion, premier album de Youssou à paraître sur le marché international en 1989, qui séduit les Occidentaux sans trahir ses racines africaines. The Lion (Ganïdé en wolof ) devient l’hymne officiel de l’équipe nationale de football du Sénégal.

Mais «l’Enfant de la Médina » ne s’est pas arrêté en si bon chemin.

En 1990, il enregistre Set, produit par Brian Eno, avec le Super Etoile de Dakar et treize (13) autres musiciens qui apportent de nouvelles sonorités.

Deux ans plus tard, c’est l’album Eyes Open, nominé aux Grammy Awards, (la consécration suprême de la musique) produit par Youssou et enregistré à Dakar dans son nouveau studio Xippi.

Style

La musique de Youssou Ndour a continuellement évolué au cours des années. Elle est partie d’une musique entièrement basée sur le mbalax et à l’occasion sur des rythmes salsa, pour devenir un mélange de styles différents,
résultat des rencontres innombrables avec de grands musiciens de renom avant de finir par être considérée comme une forme musique unique et hautement riche de la world musique.

Peter Gabriel le considère comme l’un des plus grands chanteurs de la musique moderne.

Grammy Awards 2005 : Youssou Ndour décroche l’étoile américaine

Le dernier disque de Youssou Ndour, «Sant-Allah» n’est jusque-là pas un succès, du moins pas au Sénégal. Mais, ailleurs dans le monde, «Egypt» aura marqué les esprits. Et pour le leader du Super Etoile, après le disque d’or obtenu en 1994, «avec les Grammy Awards la boucle est bouclée au niveau honorifique». C’est dire qu’avec cette récompense, Youssou Ndour devient on ne peut plus mieux primé.

Avec plus de 400 mille copies vendues en Europe et aux Etats-Unis, l’album Egypt s’est singulièrement distingué et va passer pour l’une des meilleures productions dans la carrière de l’artiste sénégalais. Youssou Ndour décroche enfin (après avoir été nominé trois fois sans grand succès) un trophée aux Grammy Awards. (Ndlr, les Grammy Awards attribuent les prix les plus prestigieux de l’industrie musicale américaine).

Mais ce succès s’explique par le fait qu’«Egypt est un album spirituel, qui a une musicalité un peu plus dépouillée.
L’album est un peu plus compréhensible pour les mélomanes occidentaux», soutient son auteur et interprète. Aussi, Youssou Ndour a «fait beaucoup de fusions» dans cet album qui s’est distingué par son «contenu». «J’ai parlé de ma
religion comme jamais les gens, dans la musique, n’ont parlé de la religion musulmane», fait-il remarquer.

Youssou Ndour, ce n’est pas que la musique

Avec sa société «Youssou NDOUR Head Office SA, le chanteur sénégalais s’investit aussi dans des oeuvres humanitaires. Considéré depuis une dizaine d’années comme l’un des artistes internationaux les plus engagés, il a
défendu plusieurs causes humanitaires et en particulier les droits de l’enfant, ce qui lui a valu sa nomination en 2000 par le BIT comme Ambassadeur Honoraire de la campagne contre le travail des enfants. Avec sa fondation, il a aidé plus de vingt (20) jeunes filles des zones déshéritées du Sénégal à bénéficier d’une bourse d’études courant 2003-2004 afin de poursuivre leurs études supérieures.

Youssou, c’est aussi la communication dans tous les sens avec son groupe de presse «Futurs-Média» créé en Septembre 2003 et qui comprend une radio RFM et un journal quotidien, L’Observateur.

Actuellement, il caresse le rêve de créer sa chaîne de Télévision [c’est chose faite en 2010 : Note Burkinapmepmi.com] et une compagnie de téléphonie. Gratifié de nombreuses distinctions honorifiques, il figure désormais parmi les nouvelles personnalités faisant leur entrée dans l’édition 2005 du dictionnaire Le Petit Larousse. Le choix porté sur le star mondial par le «comité de sélection des + nouveaux entrants+ se justifie par le talent et le parcours du chanteur dont la biographie sera introduite dans la partie + Noms propres+ du dictionnaire.

Un management qui place l’homme au centre de tout

La foi en Dieu, musulman confirmé, il considère que «manager, c’est avoir du feeling et savoir déléguer ses responsabilités». Pour lui, «l’entreprise est une famille où le chef d’entreprise doit avoir l’esprit du chef de foyer qui fait
confiance à ses enfants et les responsabilise en leur déléguant une partie de son pouvoir ». Il déplore l’attitude des chefs d’entreprises qui considèrent l’entreprise comme leur seule propriété et donc tout pour eux et rien pour les autres que sont les employés. «Moi, je considère mes employés comme des collaborateurs qui travaillent avec moi et non pour moi », ajoute-t-il. Ceci permet de motiver le travailleur qui sait que sa survie dépend de celle de la société qui l’emploie, précise le chanteur. Il plaide pour l’émergence de véritables industries culturelles qui doivent bénéficier davantage du
soutien des institutions financières et des pouvoirs publics en Afrique. Selon lui, il ne sert à rien de brûler les étapes dans la vie ; il faut être éduqué, se former et chercher à avoir de l’expérience, gage d’un succès professionnel.

Il avoue avoir signé son premier contrat de disque grâce à sa première tournée avec Peter Gabriel. «Cette tournée m’a permis d’avoir un peu d’expérience. Tout ce que j’ai pu réaliser du retour de cette tournée, c’est l’achat de mon appareil de fax qui m’a permis aussitôt le lendemain de décrocher un contrat de disque», confie-t-il. Né d’un père ouvrier qui lui a inculqué le goût du travail bien fait, l’artiste cherche toujours à faire plus et mieux.

maisondelentreprise.org

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