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La piste chinoise privilégiée dans l’affaire d’espionnage industriel chez Renault

Les services secrets français privilégient la piste chinoise dans l’affaire d’espionnage industriel qui frappe le constructeur automobile Renault, assure, vendredi 7 janvier, le Figaro.

« Renault soupçonne un acteur chinois, selon plusieurs sources internes », écrit le quotidien. « Les services secrets français, qui prennent cette affaire au sérieux, ont démarré une enquête qui privilégie également la piste chinoise, selon nos informations », poursuit-il. Mais contrairement à ce qu’indiquait une source proche du gouvernement, la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) a nié avoir été « judiciairement saisie à ce jour » par l’Elysée de cette affaire. « Rien ne lui a été demandé », a déclaré un responsable de ce service du renseignement.

Renault a mis à pied lundi trois cadres dirigeants soupçonnés d’avoir diffusé à l’extérieur des informations sensibles. Le groupe a justifié cette mesure exceptionnelle par la nécessité « de protéger, sans attendre, les actifs stratégiques, intellectuels et technologiques de [son] entreprise ». Il a également annoncé son intention de porter plainte.

« Pour Renault, il s’agit de faits très graves concernant des personnes en position particulièrement stratégiques dans l’entreprise », avait indiqué plus tôt Christian Husson. Selon M. Husson, l’enquête, qui a duré plusieurs mois, « a permis d’identifier un faisceau d’éléments convergents attestant que les agissements de ces trois collaborateurs étaient contraires à l’éthique de Renault, et mettaient en risque consciemment et délibérément des actifs de l’entreprise ».

LA VOITURE ÉLECTRIQUE, ENJEU D’AVENIR

Le directeur juridique précise que cette décision, prise à l’issue d’une investigation déclenchée par le comité de déontologie du groupe, est le résultat d’une procédure « parfaitement normée, très rigoureuse et [qui] garantit le respect des principes éthiques édictés » par le constructeur. Il ajoute que Renault « entend respecter et préserver l’identité des trois cadres concernés » conformément aux dispositions du code du travail, alors même que leurs noms est déjà largement divulgué dans la presse.

Le constructeur automobile, encore détenu à 15 % par l’Etat français, et son allié japonais Nissan ont déjà investi 4 milliards d’euros dans le développement de la voiture électrique. Le tandem ambitionne de devenir leader mondial de ce secteur, dans lequel il s’est engagé avant la plupart de ses concurrents. Il a encore plus d’une centaine de brevets en cours de finalisation.

Renault va commercialiser au milieu de l’année deux modèles en version électrique, la berline familiale Fluence et l’utilitaire Kangoo Express. Il prévoit de lancer deux autres modèles d’ici à la mi-2012 : le petit véhicule Twizy et la petite berline Zoe. Selon des sources proches du dossier, un des cadres mis à pied fait partie du comité de direction de Renault, un autre travaille sur le programme des véhicules électriques.

Un défaut de mesures préventives, selon le député Bernard Carayon
Le député UMP et spécialiste des questions d’intelligence économique Bernard Carayon indique, vendredi, que »cette affaire repose sur un défaut de mesures préventives suffisantes, alors même que certains services de l’Etat, et en particulier la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), sont en mesure d’apporter des conseils techniques de très haut niveau aux entreprises ». « Je ne peux que m’étonner qu’une entreprise de la dimension de Renault ne se soit pas rapprochée d’un service de l’Etat dont on connaît l’extrême qualité », poursuit le député du Tarn, auteur de plusieurs rapports sur l’intelligence économique.

LEMONDE.FR avec AFP et Reuters

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