La Direction de la Recherche et des Statistiques de la Bceao projette un taux d’inflation de 1,6% à fin décembre 2010. Cette information fait suite à l’analyse de la situation économique faite à travers sa note sous-régionale de conjoncture trimestrielle.
A fin décembre 2010, le taux d’inflation en glissement annuel est projeté à 1,6%. Partant d’une analyse de la situation économique, la Direction de la recherche et des statistiques de la Bceao, dans sa note sous-régionale de conjoncture trimestrielle, souligne que le taux d’inflation se situerait dans un intervalle allant de 1,0% à 2,0%, en tenant compte des scénarios sur l’évolution des prix du pétrole en 2010. La même source avance que le taux d’inflation, en moyenne annuelle dans l’Uemoa, s’établirait à 1,1% en 2010 contre une prévision de 1,2% effectuée en mars 2010 et une réalisation de 0,5% en 2009. Il ressortirait à 0,9% dans le scénario optimiste et à 1,3% dans le scénario pessimiste.
Toujours dans les perspectives d’inflation, la Bceao, partant de la base des hypothèses retenues, indique que le taux d’inflation en glissement annuel se situerait à 1,3% à fin juillet 2010 et 1,5% à fin août 2010 ainsi qu’à fin septembre 2010. Selon elle, le renchérissement en rythme annuel des denrées alimentaires (tubercules, produits de la pêche, etc.) et des produits pétroliers seraient les principales sources d’inflation.
Baisse de la production céréalière de l’Union
Ces projections sont faites à partir d’une situation d’où la production céréalière de la campagne agricole 2009/2010 dans l’Union est ressortie en baisse de 5,5% par rapport à la campagne 2008/2009. La Bceao révèle qu’une diminution de la production a été enregistrée dans les pays du Sahel, notamment au Niger (-28,4%) et au Burkina (-16,8%). Selon l’institution financière, cette situation devrait se traduire pour un renchérissement des céréales au cours de la période de soudure jusqu’à l’arrivée des récoltes de la prochaine campagne.
La même source souligne que l’hivernage 2010 s’est installé de façon globalement normale dans l’Union. Sous l’hypothèse d’une bonne répartition spatio-temporelle de pluies au cours des prochains mois, poursuit-elle, la production céréalière de la campagne agricole 2010/2011 est projetée en hausse par rapport à celle de 2009/2010 (environ 3,0%). Sur cette base, ajoute la Bceao, les prix des céréales locales dans l’Union devraient baisser à partir du mois de septembre 2010, avec les premières récoltes dans la plupart des pays.
Le cours du baril de pétrole brut est ressorti en moyenne à 79,38 dollars au premier semestre 2010. Pour le second semestre, avance la Bceao, les prévisions tablent sur une légère remontée de cours du baril de pétrole brut, qui s’établirait à 80 dollars en moyenne en 2010 contre 63,35 dollars en 2009. Ce niveau projeté des cours du pétrole brut induirait une hausse des prix à la pompe des carburants dans l’Uemoa. La Bceao précise que « pour tenir compte des incertitudes et de la volatilité des cours du pétrole, un scénario optimiste et un scénario pessimiste ont été retenus correspondant respectivement à un cours moyen du baril en 2010 à 75 dollars et 85 dollars ; L’euro s’est échangé en moyenne contre 1,33 dollar au premier semestre 2010 ». Sous l’hypothèse d’une stabilisation de l’euro au second semestre 2010 autour de 1,30 dollar, la Bceao note que le taux de change euro/dollar est projeté à 1,324 en 2010 contre 1,39 en 2009. A l’en croire, cette dépréciation de l’euro vis-à-vis du dollar en 2010 interviendrait dans un contexte marqué par une reprise plus rapide de l’activité aux Etats-Unis par rapport à la Zone euro (taux de croissance du PIB de 3,1% aux Etats-Unis contre 1,0% dans la Zone euro) et par la crise en Grèce.
Baisse des produits alimentaires
La Direction de la Recherche et des Statistiques de la Bceao, dans sa note sous-régionale de conjoncture trimestrielle, rappelle que les cours mondiaux des produits alimentaires se sont inscrits en baisse au premier semestre 2010. « A fin juin 2010, ils sont en repli en glissement annuel de 4,8% », informe t’elle. En particulier, les cours du riz et du blé sont en baisse de respectivement de 16,2% et de 37,8%. A l’en croire, les prévisions tablent sur une relative stabilité des prix des produits alimentaires importés à leurs niveaux actuels sur le reste de l’année 2010. La Bceao indique que cette hypothèse devrait se traduire par une absence de tensions sur les prix des denrées alimentaires importés par les pays de l’Union. Toutefois, la poursuite des tensions récentes sur les cours du blé constitue un facteur de risque pour les perspectives d’inflation. « La hausse du niveau général des prix en moyenne dans la Zone euro, principal partenaire commercial de l’Union, est prévue à 1,5% en 2010 contre 0,3% en 2009 », informe la Bceao.
Bacary DABO
Source : Africatime.com




