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UEMOA : Opérations bancaires/Chèques, virements,… : Ce qui va changer

En vue de moderniser l’activité économique dans l’Uemoa, la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao) a ouvert plusieurs chantiers qui devront contribuer à réformer les moyens de paiement.

La Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao) affiche ses intentions. Elle a entrepris des réformes dans le système financier et bancaire de la zone pour susciter une utilisation plus accrue des moyens de paiement. Cette stratégie va aussi contribuer à relever le taux de bancarisation dans l’espace communautaire qui devrait passer de 8 à 20% d’ici 2015, gage d’une économie moderne. A cet effet, d’importantes innovations ont été apportées au traitement des chèques, des effets de commerce, des ordres de prélèvement et les virements. Selon le directeur national de la Bceao pour la Côte d’Ivoire, Denis N’Gbé, plusieurs mécanismes ont été mis en puissance pour rendre effectives ces réformes. Le Système interbancaire de compensation automatisé dans l’Uemoa (Sica-Uemoa) dédié au règlement de petits montants (inférieur à 50 millions de Fcfa) dont les supports sont les chèques, les effets de commerce, les ordres de prélèvement et les virements.

Des innovations

Outre la Banque centrale, cet instrument s’adresse aux banques commerciales, aux Trésors nationaux et aux Centres de chèques postaux. A l’aide de ce système, sans se déplacer, chaque établissement procède à la présentation sur les autres participants, des valeurs déposées à ses guichets par sa clientèle à partir de sa plate-forme. Il reçoit dans les mêmes conditions les présentations des autres structures sur cette plate-forme. Ainsi, à l’exception du chèque et des autres instruments de paiement dont l’encaissement intervient le lendemain de leur soumission au système de télé-compensation, le virement est réglé le jour même de sa présentation. Autre trouvaille, c’est le Système de transferts automatisé et de règlement dans l’Uemoa. Il permet le traitement des opérations de gros montants telles que les virements de trésorerie, le règlement de la dette publique et les opérations des marchés monétaires. A la question de savoir si ces nouveaux mécanismes ne feront pas disparaître à terme certains modes de paiement, le directeur national se veut clair : « L’objectif poursuivi par la réforme des systèmes de paiement est de favoriser une utilisation plus accrue des moyens de paiement scripturaux et électroniques au détriment de la monnaie fiduciaire, à l’instar des pays développés ». D’énormes avantages s’offrent ainsi à toute la chaîne. Les banques verront plus de sécurité dans le traitement des ordres de la clientèle à travers leur automatisation. On assistera également à une réduction des délais d’imputation des ordres de la clientèle aux comptes ouverts dans les livres des banques. Un nouveau cadre a été mis en place pour régler les différends au cours des opérations (la Centrale des incidents de paiement-Cip). Aux dires de M. N’Gbé, cet organe permettra de centraliser et de diffuser des informations sur les incidents de paiement qui surviennent à l’occasion des opérations par chèques, cartes bancaires, billets à ordre et lettres de change, dans les Etats-membres de l’Uemoa. C’est aussi un instrument de sécurité qui vérifie si les émetteurs sont interdits bancaires ou non. Par ailleurs, l’un des projets qui piétinent malheureusement, demeure la connexion de toutes les banques au système régional de paiement par carte interbancaire. « La connexion des banques se fait de façon progressive.

La Centrale des incidents de paiement

Toutefois, les retards enregistrés s’expliquent par deux raisons essentielles à savoir : l’installation de nouvelles banques après la mise en production de ce système et les difficultés techniques rencontrées par certains établissements dans le cadre de la préparation de leur connexion », argumente le premier responsable de la banque. Il faut préciser que le système d’interbancarité devrait permettre aux clients de faire des opérations dans n’importe quel distributeur automatique de billets. Mais, l’une des inquiétudes des usagers reste liée au manque d’infrastructures de paiement. Une préoccupation qui est avérée, reconnaît-il. C’est pourquoi, la banque centrale a pris les dispositions pour y remédier dans le cadre de sa réforme. Un accent particulier a été mis sur le réseau de télécommunication dans les pays de l’union à travers notamment, le renforcement du réseau privé de la Bceao dénommé Vsat (VerySmall Aperture Terminal). Les responsables de la banque estiment que tous les projets s’inscrivant dans le cadre de la réforme des systèmes de paiement, sont tous entrés dans leur phase d’exploitation. Il s’agit maintenant de travailler à l’amélioration de leur fonctionnement et de leur efficacité. A terme, tous les pays membres pourront se conformer aux standards internationaux en matière de normalisation de comptes. Notons que pour rendre effective sa nouvelle stratégie, le gouverneur de la Bceao, Philippe-Henri Dacoury-Tabley a procédé le jeudi 23 septembre, à Dakar (Sénégal) au lancement de la campagne de communication sur la promotion de la bancarisation et de l’utilisation des moyens de paiement scripturaux dans l’Uemoa.

Cissé Cheick Ely

Source : reussirbusiness.com

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