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Transport ferroviaire : LE TRAIN DE L’INTEGRATION SOUS – RÉGIONALE ARRIVE

Le train sous-régional va contribuer au développement des régions traversées. Les ministres en charge des Transports du Bénin (Lambert Koty), Niger (Kella Ankaouraou), Burkina Faso (Joachim Meda, secrétaire général représentant le ministre) et Côte d’Ivoire (Gaoussou Touré) ont sorti, le 15 mars à Abidjan, la dernière mouture du projet de chemin de fer reliant ces quatre pays. Leur réunion est la suite de celle des experts de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa), la veille, le 14 mars. L’objectif était de valider l’étude de faisabilité du projet de chemin de fer partant de Cotonou à Abidjan, en passant par Niamey et Ouagadougou. Au cours des deux journées de réflexion, experts et ministres ont enrichi l’analyse du marché et les options pour la mise en œuvre, l’exploitation et le financement de cette liaison ferroviaire.

Le ministre des Transports ivoirien, Gaoussou Touré, à l’ouverture des travaux, a déclaré qu’il est question de démontrer que le projet est viable et rentable. Ce qui favorisera le financement des bailleurs de fonds. Le disant, le ministre ivoirien pense à la grosse enveloppe que nécessite la réalisation de cette boucle ferroviaire.

Stratégie de recherche de financement

En effet, le coût estimatif de la liaison est de cinq milliards de Fcfa. Pour mieux aborder la question du financement, les ministres ont adopté la mise en place d’un premier groupe thématique, intitulé « mobilisation des ressources ». Il est composé du Niger et de la Côte d’Ivoire. Ces deux pays ont ainsi la tâche de réfléchir et savoir capter les moyens nécessaires à la réalisation de l’infrastructure sous-régionale. La longueur totale du rail entre Cotonou et Abidjan, en passant par Niamey et Ouagadougou, est de 2681 kilomètres. Techniquement, il a été adopté un écartement de 1435 millimètres, avec des rails de 54 kilogrammes, qui permettent une charge à l’essieu de 225 tonnes, pour toute construction de voie. Cette option technique nécessite que la Sitarail se mette à jour, en passant de l’écartement métrique à l’écartement standard.

En adoptant ces normes internationales, le nouveau réseau de chemin de fer s’abonne, du coup, au chapitre des infrastructures modernes. Cela doit conduire normalement à des vitesses susceptibles de concurrencer la route. Mais surtout ce qui pourrait forcer la main des bailleurs de fonds reste la rentabilité du projet. A ce sujet, la réunion d’Abidjan a conclu ceci : « Les rentabilités économique et financière révélées du projet ferroviaire Cotonou-Niamey-Ouagadougou-Abidjan sont de l’ordre de 34% et justifient tout intérêt pour le développement économique et social de la sous-région ». Le fret visé par le circuit ferroviaire est de 14 millions de tonnes par an. Les 72% de ce tonnage seront composés de minerais. Comme on le voit, le choix du développement d’une industrie minéralière de la sous-région est clair. C’est pourquoi, les ministres des quatre pays ont admis le projet d’aménagement d’un terminal minéralier à Semé au Bénin. Parallèlement, ils ont demandé un examen minutieux, pour la construction d’une infrastructure similaire en Côte d’Ivoire. Ce sera sur l’île Boulay. S’il est vrai que le fret minéralier donnera au tronçon un bénéfice certain, les concepteurs n’ont pas oublié le transport de personnes.

A Abidjan, les ministres ont insisté sur le besoin d’affiner la question de prévision de trafic passager. Pour bien faire les choses, ils ont souhaité qu’un organe de gestion du projet soit mis en place.

A la recherche d’un président champion

Mieux, à terme, il est préconisé, dans une approche communautaire, la séparation de la gestion du patrimoine de celle de l’exploitation. Les différentes activités de ces structures de bonne gouvernance du projet devant être harmonisées par l’institution d’un régulateur sectoriel régional. Les quatre pays concernés par cette liaison ferroviaire ont recommandé que tous les derniers réglages en cours soient achevés d’ici la fin de l’année 2012. De sorte à « passer, dans les plus brefs délais, à la réalisation physique du projet ». Pour cela, il nécessaire qu’il soit intégré dans les programmes nationaux et qu’il bénéficie d’une stratégie de communication. La conséquence est l’implication des compétences nationales et régionales dans sa réalisation. Tout ce travail fait partie de l’agenda du deuxième groupe thématique, « cadre institutionnel ». Le Bénin et le Burkina Faso sont commis à cette tâche. L’autre recommandation de la rencontre d’Abidjan porte sur l’utilité des commissions de la Cedeao et de l’Uemoa d’unir leurs efforts pour assurer la coordination efficace et d’accompagner les États dans la mise en œuvre de cette infrastructure. L’Union africaine a même été sollicitée pour appuyer ces deux commissions.

Au-dessus de tout, les ministres ont pensé qu’un bon coaching du projet est de nature à en garantir le succès. Aussi ont-ils recommandé son parrainage par un chef d’État, « permettant ainsi de bénéficier de l’appui politique d’un champion ». Pour sa part, le ministre Gaoussou Touré a souhaité que les futures réflexions aillent vite et que les recommandations ne restent plus dans les tiroirs. Surtout qu’il s’agit d’un projet intégrateur qui doit soutenir la production et partant, la croissance dans la sous-région ouest-africaine.

ADAMA KONÉ

Fraternite-Matin – Africatime

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