La trentenaire Salmata SORGHO ne baisse pas les bras face à l’oisiveté des jeunes filles de sa localité. Couturière de son état, elle a décidé de mettre son savoir-faire à la disposition de ses apprenties couturières. L’année précédente, une douzaine de filles sont sorties de son atelier à l’issue de trois ans d’apprentissage parsemés d’embuches.
Les demoiselles s’inscrivent dans son atelier moyennant la modique somme de 35 000 F CFA. Mais, une avance de 15 000F CFA est exigée au début, le reste est à solder à l’issue des trois ans que dure cette formation en cas de satisfaction.
Faute de machines, les parents des jeunes filles ont jugé bon de doter de machine leurs filles désireuses de se lancer dans la couture. C’est une épine de moins pour la patronne qui du reste est confrontée au problème d’équipement et d’espace. Pour l’année 2012 par exemple, 15 filles sont déjà en apprentissage. Safi, l’une d’elles s’est confiée à nous « Notre tantie est gentille avec nous » dit-elle. Ces filles pour la plupart sont issues de cette localité et n’ont pas eu la chance d’aller à l’école ou sont déscolarisées. Certaines parmi elles rêvent de devenir de grands noms de la couture au Burkina à l’image de Pathéo, Bazemsé, Clara LAWSON.
Le nom de l’atelier est Wend Kouni (terme mooré signifiant Don divin). Sans doute pour symboliser le bienfait des cieux. Justement, le souhait de cette dame battante est de disposer des machines à coudre en nombre suffisant car relève-t-elle certains parents n’ont pas les moyens d’offrir des machines à coudre à leur enfant. Cela constitue un sérieux handicap dans la formation de ces jeunes filles dont le nombre va crescendo d’année en année.
Dans une ambiance bon enfant, toutes ces filles passent leur journée à apprendre les rudiments de la couture. Et cette activité pourrait leur permettre de s’installer dignement après trois ans de formation. Dans l’atelier exigu, ces futures couturières professionnelles manipulent soigneusement les tissus, le mètre et autres ciseaux pour confectionner des tenues.

Pour l’instant, la patronne de l’atelier n’accepte pas les garçons à l’inscription. Sourire aux lèvres, elle note que c’est pour éviter les accrochages filles- garçons. Il n’est pas toujours facile de gérer tout le monde à la fois poursuit-elle. Mais en attendant, ces braves jeunes filles pédalent les machines à coudre de leurs parents tout en espérant que demain sera meilleur.
Harouna MARE | RTB




