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Transparence informationnelle sur le marché financier : Tous les émetteurs ne jouent pas le jeu

A contrario du système bancaire, l’absence du « secret boursier » semble encore expliquer en grande partie la faiblesse de nouvelles introductions sur la place boursière sous-régionale. De même, tous les émetteurs sur le marché financier ne jouent pas le jeu de la transparence en dépit des exigences règlementaires sur l’information financière dont la problématique a été exposée le mercredi 18 janvier dernier, à l’initiative de l’Institut des valeurs mobilières(IVM) en collaboration avec la Sgi CGF Bourse, à Dakar.

Conformément au règlement général relatif à l’organisation, au fonctionnement et au contrôle du marché financier de l’Uemoa, à l’instruction II-C de la bourse régionale relative à la divulgation et à la circulaire N°004-2010 du Crepmf, la personne morale dénommée « Tractafric motors corporation déclare au public et à tous les acteurs du marché financier régional, qu’elle détient 66,66% dans le capital de la société de distribution en automobile (SDA) ». Daté du 09 décembre dernier, ce communiqué de « déclaration de franchissement de seuil (s) » qui, en fait, renseigne sur une restructuration ou changement majeur dans la géographie du capital de l’entreprise, est un exemple type des exigences de la cotation boursière qui peuvent se résumer en : exigence de transparence et d’information financière régulière sur l’évolution de l’entreprise.

Aussi, au sens dudit règlement général, l’information financière, qu’elle soit périodique, évènementielle ou permanente, est à la charge des émetteurs sur le marché de la Brvm. Véritable indicateur de performance et de bonne gouvernance, une Communication Financière claire, fidèle et transparente permet d’installer un climat de confiance entre les entreprises et la communauté financière. Toutefois, en dépit des contraintes réglementaires d’information financière imposées par l’institution, aux sociétés cotées, il existerait de fortes disparités y compris dans la qualité des informations transmises au public.

C’est d’ailleurs ce que confirme le spécialiste Birahim Diouf, initiateur du jeune Institut des valeurs mobilières(IVM), qui animait le mercredi 18 janvier dernier à Dakar, un cours d’initiation à la bourse, en collaboration avec la Sgi(Société de gestion et d’intermédiation) CGF Bourse. « Globalement sur toutes les places on a des sociétés qui s’attellent à la diffusion de l’information financière tandis que sur d’autres places on a des difficultés à ce niveau », indique M. Diouf.
Sur la place financière de la Brvm, les dispositions du règlement général relatif à l’organisation, au fonctionnement et au contrôle du marché financier qui date de 2007 ont été renforcées par la circulaire N°004-2010 relative aux formats de présentation des informations diffusées par les émetteurs et les investisseurs sur le même marché.

Au sens de ces textes, l’information semestrielle, par exemple, est obligatoirement publiée avant le 30 avril qui suit la clôture de l’exercice clos. Sous ce rapport, une étude réalisée dans la période 2009-2010 fait état de seulement 42% des entreprises cotées qui auraient publié dans les délais les états financiers de fin d’exercice. En d’autres termes, moins d’une entreprise sur deux aurait respecté cette obligation. De même, 58% des entreprises cotées auraient publié des informations importantes d’où un ratio d’environ une information importante pour deux sociétés pendant quatre mois, selon ladite étude, mettant ainsi en évidence la faible culture de la communication financière des entreprises. Il semble cependant que la Sonatel, titre phare sur le marché des actions et qui, à elle seule représente plus de 40% de la capitalisation du marché, ainsi que l’Onatel du Burkina Faso, le groupe Ecobank et les deux filiales cotées du groupe Bank Of Africa, seraient les « bons élèves ».

Le rôle des pouvoirs publics

Au delà de l’aspect règlementaire, les investisseurs comprennent bien qu’à un même niveau de rentabilité, le meilleur titre est celui qui présente le moins de risque. Or, moins l’information financière sur un titre est disponible, plus l’avenir du titre est incertain et donc, plus ce titre est risqué. Aussi, la rentabilité dégagée par ce titre profitera aux seuls initiés qui ont eu accès au « secret boursier».

La question de la transparence informationnelle est ainsi devenue primordiale dans le débat sur l’efficience boursière et les spécialistes de l’IVM et de CGF Bourse se sont évertués à poser la problématique de manière à faire ressortir l’importance de la transparence informationnelle. Pour Birahim Diouf, « l’information financière est un élément fondamental sur un marché boursier car elle permet de déclencher des opportunités d’achat ou de vente, entre autres raisons. »

Est-ce d’ailleurs à cause des exigences de transparence qu’il n’y a jusqu’ici une seule valeur sénégalaise cotée à la Brvm ? Sans doute, selon les spécialistes sénégalais qui confirment l’absence de culture boursière qui caractérise les entreprises notamment sénégalaises. Une inculture boursière qui vient s’ajouter à des réticences d’ordre culturel en relation avec la configuration du tissu économique constitué essentiellement de Pme-Pmi structurellement familiales et pour lesquelles, « pour vivre heureux il faut vivre caché », d’autant plus lorsque cela relève de l’aspect financier. Pour dire que ces entreprises « réfractaires » passent à côté d’opportunités certaines de levées de capitaux au niveau du marché de la Brvm « qui regorge de liquidités à des coûts plus avantageux que sur le marché bancaire, par exemple », indique encore Birahim Diouf qui, interpellant également les Etats de l’Uemoa, évoque le cas des bailleurs de fonds (AFD, SFI) qui viennent lever des capitaux sur le marché financier sous régional, en monnaie locale, et prêter aux entreprises.

Les pouvoirs publics ont un rôle prépondérant à jouer dans la dynamisation de la Brvm «en incitant», selon Omar Deme, «certaines sociétés à aller vers la Brvm à travers un certain nombre d’initiatives.»
Dès lors, outre le marché des actions, à travers le marché obligataire qui comporte 28 lignes qui peuvent être regroupées en obligations émises par des sociétés de droit privé (Obligation corporate), par le trésor public d’un des États membres de l’UEMOA (Obligation d’État), par une institution sous régionales (Obligations Régionales) et par les organismes internationaux dont les centres de décision sont en dehors de la zone UEMOA (Obligations Kolas), le développement du marché des obligations apparaît vital d’un point de vue stratégique pour le développement économique des pays membres de l’Uemoa.

Sudonline

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