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Société générale renonce au dividende pour surmonter la crise

Société générale, dont le bénéfice net a chuté de près de 31% au troisième trimestre, a renoncé mardi à verser un dividende à ses actionnaires pour l’exercice 2011 afin de renforcer ses fonds propres pour surmonter la crise de la zone euro sans faire appel au marché et à des aides publiques.

La deuxième banque française par la capitalisation boursière, après BNP Paribas, indique avoir passé dans ses comptes trimestriels une nouvelle dépréciation de 333 millions d’euros sur la Grèce, appliquant une décote de 60% sur la dette publique de la République hellénique.

Ses comptes sont aussi affectés par une dépréciation de 200 millions liée à des écarts d’acquisition dans ses activités de crédit à la consommation.

Du coup, son bénéfice net tombe à 622 millions d’euros alors que le consensus établi par la rédaction de Reuters tablait sur un résultat net en repli de 4% seulement à 858 millions d’euros.

A titre de comparaison, BNP Paribas a fait état jeudi dernier d’une chute de près de 72% de son bénéfice net trimestriel à 541 millions d’euros, après avoir notamment passé une provision supplémentaire de 2,2 milliards d’euros sur les titres de dette souveraine grecque correspondant à l’application d’une décote de 60%.

« Retraité de l’impact de la dette propre, les chiffres sont inférieurs au consensus », commente Alex Koagne, analyste chez Natixis. « En plus, l’abandon du dividende n’est pas réellement une surprise mais constitue néanmoins une mauvaise nouvelle. »

La banque, qui a été contrainte d’abandonner ses objectifs financiers pour 2012, estime toutefois qu’elle devrait renouer avec le versement d’un dividende au titre de l’exercice 2012.

« Nous réservons notre position sur le dividende 2012. Pour l’instant, nous estimons que nous pourrons reprendre au titre de l’exercice 2012 un paiement normal de dividende », a dit Jean-François Sammarcelli, le directeur général délégué de la SocGen, sur Radio Classique.

1,6 MILLIARD D’EXPOSITION SUR L’ITALIE

La SocGen, qui a vu sa capitalisation boursière s’effondrer au cours de l’été en raison des inquiétudes des investisseurs sur sa solidité financière face à la crise de la dette, a aussi fait savoir qu’elle avait ramené son exposition à la dette grecque à 575 millions d’euros à fin octobre.

Son exposition à la dette publique italienne, qui suscite à son tour de nombreuses inquiétudes du marché, ressort à 1,57 milliard d’euros à fin octobre contre 2,2 milliards à fin juin.

Sous la pression des marchés et pour rassurer les investisseurs, les trois grandes banques françaises cotées ont lancé en septembre des programme des cessions d’actifs et d’arrêt d’activités destinés à réduire la taille de leur bilan et leurs besoins de financement.

La Société générale espère dans ce cadre libérer quatre milliards d’euros de fonds propres d’ici 2013. Elle estime aussi être en mesure d’atteindre un ratio de fonds propres de 9% dès le 30 juin 2012, comme l’exige l’Autorité bancaire européenne (ABE).

« Nous donnons la priorité au renforcement du capital du groupe pour être au rendez-vous des exigences prudentielles de l’ABE à mi-2012 et de Bâle 3 en 2013 dans les meilleurs délais », souligne Frédéric Oudéa, le PDG de la banque, cité dans le communiqué.

A la Bourse de Paris, l’action SocGen a clôturé lundi en baisse de 2,4% à 17,495 euros.

Depuis le début de l’année, le titre a perdu plus de 56% de sa valeur, faisant chuter la capitalisation boursière de la banque à 13,58 milliards d’euros. Sur la période, l’indice bancaire européen a abandonné 32%.

Reuters

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