Afin de dénoncer, «l’exploitation frauduleuse de plus de 5000 bouteilles de gaz étiquetées Sodigaz Mali sur le sol burkinabè et accélérer le processus de rétrocession de ces bonbonnes», le gérant de la société de distribution de gaz au Mali, Oudiari Diawara a lancé, le 2 novembre 2011, un appel au gouvernement burkinabè. Il déplore «la mauvaise foi» de Sodigaz Burkina, avec la complicité de la Société national burkinabè d’hydrocarbures (Sonabhy) qui «encourage ce trafic illicite». Que cache réellement cette affaire explosive de gaz? Réponses de responsables de Sodigaz Burkina et de la Sonabhy, que nous avons rencontrés ce mercredi 9 novembre 2011. Un véritable jeu de ping-pong entre sociétés maliennes et burkinabè.
«Nos amis burkinabè n’ont pas joué franc jeu, ils ont encouragé le vol par le recel, car les bouteilles sont étiquetées et identifiables avec un numéro de série gravé», à déclaré le gérant de Sodigaz Mali, Oudiari Diawara, le 2 novembre dernier à Bamako, au Mali, lors d’une conférence de presse. «Faux», rétorque Alaye Bonkoungou, directeur commercial de Sodigaz Burkina, chargé du dossier. Selon lui, la question de l’entrée au Burkina Faso de plus de 5000 bouteilles de gaz maliennes, ne relève pas du ressort de la société qui l’emploie, mais de celui de la douane. «Nous ne pouvons pas contrôler toutes les bouteilles gaz qui entrent au Burkina, surtout celles qui se retrouvent dans le secteur informel», se défend Alaye Bonkoungou.
Qu’en est-il des démarches pour la rétrocession de ces bouteilles? «Il faut dire à ce sujet que toutes les 5000 bouteilles ne sont pas à notre disposition, elles sont réparties entre nous, les revendeurs et les consommateurs», argumente notre interlocuteur. A ses dires, il faut du temps pour réunir toutes ces bouteilles et les renvoyer au Mali. De plus, «ces bouteilles étant consignées ici au Burkina, nous avons demandé au gérant malien de payer la caution, à savoir 13 500 francs CFA/bouteille. Les tractations sont en cours, mais le prix qu’il propose à savoir 6 500 francs CFA/bouteille, ne nous satisfait pas».
En attendant, le ton monte et c’est au tour de la Société nationale d’hydrocarbure (Sonabhy) de se voir accusée d’encourager la fraude. «Au début c’est la partie burkinabè, à travers la Sonabhy, qui a encouragé le phénomène de vol en remplissant ces bouteilles étiquetées Sodigaz Mali», a affirmé Oudiari Diawara, avant d’ajouter que c’est ce qui «a incité les voleurs à poursuivre la fraude». Ainsi indexée, la Sonabhy a arrêté toute opération d’emplissage des bouteilles étiquetées Sodigaz Mali. A en croire Joseph Sama, chargé de communication à la Sonabhy, «avec cette accusation, il nous est impossible de continuer à remplir ces fûts et Sodigaz Burkina est responsable de cette fraude puisqu’elle a permis que ses revendeurs proposent ces bouteilles aux consommateurs». Réaction du distributeur de gaz: «La majorité des bouteilles Sodigaz Mali sont détenues par des gens du secteur informel qui proposent ces bouteilles aux clients qui eux, ne prennent pas la peine de vérifier leur origine».
Même problème avec les bouteilles de gaz Shell Burkina?
Alors que Sodigaz Burkina n’a pas encore résolu ce problème, voilà que la Sonabhy refuse désormais de remplir les bouteilles Shell Sénégal. «Nous avons actuellement environ 25 000 bouteilles de gaz de marque Shell Sénégal stockées qui ne peuvent être rechargées, ce qui explique le manque de gaz en ville», explique Alaye Bonkoungou de Sodigaz Burkina. Celui-ci relève même que malgré un arrêté ministériel du 7 octobre 2011, qui notifie à la Sonabhy de procéder à l’emplissage de ces bouteilles, les fûts restent vides.
«Avant l’emplissage des bouteilles, il faut s’assurer qu’elles sont fiables et ce test est assuré par le Bureau des mines et de la géologie du Burkina (Bumigeb)», déclare Joseph Sama de la Sonabhy. De l’autre côté, Sodigaz Burkina affirme avoir effectué lesdits tests. «Nous voulons le certificat qui atteste que les futs ont été testés et que nous pouvons les remplir sans craindre des incidents», rétorque M. Sama. «Mais jusqu’à présent, nous n’avons pas encore vu de certificat» a-t-il conclu. Et le débat est relancé, pendant que les ménages burkinabè sont livrés à eux-mêmes dans leur combat quotidien pour se ravitailler en gaz domestique.
Fasozine




