Bien que plusieurs dossiers encore d’actualité soient venus ravir la vedette au scandale financier ICC-Services et consorts, la constante depuis plusieurs mois est que cette affaire est demeurée sans suite. Après la phase d’enregistrement des clients menée concomitam¬ment avec celle des différentes saisies d’immeubles et de véhicules des responsables de la structure en cause, c’est le silence depuis lors. Les centaines de milliers de citoyens concernés par ce dossier peinent à manifester publiquement leur désarroi. Cette situation n’est pas sans risque pour le chef de l’Etat dans un contexte électoral qui promet des joutes impitoyables.
Que devient le scandale financier ICC-Services et consorts ? La préoccupation aussi pertinente qu’elle soit est loin d’avoir une réponse précise. Depuis la fin des enregistrements des spoliés de cette institution de placement illégal d’argent, les intéressés sont laissés dans une longue attente qui finit par exaspérer nombre d’entre eux. Les conclusions des commissions mises sur pied dans le cadre de la gestion de ce dossier ne sont pas rendues publiques à ce jour. Pis, les promesses de remboursements annoncées pour septembre-octobre 2010, ont tout l’air d’être un miroir aux alouettes servi aux spoliés pour apaiser leur colère contre la gestion du dossier des structures illégales de placement d’argent. En dehors de quelques autres structures connexes qui ont démarré le remboursement de leurs clients par un taux modique de 75 000F CFA, le gros lot de la clientèle des spoliés drainé par ICC-Services est encore dans l’expectative. Ils sont en effet nombreux à s’interroger encore sur le sort dévolu à leur argent englouti dans ce vaste marché d’escroquerie grandeur nature. Face à leurs angoisse et inquiétudes personne ne semble prendre la responsabilité de leur expliquer la situation. De sorte que déjà, des grognes et autres velléités de protestations se font jour et on peut craindre qu’elles conduisent à la mise en place d’organisations de défenses des déposants pour mener des manifestations publiques afin d’exprimer leur désapprobation quant au traitement du dossier relatif au placement illégal d’argent. C’est dans ce contexte que l’on va amorcer sous peu la dernière ligne droite des consultations électorales de mars 2011. Etant donné que c’est sur instruction du chef de l’Etat que les commissions ont été mises sur pied pour gérer le scandale financier né des placements illégaux d’argent, nombre de concitoyens disent ne pas comprendre les raisons pour lesquelles le dossier ne connait pas de suite.
Non seulement les spoliés ne sont pas rentrés en possession de leurs fonds, mieux aucune solution ne leur est proposée. Ce qui ne manque pas de fâcher cette importante escroquerie des temps modernes que le pays n’ait jamais connue. Il va sans dire que la campagne électorale à venir ne manquera pas d’enregistrer son lot de débat ICC-Services. Ce dossier, et pas des moindres, constitue un point de faiblesse pour la mouvance présidentielle et le chef de l’Etat dans la perspective des campagnes pour la présidentielle de 2011frange de concitoyens, victimes de la vaste .
Moudachirou SOUBEROU, © Copyright L’Autre Quotidien
Source : africatime.com




