Certains ont fui en Algérie, d’autres sont donnés pour morts, plusieurs ont été déclarés capturés avant de s’évader… Avec la chute du régime libyen, la famille de Mouammar Kadhafi – son épouse Safia et ses sept enfants – serait en pleine décomposition. Mais qui est qui et qui jouait quel rôle dans la famille Kadhafi ? Voici une brève présentation de chaque membre de ce clan hors du commun. Membres que le « Guide » avait réussi à placer à des postes clés du régime, aussi bien politiques, militaires qu’économiques ou même sportifs
Hannah Kadhafi : le mystère de la fille adoptive
Mouammar Kadhafi a aussi eu une fille adoptive, Hannah, officiellement tuée en 1986, à l’âge de 2 ans, lors d’un bombardement américain sur le palais du « Guide ».
Un événement qui fera de ce personnage un martyr du régime libyen. Mais depuis août 2011, plusieurs informations, émanant entre autres du journal allemand Die Welt, rapportent qu’Hannah Kadhafi serait bien vivante aujourd’hui et âgée d’une vingtaine d’années.
Elle serait même devenue médecin après avoir étudié à Londres et à Tripoli et aurait occupé, avant la chute du régime, un poste au ministère de la Santé.
Safia Kadhafi,
Née en 1952, 2ème épouse de Kadhafi
Particularité : Discrète mais influente.
Safia, née Safia Ferkache, est la seconde épouse de Mouammar Kadhafi et mère de sept de ses neuf enfants.
On en sait vraiment très peu sur l’ancienne Première dame libyenne. Infirmière, elle aurait rencontré le dirigeant libyen lors de son opération de l’appendicite en 1970.
Protectrice envers sa famille et ses enfants, elle serait une des actrices de la main tendue de Kadhafi aux Occidentaux au début des années 2000. Elle aurait donc une influence sur le « Guide ».
Mais elle a souvent été éclipsée par les frasques extra-conjugales de son mari, sa garde personnelle composée d’amazones, mais aussi Galina… son infirmière.
Mohamed Kadhafi
Né en 1970, 1er fils de Kadhafi
Particularité : Businessman éloigné de la politique.
L’aîné de la fratrie Kadhafi, Mohamed, est né du premier mariage du « Guide de la révolution » avec avec Fatiha al-Nuri, dont ce dernier a divorcé en 1970, la même année que sa naissance.
Il n’a pas choisi la politique comme son père et plusieurs de ses frères.
Il a en revanche longtemps présidé l’organisme libyen des télécommunications. Il a également dirigé le Comité national olympique, basé à Tripoli, ainsi qu’une équipe de football.
Aujourd’hui, après avoir été capturé par les rebelles et être parvenu à s’évader, il serait en fuite en Algérie avec Safia, la seconde épouse de Mouammar Kadhafi, sa soeur Aïcha et son frère Hannibal.
Saïf al-Islam Kadhafi
Né le 25 juin 1972, 2e fils de Kadhafi
Particularité : Successeur désigné du « Guide »
Saïf al-Islam est le second fils de Mouammar Kadhafi et le premier de son union avec Safia Ferkache. Architecte de formation, il a longtemps été présenté comme plus moderne et libéral que son père.
Il était devenu, en quelques années, son successeur potentiel à la tête de la Libye.
La Fondation Kadhafi qu’il dirigeait a joué un rôle de médiateur dans plusieurs crises avec l’Occident (indemnisation des familles de victimes de l’attentat de Lockerbie, otages d’Abu Sayya, infirmières bulgares).
Malgré son image plus lisse que le colonel Kadhafi, il s’est affiché ces derniers mois comme l’un des plus virulents contre l’insurrection. Tandis que les rebelles annonçaient sa capture fin août, il est finalement réapparu libre à Tripoli.
Saadi Kadhafi
Né le 25 mai 1973, 3e fils de Kadhafi
Particularité : Footballeur de venu militaire.
Le troisième fils de Mouammar Kadhafi, Saadi, est un drôle de personnage. Au début des années 2000, il fait la une de la presse européenne.
Pas pour des faits d’armes politiques ou militaires comme ses frères, mais pour ses performances sportives.
Footballeur professionnel autoproclamé, il aurait tout simplement payé pour pouvoir évoluer dans un club prestigieux, en Italie, à Pérouse. Il jouera en tout et pour tout 15 minutes avant d’être suspendu pour dopage…
Il est ensuite devenu président de la Fédération libyenne de football à son retour en Libye et a réussi a faire jouer une finale de coupe d’Italie à Tripoli. Passé militaire, il dirigeait une unité d’élite jusqu’à aujourd’hui.
Hannibal Kadhafi
Né en 1976, 4e fils de Kadhafi
Particularité : Violent et réputé incontrôlable
C’est le « chien fou » de la famille. Médecin à l’origine, Hannibal Kadhafi est en fait un habitué des pages faits-divers des journaux européens.
En 2004, il a par exemple brûlé plusieurs feux rouges au volant d’une voiture de sport sur les Champs-Elysées, avant d’envoyer l’un de ses gardes du corps affronter les policiers.
En 2005, il a aussi été condamné en France à 4 mois de prison avec sursis après avoir exhibé un revolver et maltraité sa compagne enceinte.
En 2007, son nom apparait à nouveau lors du démantèlement d’un réseau de call-girls sur la Côte d’Azur, dont il aurait été l’un des clients.
En 2008 enfin, ses mauvais traitements sur des employées d’un hôtel de Genève ont provoqué un grave incident diplomatique entre la Libye et la Suisse… Il est actuellement en fuite en Algérie.
Aïcha Kadhafi
Née en 1976, 1re fille de Kadhafi
Particularité : Ex-avocate de Saddam Hussein
La seule et unique fille biologique de Mouammar Kadhafi, Aisha al-Kadhafi, est avocate.
Surnommée la « Claudia Schiffer du désert » pour son physique et ses choix vestimentaires, elle a longtemps représenté elle aussi un visage « moderne » du régime.
Elle présidait jusqu’à présent la fondation Waatassimou (contre la faim) et fût pendant 5 ans ambassadrice de bonne volonté des Nations unies, alors même que son père méprisait l’ONU.
Cette professeur de droit se joindra volontairement à l’équipe chargée de la défense de Saddam Hussein à partir de 2004.
Elle défendra aussi son frère Hannibal lors de son procès en Suisse en 2008. Elle fait partie des membres de la famille ayant fui en Algérie à la fin août 2011.
Muatassim-Billah Kadhafi
Né en 1977, 5e fils de Kadhafi
Particularité : Comploteur pardonné par son père.
Muatassim-Billah n’est pas le plus connu de la fratrie. Il a pourtant été l’une des pièces maîtresses du dispositif Kadhafi, parfois à égalité avec son frère Saïf al-Islam.
En 2007, après avoir clos les dossiers de Lockerbie et des infirmières bulgares, la Libye est réintégrée dans le bal des nations et Muatassim-Billah Kadhafi apparait en effet comme l’un de ses principaux représentants.
Mais ce médecin de formation, promu colonel, doit pourtant quitter la Libye après avoir fomenté un coup d’État contre son père (encerclant même le palais du « Guide » avec des chars).
D’autres observateurs évoqueront des problèmes avec l’alcool… Pardonné, il s’est acheté une unité militaire en 2008 et a fait son retour au sein du Conseil de sécurité nationale. Il a depuis été l’un des principaux organisateurs de la répression.
Saïf al-Arab Kadhafi
Né en 1982, 6e fils de Kadhafi
Particularité : Militaire resté dans l’ombre
On en sait peu sur Saïf al-Arab Kadhafi. Nous devrions même dire qu’on en « savait » peu sur lui puisque ce fils de Mouammar Kadhafi est donné pour mort aujourd’hui.
Il aurait été tué à Tripoli lors d’un raid de l’Otan, le 30 avril 2011. Un événement immédiatement instrumentalisés par le clan Kadhafi et le régime vacillant pour dénoncer la mobilisation internationale.
Avant sa mort, Saïf al-Arab, qui avait fait ses études en Allemagne, était officier dans l’armée libyenne. Plus discret que ses frères, il avait été interpellé par la police allemande en 2008 à Munich.
Sa faute : rouler dans une Ferrari 430 jugée trop bruyante.
Khamis Kadhafi
Né le 27 mai 1983, 7e fils de Kadhafi
Particularité : Jeune militaire ambitieux
Dernier et plus jeunes des frères Kadhafi, Khamis a récemment fait son apparition après avoir pris la tête d’une unité des forces spéciales qui porte son nom.
Formé en Russie à l’art de la guerre, il serait, avec son unité, à l’origine de la répression à Benghazi, avant l’intervention de la France et de l’Otan et aurait continué à se battre dans la zone par la suite avant de rejoindre Tripoli.
Sur place, il aurait été responsable de l’exécution sommaire de 45 détenus dans un entrepôt le 23 août.
La rébellion a annoncé qu’il avait été tué le 30 août, lors d’une embuscade à moins de 100 km de la capitale. Mais ce n’est pas la première fois que sa mort est annoncée par les rebelles.
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