L’Association sénégalaise des usagers de Banque (Asub) décèle quelques failles sur la dernière campagne de bancarisation de la Bceao, clôturée le 9 août dernier.Selon ces derniers, aussi bien la forme de la campagne de bancarisation passée, que le contenu de ses messages et ses objectifs laissent à désirer.
Même s’ils se sentent interpellés par le relèvement du taux de bancarisation, dans la mesure où il constitue pour eux, ‘un indicateur du niveau et des conditions d’accès des populations aux produits et services financiers’, les usagers de la banque ne sont pas satisfaits du déroulement de la dernière campagne de bancarisation, lancée par la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao) dans toute l’union.
Au Sénégal, l’Association des usagers de la banque (Asub) vient de relever trois points qui auraient plombé l’affaire. En effet, Cheikh Mbacké Diokhané, membre de l’Asub, soutient que la campagne nationale a semblé, à leurs yeux, être très déséquilibrée en faveur des institutions financières. ‘Nous avons eu le sentiment, à travers les messages écrits et audiovisuels, d’assister à une campagne de publicité en faveur des institutions financières. Les préoccupations du consommateur n’ont pas été perçues’, dit-il dans un communiqué que leur association nous a fait parvenir.
Car, fait-il savoir, sur le contenu du message, les informations relatives au compte, à l’utilisation des moyens de paiement, et autres, ont été ‘distillés d’une manière unilatérale, exposant l’offre de services financiers et ses avantages sans aucune mention des contraintes et charges à supporter par l’usager’. En effet, selon Diokhané, même s’il a été bon de mettre en exergue les avantages du compte de dépôts en termes de sécurité et de rentabilité, pour l’usager, l’information était biaisée dans la mesure où il n’avait aucune information sur les coûts des services offerts ou sur les règles de fonctionnement des comptes.
Ainsi, il pense que la banque centrale va travailler à augmenter les chiffres d’affaires des banques commerciales au détriment des usagers. Ces derniers vont s’acquitter régulièrement d’agios et de frais de tenue de compte que toutes les catégories de la population ne peuvent supporter.
Se gardant de se prononcer sur l’atteinte ou non de l’objectif de 7 % à 20 % de taux de bancarisation sur cinq ans, préalablement fixé et qu’ils estiment ‘faible’, les usagers de la banque pensent que le niveau de bancarisation ne saurait se résumer à un taux entre le nombre de personnes ayant accès à un compte bancaire au niveau de la population totale ou adulte. ‘Nous souhaiterions que ce rapport soit accompagné d’une amélioration de la relation entre les usagers et les institutions financières à travers une accessibilité plus large aux informations relatives à la relation, une plus grande transparence, simplification et réduction de la tarification, une meilleure proximité géographique et financière des produits et services et une plus grande qualité de service’, disent-ils dans leur texte.
Seyni DIOP
Walffadjri




