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Projection de 450 000 t de coton au Burkina, les incompréhension entre acteurs de la filière se dissipent

La confiance se rétablit peu à peu entre les responsables de la Société des fibres textiles (SOFITEX), principale société cotonnière du Burkina, et les cotonculteurs qui ambitionnent maintenant de porter la production à 450 000 tonnes, après plusieurs semaines de négociations, rencontres et fora sur la hausse vertigineuse des prix des intrants.

Jean Paul Sawadogo, le nouveau Directeur général de la SOFITEX, avait pris son bâton de pèlerin pour sillonner les zones de production afin de circonscrire la fronde et convaincre les cotonculteurs à ne pas abandonner la culture du coton.

Cet ancien ministre de l’Agriculture et précédemment Coordinateur du projet Programme national de gestion des terroirs (PNGT), avait remplacé Célestin Tiendrébéogo qui était en poste depuis 1999.

Le prix du sac de l’engrais NPKSB est passé de 14 648 francs CFA à 16 748 francs CFA tandis que l’urée est passé de 14 400 francs CFA la campagne écoulée à 18 445 francs CFA cette année.

Les cotonculteurs ont ainsi réclamé une baisse du prix des intrants et une augmentation du prix d’achat du coton de 245 francs CFA, actuellement, à 500 francs CFA pour le produit de premier choix.

La non-satisfaction de ces revendications avait conduit les producteurs à opter pour le boycott de la production cotonnière.

Dans ses différentes sorties, Jean Paul. Sawadogo n’a eu de cesse de rappeler aux producteurs qu’ils apportaient « une contribution significative au développement du pays» et que «Les destructions des plants de coton qui gagnent du terrain n’est pas la solution aux problèmes ».

Dans certaines localités, le premier responsable de la SOFITEX n’a pas hésité à demander le soutien, la protection et la bénédiction des chefs, afin qu’ils intercèdent auprès de leurs populations pour les sensibiliser à la production et d’arrêter la destruction des plants de coton qui prenait de l’ampleur.

Les prix du coton est des intrants est fixé conjointement par les représentants des producteurs de coton, les sociétés cotonnières, l’Etat et les partenaires techniques et financiers. Ces partenaires déterminent un prix plancher garanti quelque soient les résultats en termes de recettes réalisées.

Accompagné de Karim Traoré, président de l’Union nationale des producteurs de coton (UNPCB), M. Sawadogo a pris l’engagement de convoquer une rencontre avec les cotonculteurs en fin de campagne pour un débat franc et sincère tout en leur demandant aussi de retourner aux champs en poursuivant le dialogue.

Avec un chiffre d’affaires de 240 milliards de francs CFA, la filière coton fait vivre plus de 3 millions de Burkinabé et contribue pour près de 40% dans la formation du PIB et 60% des recettes d’exportation du pays.

Quelque 3 706 personnes dont 1 184 permanents et 2 522 saisonniers travaillent à la SOFITEX, la société, créée en 1979 avec un capital réparti entre l’Etat burkinabè (35 %), Geocoton (34 %), l’Union nationale des producteurs du coton du Burkina (30 % ) et des banques burkinabè (1 %).

Pour sauver la filière, l’Etat a apporté l’année dernière une caution de 50 milliards de francs CFA auprès des banques afin de permettre à la socité de disposer de ressources pour payer à temps le coton acheté auprès des producteurs.

Au cours de ces dernières années, le coton burkinabé a été exporté vers l’Asie du Sud-est, le Moyen-orient (62.01%), l’Europe (17.06 %), l’Amérique (13.77 %) et l’Afrique et l’Océan indien (7.16 %).

L’or blanc burkinabè tient debout malgré les vicissitudes liées notamment à la volatilité des cours, au fléchissement de la production, à la baisse de la rentabilité ainsi qu’à la détérioration de la situation des sociétés cotonnières.

TT/od/APA

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