Le ministre délégué à la Coopération régionale, Minata Samaté et le ministre des Postes et des Technologies de l’information et de la communication, Noël Kaboré étaient, vendredi 30 avril 2010, devant la représentation nationale pour répondre aux préoccupations des députés Victor Sorgho et Mohamed Malakilo Diasso.
« Il est devenu courant de voir des émissaires de présidents de pays amis fouler le sol burkinabè à la recherche du soutien de notre gouvernement pour un poste à pourvoir, au plan international.
La dernière en date est la mission effectuée par les émissaires du président sénégalais pour solliciter l’appui du gouvernement burkinabè à la candidature du Sénégal à la présidence de la Commission de la CEDEAO. Monsieur le ministre, cela m’amène à vous poser les questions suivantes, en vue d’un éclairage de la représentation nationale :
– existe-t-il une politique de placement des cadres burkinabè dans les institutions internationales ?
– Que gagne notre pays en ayant les cadres un peu partout dans les institutions internationaux ?
– A combien peut-on estimer le nombre de Burkinabè qui travaillent dans les institutions et organismes internationaux ? » C’est en ces termes que l’honorable député Victor Sorgho a interpellé la ministre déléguée à la Coopération régionale, Minata Samaté vendredi 30 avril dernier, à l’hémicycle pour la question orale sans débat.
Ils étaient 54 députés présents à cette séance présidée par Marie Gisèle Guigma. Pour la première préoccupation du député Sorgho, le ministre Samaté à sans ambages, répondu par l’affirmative. Elle a informé que l’organisation et la promotion de l’expertise nationale ont été confiées à une structure rattachée au premier ministère, dénommée Commission de promotion de l’expertise nationale (COPENA), créée le 14 juin 1999.
Elle est spécifiquement chargée de veiller à la mise en œuvre du document-cadre de stratégie de valorisation de l’expertise nationale au Burkina Faso, d’approuver les programmes et projets de valorisation de l’expertise nationale, de contribuer au renforcement des capacités nationales.
A ce jour, Minata Samaté affirme que la COPENA dispose d’une base de données solides pour l’expertise nationale et a déjà mené des actions ayant permis le placement de cadres nationaux tant sur le marché national que celui international du travail.
S’agissant des retombées pour notre pays du placement des cadres burkinabè dans les institutions internationales, la ministre déléguée aux Affaires étrangères et à la Coopération régionale dit qu’elles sont multiples et peuvent être appréciées à deux niveaux.
D’abord, au niveau individuel, le placement d’un cadre national burkinabè dans une institution internationale constitue le plus souvent une promotion professionnelle personnelle pour l’intéressé qui voit sa rémunération augmenter sensiblement.
Au niveau de l’Etat burkinabè, le placement international de cadres a des retombées positives aussi bien aux plans socioprofessionnel, socio-économique qu’au plan diplomatique. Minata Samaté a souligné qu’il est difficile de fournir des chiffres précis sur le nombre de Burkinabè travaillant dans les institutions et organismes internationaux, faute de statistiques fiables.
Les dernières statistiques disponibles, selon Mme Samaté, datent de 2007 et ont dénombré 799 experts burkinabè, toutes catégories confondues, qui sont dans les organismes internationaux. Soit 328 personnes dans les institutions internationales et 471 dans les organisations sous-régionales et régionales.
Cette situation, a précisé Minata Samaté, ne prend en compte ni l’expertise militaire, ni les experts qui ont accédé aux instances internationales ès qualité. Elle ne prend pas non plus en compte l’expertise privée.
A la suite de Minata Samaté, c’est son homologue des Postes et des Technologies de l’information et de la communication, Noël Kaboré, de se présenter devant la représentation nationale pour se prononcer sur la question orale avec débat du député Mohamed Malakilo. Sa préoccupation porte sur ce que compte faire le gouvernement pour faire respecter le cahier des charges en matière d’obligation, amener les opérateurs à améliorer la qualité de leurs prestations et protéger les intérêts des consommateurs.
Perpective de l’arrivée d’un quatrième opérateur
Le député Diasso trouve que la situation est devenue extrêmement fréquente chez l’opérateur TELMOB qui, depuis sa privatisation, présente des services de plus en plus défectueux.
Après un rappel historique, le ministre des Postes et des Technologies de l’information et de la communication a souligné que sur la base de la loi N°051/98 du 4 décembre 1998, des autorisations d’exploiter des réseaux de téléphonie mobile GSM ont été octroyées, pour une période de 10 ans à trois opérateurs : Celtel (actuel Zain), Télécel Faso et Telmob S.A. Le conseil des ministres du 28 avril dernier a autorisé le renouvellement des licences des 3 opérateurs. Il a informé de la perspective d’arrivée d’un 4e opérateur.
Noël Kaboré a annoncé que le gouvernement envisage d’agir autour de 4 axes concernant les mesures envisagées dans le sens du respect des obligations des opérateurs et de la protection des consommateurs. Il s’agit notamment, selon M. Kaboré, de l’adaptation continuelle du cadre juridique, du renforcement des capacités de l’autorité de régulation, du renforcement du suivi de la qualité de service et de l’application de la loi. En une décennie d’existence, Noël Kaboré constate que la communication des Burkinabè surpasse la téléphone fixe en termes de couverture du territoire national et de nombre d’abonnés.
Les réseaux mobiles continuent de croître à un taux annuel moyen de 57% sur les trois dernières années. Si cette croissance est un motif de satisfaction, le ministre des Postes et des Technologies de l’information et de la communication reconnaît qu’il se pose actuellement des problèmes de qualité technique et commerciale pour les nombreux utilisateurs de ces services.
Dans l’intérêt des consommateurs, le gouvernement, selon Noël Kaboré, entend exiger de l’Autorité de régulation, la poursuite des opérations de contrôle de qualité. Il veillera par ailleurs, à une application intégrale de la batterie de mesures prévues dans la loi, afin de contraindre tout opérateur au respect de ses obligations découlant du cahier des charges, a-t-il ajouté.
Les débats qui ont suivi se sont focalisés sur la qualité de service . D’autres questions sur une probable baisse du coût de la communication, des sensibilisations dans le sens des enfants de la maternelle et du primaire possédant des téléphones portables etc. ont aussi agrémenté des débats.
Yves OUEDRAOGO
Source : sidwaya.bf




