La réunion des comités nationaux de coordination des politiques économiques des Etats membres de la CEDEAO, débutée le 23 janvier 2012 à Ouagadougou a clos ses portes le vendredi dernier. Après analyse, les performances de ces pays dans l’ensemble ont été jugées satisfaisantes mais des insuffisances restent à relever, avant la création d’une monnaie unique dans l’Espace d’ici à 2020.
La crise financière au sein de l’Union européenne interpelle davantage les pays de la CEDEAO dans la bonne conduite du mécanisme de la surveillance multilatérale. C’est ainsi qu’ils se sont donnés rendez-vous à Ouagadougou durant cinq jours, pour évaluer leurs performances économiques afin de bâtir des fondements solides de leur future monnaie. Il est ressorti au cours de ces rencontres d’échanges, un ralentissement de l’activité dans l’espace CEDEAO en 2011 du fait de la contre performance de l’économie ivoirienne. ‘’La Côte-d’Ivoire est un pôle d’attraction et d’investissement dans les pays de l’UEMOA. Mais avec la crise qu’elle a connue, il est normal qu’il ait des répercussions sur le Produit intérieur brut (PIB) régional’’, a reconnu le directeur du Département de la surveillance multilatérale Lassané Kaboré. Il a souligné que la progression de l’activité économique en Afrique de l’Ouest serait plus vigoureuse au niveau de la Zone monétaire de l’Afrique de l’Ouest (ZMAO) que dans l’UEMOA. La ZMAO regroupant la Gambie, la Guinée, le Ghana, le Libéria, le Nigéria et la Sierra Léone. En effet, le taux de croissance du PIB réel de la ZMAO était de 8,0% en 2011 contre 7,7% en 2010. A l’UEMOA, ce même PIB serait de 1,4% en 2011 contre 4,5% un an plus tôt.
Malgré des crises et des perturbations qu’ont connues certains pays, d’autres sont à encourager au niveau de leurs performances économiques. ‘’Le Ghana particulièrement avec la production de son pétrole, a fait un taux de PIB de 13,6% en 2011. Le Nigeria qui est habituellement un grand pays producteur a donné un pourcentage appréciable. Ces deux pays uniquement font environ 90% du PIB au niveau de la ZMAO’’, a affirmé M Kaboré.
Par ailleurs, les estimations à fin décembre 2011 indiquent dans l’ensemble, une amélioration des performances des Etats membres vis-à-vis des critères de convergence de la CEDEAO. Cependant, des défis restent encore à relever notamment dans le domaine de la libre circulation des biens et des personnes dans l’espace CEDEAO. Au regard de ces insuffisances, le directeur du Département de la surveillance multilatérale Lassané Kaboré a noté que : ‘’ A travers ces rencontres, nous voulons faire en sorte que les performances économiques des Etats évaluées puissent se conformer aux normes pour que d’ici à 2020 nous ayons une monnaie unique’’. Pour permettre aux Etats de réaliser efficacement l’exercice de la surveillance multilatérale, des recommandations ont été soulevées à l’intention des décideurs. Il s’agit de ratifier et de mettre en œuvre les protocoles et convention de la CEDEAO et de prendre des mesures pour renforcer la convergence macroéconomiques.
Afsétou SAWADOGO
Sidwaya




