« A quelques jours des fêtes de fin d’année, les clients ne se bousculent pas trop. Mais je ne désespère pas, car généralement c’est à la veille de la fête ou le jour même que l’affluence est grande ». Ainsi s‘est exprimé Evrard Djiguemdé, gérant d’une boutique à Gounghin. Ces propos sont largement partagés par la plupart des commerçants rencontrés. N’ont-ils pas ce qu’il faut pour attirer la clientèle ? « Dans ma boutique, il y a de tous les goûts et à des prix abordables et qui n’ont pas changé », répond M. Djiguemdé. Spécialisé dans la vente d’articles uniquement masculins pour adultes, il avoue disposer du nécessaire dans sa boutique pour qui veut s‘habiller « classe ». Les raisons du peu d’affluence dans les boutiques peuvent s’expliquer en grande partie par le manque d’argent.
Le « vim Koèga » n’est pas tombé, c’est-à-dire que les salaires ne sont pas encore disponibles. Par contre, Alima Kouanda, vendeuse d’habits pour enfants, se frotte bien les mains. Dans sa boutique située au grand marché de Ouagadougou, « Rood wooko », elle est visiblement débordée. Et dans ces conditions, difficile de lui arracher quelques mots. En pleine discussion avec des clientes, elle parvient à lâcher : « Je remercie Dieu de m’avoir donné la santé pour faire ce commerce. Je gagne un peu et je souhaite que cela continue ». Combien pouvez-vous gagner par jour ? « Difficile de vous le dire, je vous ai dis que je n’ai pas le temps », rétorque-t-elle. L’entretien s‘arrête là.
La friperie est bien prisée par les Burkinabè. Un détour chez les marchands de friperie le confirme. « Je suis à la recherche d’un costume pour le Noël et le 31 décembre. On trouve les meilleurs dans la friperie », confie Traoré Amadou tout en essayant un bleu nuit sous le hangar de Malkom O., situé au marché de la Patte-d’oie. Pour Marcel Ilboudo, les clientes n’attendent pas les fêtes pour venir s’approvisionner chez lui. Il fait de bonnes affaires quand il a de nouveaux arrivages. « Je possède un carnet d’adresses qui me permet de toucher mes clientes. Les prix des articles varient des robes aux vestes, sans oublier les hauts », précise-t-il.
A la veille des fêtes de fin d‘année, nous avons voulu savoir si consommer local relève du goût des Ouagalais. C’est dans ce cadre que, Guinko Abdoul, vendeur de Faso dan fani (FDF), nous a indiqué que son chiffre d’affaires a augmenté grâce à l’achat de ses marchandises par les étrangers. A ce sujet, il affirme : « la grande partie de mes clients sont des étrangers. Je dis à tous les Burkinabè que le Faso dan fani est fait pour tout le monde à un prix abordable. Je profite lancer un appel aux autorités afin qu’elles déclarent une journée dédiée au port du FFD ». Un coup d’œil sur ses étalages nous a permis de voir une gamme variée de tenues confectionnées dans cette matière. Boubous, costumes et pagnes que Kassoum Kinda, résidant en Côte d’Ivoire, a l’intention de payer pour sa famille.
Du côté des couturiers, l’effervescence est grande. La plupart d’entre eux sont débordés, mais soutiennent pouvoir respecter les rendez-vous déjà pris. Cependant les plaintes de Fati Koné démontreront le contraire chez Issaka Maïga. En effet, c’est une jeune fille remontée, très en colère contre son couturier, qui s’est dit déçue. Ayant pris rendez-vous ce jour, aucune de ses 3 tenues n’est cousue. D’un seul geste, elle ramassa ses tissus et s’en alla. Ces scènes sont légion dans les ateliers de couture à l’approche des fêtes de fin d’année. Bien que la date de Noël soit connue d’avance, les Ouagalais attendent toujours la dernière minute pour faire des emplettes.
Habibata WARA | Sidwaya.bf




