MOTIVER SANS STRESSER VOS COLLABORATEURS
Le monde de l’entreprise, où s’entrechoquent problèmes personnels et obligations professionnelles, est un lieu favorable à l’expression du stress. Les nerfs de chacun y sont souvent soumis à rude épreuve, d’autant plus en temps de crise, alors que la frontière entre une exigence légitime du travail et une pression parfois anxiogène a tendance à se disloquer…
Dans ces conditions, obtenir des résultats sans mettre trop de pression est un art qui requiert psychologie, pédagogie et grande capacité d’écoute. Et pourtant, motiver sans stresser, c’est possible…

Motiver ses collaborateurs sans les stresser, c’est possible. © Jupiterimages / Goodshoot
– Identifier les leviers de la motivation
Trouver les ressorts de la motivation de ses collaborateurs permet de cerner leurs attentes et de renforcer leur attachement à l’entreprise. Une étude menée par StepStone a identifié cinq profils de collaborateurs. Cette segmentation distingue les chercheurs d’or (attirés par la rémunération), les grimpeurs d’échelons (à la recherche d’un plan de carrière), les pragmatiques (situés à un carrefour entre stabilité et flexibilité du travail), les épicuriens (privilégiant l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle) et les conciliants (seniors allliant vie privée et partage du savoir).
Christel Thomet, responsable marketing de Stepstone Solutions France, explique que « chaque catégorie apporte une plus-value unique à l’entreprise. Les employeurs pourront en tirer avantage seulement s’ils comprennent et prennent en compte les aspirations de leurs collaborateurs. »

Vous devrez passer à la loupe toutes ses attentes et motivations. © Laurent Hamels / Fotolia
– Rester à l’écoute
On dit toujours qu’il vaut mieux prévenir que guérir. Repérer les collaborateurs « sensibles », en situation de stress, est une autre tâche qui incombe au manager. Il n’existe malheureusement pas de recette miracle si ce n’est la pratique d’une écoute active. Pour cela, vous devez prendre régulièrement le pouls de vos équipes que ce soit à travers des entretiens informels (cantine, pause café…) ou en martelant que votre bureau est ouvert à tous ceux qui désirent parler.
Pierre, manager d’une équipe d’une quinzaine de personnes depuis quelques années confie ainsi que « personne ne venait jamais me voir pour se plaindre, je pensais donc que tout allait bien. En fait, il n’en était rien et j’ai découvert par hasard qu’un conflit pesait sur la productivité de l’équipe depuis quelques temps mais personne n’avait osé m’en parler. Il a fallu que je prenne les choses en main pour régler cette situation. »

Profitez de chaque occasion, même les plus informelles, pour discuter avec vos collaborateurs. © Auremar / Fotolia
– Entretenir le dialogue
Certaines entreprises souhaitent placer le dialogue au cœur de leur stratégie de communication interne. Chez Areva, par exemple, l’ensemble des salariés de chaque région se rassemble régulièrement pour se voir expliquer les objectifs du groupe, les actualités importantes… « Cela permet aux salariés de vérifier que leur travail quotidien est bien cohérent avec la stratégie globale de l’entreprise, d’écouter le point de vue des membres du comité de direction et d’exprimer le leur », explique Catherine Weber-Guevara, directrice de la business unit Logistique.
De telles réunions peuvent aussi servir à désamorcer les éventuelles tensions. « A un moment où les réacteurs EPR faisaient l’objet de vives critiques de la part des médias, une réunion de ce type a permis de dissiper les inquiétudes des salariés à ce sujet. » Des craintes qui auraient pu entamer la motivation des salariés.

Organiser des entretiens avec vos collaborateurs vous permettra de rester à l’écoute. © Jupiter Images / Photos.com
– Payer de sa personne
Tout responsable qui se respecte doit faire preuve d’une implication managériale qui se traduit par des actions sur le terrain. Par exemple, lorsqu’une équipe se démotive à cause d’objectifs qui lui paraissent trop élevés, en termes de délais ou de résultat, il devient impératif pour le manager d’intervenir.
« Il faut nécessairement retravailler les objectifs », explique Catherine Weber-Guevara. « Si l’on voit que l’équipe n’arrive pas à suivre, il faut arrêter les frais le plus vite possible au risque de la démotiver » Dans une telle démarche, c’est l’implication directe du responsable qui peut faire la différence et éviter que l’équipe ne tombe dans la spirale infernale. Un dialogue avec ses équipes permet de détecter les pierres d’achoppement pour y remédier au mieux.

Rapprochez-vous de vos équipes et soutenez les au quotidien. © Auremar / Fotolia
– Donner des perspectives d’avenir
Ne pas avoir de perspectives de carrière peut se révéler anxiogène. C’est un aspect crucial aux yeux des collaborateurs « grimpeurs d’échelons » motivés par l’évolution de leur situation. « Ils sont à la recherche d’opportunités de promotion, de reconnaissance sociale, il faut donc mettre en place avec eux un plan de carrière », explique Christel Thomet.
Chez Areva, cette démarche se déroule dans le cadre de la people review annuelle au cours de laquelle on va discuter de l’avenir du collaborateur dans ce qui s’apparente à une gestion prévisionnelle de la carrière. « Nous avons aussi mis en place un programme de détection des potentiels, des personnes que l’on appelle team leaders et qui sont évaluées par un cabinet extérieur afin de savoir dans quelle mesure elles peuvent évoluer au sein de l’entreprise », explique Catherine Weber-Guevara qui estime par ailleurs que « c’est un aspect apprécié des collaborateurs. »

Etre fixé sur son avenir le soulagera certainement. © Georges Doyle / Stockbyte / Thinkstock
– Favoriser la convivialité pour les faire décompresser
Un environnement agréable contribue souvent à désamorcer les sources de tensions. Sessions de team building, aménagement des open spaces, séminaires d’entreprises sont autant de solutions à votre disposition afin d’instaurer un climat plus propice à l’échange au sein de l’équipe. C’est l’esprit de l’initiative lancée par Etoile Media Group, une entité spécialisée dans l’e-marketing, qui confie chaque mois un budget de 150 euros à des équipes de 4 ou 5 personnes pour l’organisation d' »Aperos presque parfait ».
» Ces apéros permettent aux membres de la société de se constituer un vécu commun en dehors des projets professionnels. De plus ils stimulent la créativité de tous : qui trouvera le thème le plus impactant, le cocktail le plus original, la recette qui fera mouche… », avance Charles-Henri Mourre, président d’Etoile Media Group.

Organiser des évènements festifs permettra de renforcer les liens entre vos collaborateurs. © Sean Pior / Fotolia
– Donner une ligne directrice
Il n’est jamais facile de travailler pour une entreprise dont on a l’impression qu’elle navigue à vue, qu’elle n’a pas vraiment de ligne directrice. Le groupe Areva ambitionne de fixer des objectifs clairs et cohérents à ses salariés. « Nous avons imaginé un outil qui s’appelle le passeport management », explique Catherine Weber-Guevara. « Cet outil est remis au manager lors de sa prise de fonction et lui assigne deux objectifs. L’un est personnel et l’autre plus corporate. » Avec l’internationalisation du groupe, un des objectifs personnels a été pour chaque manager de développer des relations avec leurs homologues étrangers par le biais de petits déjeuners et rencontres.
En donnant des objectifs précis au salarié vous donnez un sens concret à son travail quotidien et le rassurer sur la démarche de l’entreprise.

Assigner des objectifs clairs permettra au collaborateur de savoir où il va. © Jupiterimages / Comstock / Thinkstock
– Valoriser les efforts et les réussites
Un collaborateur qui ne récolte aucune félicitation lorsqu’il brille aura tendance à se démotiver, en pensant que la qualité de son travail ne fait aucune différence.
Pensez donc à valoriser la moindre de ses réussites à sa juste mesure, il vous en saura gré. Concrètement cela signifie transférer à votre équipe un mail de félicitation adressé par votre n+1 concernant un travail sur lequel vous avez tous travaillé durement. Cela signifie aussi impliquer un collaborateur dans la réalisation d’une bonne idée dont il est à l’origine.
En l’associant au processus de décision vous lui permettez d’avoir un aperçu « d’en haut » et confortez son sentiment d’appartenance à l’entreprise.

Recevoir des félicitations permet souvent de prendre confiance en soi. © Sean Prior / Fotolia
– Dédramatiser afin de faire retomber la pression
Relativiser fait aussi partie du quotidien du manager qui doit savoir faire retomber la pression lorsqu’il le faut. Catherine Weber-Guevara raconte ainsi cette anecdote où « avant un comité de direction avec les Américains, j’ai vu que l’un de mes collègues, qui ne maitrisait pas bien l’anglais, était en proie à un stress assez important. Je lui ai rappelé que moi-même je ne parlais pas parfaitement l’anglais et que cela ce passerait bien, qu’il ne devait pas s’inquiéter outre mesure. »
Faire accepter ses faiblesses ou admettre que l’on ne peut pas réussir tout ce que l’on entreprend permet souvent de se délester d’un poids important et d’aborder les étapes sereinement.

Il faut savoir aussi parfois prendre du recul et relativiser. © Kurhan / Fotolia
– Multiplier les marqueurs de reconnaissance
Ce sont des petits gestes qui paraissent anodins mais qui n’en resteront pas moins très appréciés de vos collaborateurs. Ils ajoutent une dimension humaine à votre relation professionnelle. Catherine Weber-Guevara attache ainsi de l’importance à essayer de conserver « un esprit petite maison » au sein d’une entité qui compte tout de même 1 200 personnes. « Lorsque je vois quelqu’un avec une petite mine, je le signale assez rapidement à son manager pour que celui-ci s’enquière de la cause du problème. » Les chefs d’entreprises ou managers peuvent faire chaque matin le tour de l’entreprise pour en saluer les membres.
Il est toujours très valorisant de sentir que la direction se préoccupe de son bien être et ne se contente pas de gérer l’entreprise du haut de sa tour d’ivoire.

Saluer ses équipes chaque matin est un rituel adopté par nombre de dirigeants. © Chagin / Fotolia
– Relâcher la pression pour leur redonner confiance
Loin d’être un aveu de faiblesse, relâcher la pression peut être intéressant face à une équipe en difficultés.
Cette concession permet de montrer votre souplesse et votre compréhension des attentes de vos collaborateurs. Ceux-ci pourront travailler l’esprit plus libre en ayant le sentiment que vous êtes de leur côté. N’oubliez pas qu’une personne en situation de stress est souvent aussi en perte de confiance.
Leur laisser plus d’autonomie dans leur travail, que ce soit dans la méthodologie ou au niveau des horaires, les rendra plus productifs que si vous êtes sans cesse sur leur dos leur ajoutant un stress supplémentaire.

N’hésitez pas à leur témoigner une confiance qu’ils vous rendront en retour. © Yuri Arcurs / Fotolia
Source : journal du net




