La partie cachée du monde des affaires, dans laquelle l’imagination des hommes n’est même plus limitée par les contraintes créées par la loi, grouille d’initiatives et d’inventions de tous ordres, souvent très dangereuses pour une personne non avertie.
On y retrouve cependant cinq sous-ensembles principaux qui regroupent l’essentiel des situations possibles : Les activités criminelles, La violence contre les personnes, Les activités informelles, Les manipulations d’argent secret et La corruption.
Au cours de cette semaine, nous publierons les cinq sous-ensembles principaux « du monde caché des affaires ou le monde des affaires cachées ». Nous souhaitons que cet écrit contribue à préparer la jeunesse entrepreneuriale du Burkina et d’Afrique à une meilleure pratique des affaires.
Aujourd’hui, la première partie …
NB : L’auteur de cet écrit exceptionnel est Gerard Verna, Professeur à l’Université Laval à Québec.
Le monde caché des affaires ou le monde des affaires cachées…
Il y aura toujours plus de bandits motivés à tourner la loi que de fonctionnaires désabusés occupés à l’écrire ou à la faire appliquer. (G. Verna, 2009)
La partie cachée du monde des affaires, dans laquelle l’imagination des hommes n’est même plus limitée par les contraintes créées par la loi, grouille d’initiatives et d’inventions de tous ordres, souvent très dangereuses pour une personne non avertie. On y retrouve cependant cinq sous-ensembles principaux qui regroupent l’essentiel des situations possibles :
I. LES ACTIVITES CRIMINELLES :
• Les mafias
• Le trafic de drogue
• La contrebande
• Les cybercrimes
II. LA VIOLENCE CONTRE LES PERSONNES :
• L’esclavage moderne
• Les enlèvements
• Le trafic des personnes et des organes
• La piraterie
III. LES ACTIVITES INFORMELLES :
• La contrefaçon
• Les diverses fraudes
• Le sport : Dopage et tricherie
IV. LA CRIMINALITE FINANCIERE :
• Les fausses factures et les fraudes financières
• Autres liens
V. LA CORRUPTION :
• La corruption : faits et principes
• La corruption en général
• La corruption selon les pays
• Les patrons voyous ou amoraux
Pensons-y bien :
Un jeune cadre commençant aujourd’hui sa carrière – surtout si elle est internationale –pourra difficilement éviter de travailler, volontairement ou non, consciemment ou non avec ou dans une entreprise qui :
– appartient totalement ou en partie, directement ou indirectement, à des groupes criminels internationaux,
– a été financée, directement ou indirectement, consciemment ou pas, par de l’argent gagné dans des activités criminelles internationales et blanchi, voire même blanchi au cours du dit financement
– collabore, directement ou indirectement, consciemment ou pas, avec des entreprises contrôlées par des groupes criminels internationaux agissant comme sleeping partners ou utilisant ces entreprises pour poursuivre leurs activités criminelles internationales, en particulier dans le blanchiment d’argent
– participe régulièrement ou à l’occasion à des opérations de contrebande, de façon directe ou indirecte, inconsciente, passive ou active
– bénéficie du travail lointain de main d’œuvre honteusement exploitée comprenant des enfants ou des personnes en situation d’esclavage de fait
– participe, directement ou indirectement, consciemment ou pas, à la dégradation irréversible de notre environnement, même si il est très loin
– utilise tous les artifices légaux pour détourner l’esprit des lois et majorer ainsi ses profits, par le biais d’accommodements fiscaux, de jeux sur les prix de transferts, de manipulation des règles de la concurrence que facilitera parfois la corruption active des fonctionnaires en charge de ses dossiers
– participera à certains jeux politiques pouvant entraîner de graves bouleversements dont elle pense tirer profit
– participe à des jeux d’influence, à du lobbying outré, voire à de la manipulation sous la contrainte pour éviter certaines évolutions démocratiques contraires à ses intérêts
– bénéficie ou fait bénéficier certaines personnes d’informations privilégiées constituant, selon les cas, des délits d’initiés ou des abus de biens sociaux
– etc.
Introduction à une session sur la « corruption du monde » par le Pr Gérard Verna dans le cours de « Relations humaines dans les affaires internationales » du programme de MBA de l’Université Laval à Québec.
PREMIERE PARTIE : LES ACTIVITES CRIMINELLES – CRIMINAL ACTIVITIES – LAS ACTIVIDADES CRIMINALES
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right> Source : Gérard Verna, « Légalité-Légitimité : Les pièges du Tiers-Monde », février 1991 in « Management interculturel : modes et modèles », sous la direction de Dominique Xardel & Franck Gauthey. Paris, Économica.
La figure précédente fait ainsi apparaître quatre groupes principaux d’activités et une zone centrale incertaine aux contours flous, correspondant à des activités qui, étant très faiblement soit légales ou illégales soit légitimes ou illégitimes peuvent facilement passer d’une catégorie à l’autre. Cette figure représente une classification des différentes actions qui peuvent être accomplies dans une société donnée. Elle va nous permettre de poser quelques repères de base quant aux ancrages éthiques dans la légalité et la légitimité respectives d’une action et de proposer un vocabulaire.
Les activités criminelles sont à la fois illégales et illégitimes. Elles sont accomplies délibérément en dehors de la loi, que chacun est censé connaître, et sans que rien ne puisse les légitimer aux yeux d’une majorité de l’opinion publique qui adhère aux lois morales et naturelles. Les activités criminelles sont illégitimes car elles violent les « lois morales » (par exemple : ne pas voler) et contreviennent aux « lois naturelles » (protéger les enfants; ne pas causer sciemment de tort aux autres). Elles sont accomplies délibérément en dehors de la loi, que chacun est censé connaître, et sans que rien ne puisse les légitimer aux yeux d’une très large majorité de l’opinion publique. Selon le Vème congrès des Nations Unies pour la prévention du crime et le traitement des délinquants, (O.N.U., Formes et dimensions nouvelles – nationales et transnationales – de la criminalité, Genève, 1975) « le crime en tant qu’entreprise lucrative tend à posséder les caractéristiques suivantes : a) il est perpétré essentiellement dans un but lucratif et met en cause une forme quelconque de commerce, d’industrie ou d’activité professionnelle; b) il implique une certaine forme d’organisation, au sens d’un ensemble ou d’un système de relations plus ou moins établies entre les parties qui commettent des actes criminels; c) il suppose soit l’usage, soit l’abus des formes et techniques légitimes du commerce, de l’industrie ou des activités professionnelles; d) généralement, mais non nécessairement, les personnes impliquées dans ce genre de criminalité jouissent d’une position sociale relativement élevée ou d’un pouvoir politique, ou les deux… »
1. Les mafias et le crime organisé – Mafias and Organized Crime – Las mafias y el crimen organizado
Définitions du mot mafia ou maffia (mot sicilien, hardiesse, vantardise)
L’origine exacte du mot Mafia est effectivement inconnue. Il existe plusieurs définitions. Selon le Petit Larousse illustré 1999, © Larousse, 1998, Jérôme Grattirola (5 mars 2003:
– La Mafia : organisation criminelle sicilienne dont les activités, exercées par des clans familiaux soumis à une direction collégiale occulte, reposent sur une stratégie d’infiltration de la société civile et des institutions.
– Association criminelle d’envergure, comparable par sa structure et ses procédés à la Mafia.
– Fam., péjor. Groupe occulte de personnes qui se soutiennent dans leurs intérêts par toutes sortes de moyens.
– Acronyme sicilien qui signifierait Morte Alla Francia Italia Anelo, (mort à la France c’est le cri de l’Italie), symbole crée par les Zii après la campagne d’Italie de Napoléon qui appauvrit énormément les régions du sud de la péninsule
– Origine arabe qui signifierait vantardise.
Mafia italienne : Des quatre mafias qui sévissent en Italie (Cosa Nostra, ‘Ndrangheta, Camorra, Sacra Corona Unita), la ‘Ndrangheta serait devenue « l’organisation criminelle la plus puissante et la plus dangereuse », selon le ministre de l’intérieur, Giuseppe Pisanu. (Rapport de la commission italienne antimafia). Le Monde, 29 janvier 2004
La mafia dans le monde
– Propos recueillis par Joëlle Stolz : Edgardo Buscaglia, spécialiste du crime organisé « L’économie du Mexique est infiltrée à 78 % » par les cartels, Le Monde 16.04.09 (Professeur à l’université Columbia, à New York, et à l’Institut technologique autonome de Mexico, Edgardo Buscaglia, spécialiste reconnu du crime organisé au Peace Operations Training Institute, aux Etats-Unis, analyse pour Le Monde, la situation sécuritaire au Mexique.)
– Les triades : Ces sociétés secrètes chinoises font partie de l’histoire de ce pays. Si elles règnent sur toute l’économie parallèle asiatique – immigration clandestine, prostitution, jeux ou trafic de drogue – elles furent, à l’origine, des organisations politiques, sociales et militaires qui prirent part aux luttes de pouvoir dans l’empire du Milieu. Dévoyées depuis ces temps historiques et repliées à Hongkong jusqu’à ces dernières années, ces organisations mafieuses sont implantées sur tous les continents. Elles sont présentes dans les communautés asiatiques du Canada, des Etats-Unis, d’Australie et, dit-on, d’Europe. En France, seule la 14 K, l’une des plus violentes, est, jusqu’à présent, directement apparue dans une enquête policière. Mais les services spécialisés sont convaincus que les responsables des réseaux d’immigration clandestine, les «têtes de serpent», sont directement liés aux triades.
– L’Italie adopte un plan de lutte extraordinaire contre la mafia : le gouvernement italien, réuni exceptionnellement, jeudi 28 janvier, à Reggio di Calabria, principale ville de la Calabre, a adopté un plan de lutte extraordinaire contre le crime organisé. « Nous avons adopté un plan en dix points, qui comprend, entre autres, un « code » des lois anti-mafia et l’instauration d’une agence nationale devant gérer les biens saisis à la criminalité et dont le siège sera à Reggio di Calabria », a déclaré à la presse le chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, à l’issue de ce conseil des ministres tenu dans le fief de la plus dangereuse des mafias, la ‘Ndrangheta. Le plan est articulé en deux volets : le premier prévoit un décret pour la création, et l’entrée en vigueur rapide, d’une agence pour la gestion des biens mafieux saisis ou mis sous séquestre. « Une de nos armes principales dans la lutte contre la mafia est la saisie de ses biens, et, ces dix-huit derniers mois, nous avons saisi ou placé sous séquestre plus de quinze mille biens divers d’une valeur d’environ 9 milliards d’euros », a expliqué le ministre de l’intérieur, Roberto Maroni. Le second volet est constitué par un projet de loi qui mettra un peu plus de temps à entrer en vigueur et comprend neuf points, parmi lesquels un « code » des lois anti-mafia pour regrouper tous les textes appliqués dans la lutte contre la criminalité organisée et une carte nationale des réseaux des clans criminels. Le chef du gouvernement a également évoqué l’établissement d’une « liste noire » des entreprises soupçonnées d’être liées à la mafia, ce qui permettrait à d’autres sociétés participant à des appels d’offres publics d’éviter de traiter avec les premières. Le Monde avec AFP 28.01.10 |
– L’Orient-Le Jour : La crise, une aubaine pour la mafia, qui multiplie les bonnes affaires, avril 5, 2009 (Les clans mafieux qui disposent d’énormes liquidités rachètent des entreprises en difficulté et recrutent parmi les chômeurs.)
– La Mafia ne connaît pas la crise : Le chiffre d’affaires de la criminalité organisée en Italie – toutes tendances confondues – est estimé à 130 milliards d’euros par an, ce qui équivaut à 6 % du PIB italien. Selon SOS entreprise, un rapport de Confesercenti, le syndicat des commerçants italiens, la Cosa Nostra sicilienne, la Camorra napolitaine et la ‘Ndrangheta calabraise ont engrangé 70 milliards d’euros de bénéfices l’année dernière et elles ne sont qu’effleurées par la crise mondiale. Parmi ses activités, on compte le trafic de drogue, l’usure, la collecte des ordures, les extorsions, la contrebande, le trafic d’armes, mais aussi la contrefaçon alimentaire et les recharges téléphoniques, note La Repubblica. Courrier international, 17.11.2008
– Camorra : Une mafia modernisée. Le Système est insatiable. On peut se demander pourquoi la Camorra, qui tire des revenus considérables du trafic des déchets toxiques, s’obstine à taxer les commerçants et les artisans du vieux Naples et pourquoi les capi de quartier continuent à commercialiser des doses d’héroïne et de cocaïne et à employer parfois des membres de leur propre famille comme postiers. C’est que la Camorra a beaucoup de gens à nourrir, ses retraités et ses assistés. Elle doit soigner son image et se montrer secourable. Sans compter ses amis et complices haut placés qu’elle doit rémunérer. Il n’y a pas de petits profits. Ajoutons que la Camorra n’est pas une structure rigide coiffée d’une «coupole» comme la Mafia sicilienne. C’est une pyramide dont les niveaux jouissent d’une certaine autonomie et doivent se débrouiller comme ils peuvent. La base peut végéter malgré la prospérité du Système. La Camorra est pragmatique. Elle ne pense qu’au business. Elle ne procède plus à des exécutions qu’en dernier recours. La preuve : elle laisse maintenant courir les pentiti, les repentis qui ont collaboré avec la justice italienne. François Caviglioli, Le Nouvel Observateur, 1er février 2008
– Richard Heuxé :Usure, racket, fraude : la mafia, première entreprise d’Italie, Le Figaro, 24 octobre 2007 (Dans certaines villes comme Palerme et Catane, huit commerçants sur dix payent l’impôt mafieux. Un rapport dénonce l’emprise du crime organisé.)
– Marc Semo : La Sicile contre la Mafia 2/2 : Le «pizzo» ne passera pas, Libération, 11 juillet 2006 (Un peuple qui paie le pizzo (l’impôt de la mafia) est un peuple sans dignité, proclame l’affiche. Puis en haut, un jeu de mot sur pizzo, qui veut aussi dire dentelle. Le seul «pizzo que nous voulons». www.addiopizzo.org Le mouvement Addiopizzo, lancé par des étudiants proches des milieux alter, tente de convaincre commerçants et industriels de ne plus céder au racket, source de financement de Cosa Nostra.)
– Serge Gumy : La mafia calabraise blanchit les milliards du crime en Suisse, Tribune de Genève, 21.01.2010 (20 à 30 milliards: c’est la somme que la ‘Ndrangheta aurait investie ces cinq dernières années en achetant terrains, entreprises et restaurants. Elle rachète des restau rants et des entreprises au bord de la faillite. Elle investit dans l’immobilier et le négoce. Sans faire de bruit, la ‘Ndrangheta, la mafia calabraise, blanchit son argent en Suisse. «Elle y est une des organisations criminelles les plus actives», reconnaît l’Office fédéral de la police. En cinq ans, les différentes mafias italiennes auraient ainsi investi entre 20 et 30 milliards de francs dans notre pays, selon diverses estimations.
– Vladimir Ivanidze et Sophie Shihab : Comment la mafia russe peut prospérer dans l’ombre du Kremlin, Le Monde 27.11.02 (Pour la première fois, un ancien baron d’une organisation répertoriée comme criminelle par plusieurs polices dans le monde lève le voile sur les liens tissés avec le sommet du pouvoir russe. D’anciens proches de Boris Eltsine sont visés ainsi que plusieurs empires industriels.)
2. Le trafic de drogue – Drug Trafficking – El narcotráfico
Tout comme le trafic lui-même, la lutte contre ce trafic de drogues crée tellement de bons emplois que tout sera fait pour que cela ne cesse jamais…
200 millions de personnes ont consommé de la drogue en 2004 L’agence des Nations Unies contre la drogue et le crime a annoncé, dans son rapport annuel publié aujourd’hui, que le nombre de personnes dans le monde ayant consommé de la drogue au cours des douze derniers mois avait augmenté de 8%, atteignant le chiffre de 200 millions de consommateurs pour un chiffre d’affaires de 320 milliards de dollars.
ONUDC : New York, Jun 29 2005 6:00PM
– La politique et la drogue ont en commun avec l’histoire d’être correctes ou pas selon qu’elles sont ou pas le fait du vainqueur, qui est souvent le premier arrivé. Pour les drogues, ce sont les plus anciennes – voire les plus dures – qui tiennent largement le haut du pavé et bénéficient de toutes les complaisances gouvernementales : alcool et tabac (alcool surtout car le tabac commence à se faire damner le pion et l’amiante a définitivement perdu la partie) sont nos drogues officielles et leurs lobby sont jusque là assez puissant pour empêcher que d’autres drogues – pas forcément pires – aient droit de cité.
Ces lobby sont constitués de tous ceux qui gagnent leur vie en procurant les drogues officielles et en empêchant que l’on se procure les autres (producteurs d’alcools et de tabac, fabricants des produits dérivés, policiers, douaniers, juges qui les protègent).
– Guerre à « la » drogue aux États-Unis : Le 7 janvier 1914 entre en vigueur, aux Etats-Unis le Harrison Narcotics Act qui marque le début de la prohibition de certaines drogues. 90 ans plus tard, le bilan de cette guerre du gouvernement contre ses propres citoyens n’est pas brillant : plus d’un trillion de dollars y ont été engloutis, des dizaines de millions de personnes ont été arrêtées, leur propriété confisquée, leur famille harcelée. Chaque année près de 2 millions de citoyens sont emprisonnés pour des délits mineurs liés à la possession de drogues… En définitive, la prohibition a ouvert un marché, créé des besoins, enrichi des organisations criminelles, et généralisé la consommation.
– Chine : Le trafic de drogue sévèrement puni : Sur les 66 Philippins condamnés à mort en Chine pour trafic de stupéfiants, 53 sont des femmes, note l’édition en ligne du quotidien Philippine Daily Inquirer. L’Etat philippin, lui aussi très strict dans les affaires de drogue, a pour règle de ne pas aider ses ressortissants incarcérés à l’étranger pour ce genre de délit, a déclaré Esteban Conejos, vice-ministre des Affaires étrangères chargé des travailleurs migrants. En vertu de la loi chinoise, le trafic d’au moins 50 grammes de stupéfiants est passible de la peine capitale. Les 66 Philippins condamnés ont été interpellés en possession de 500 grammes à 4 kilos d’héroïne. Philippine Daily Inquirer, 18.01.2010
– Corée du nord : Les exportations de stupéfiants auraient rapporté 500 millions de dollars à la Corée du Nord en 2000. C’est une croissance nette par rapport aux années précédentes. Une révélation aujourd’hui d’un quotidien japonais. Le Sankei Shimbun cite un rapport du service de recherche du Congrès américain. Selon ce document, le pays communiste aurait utilisé des réseaux criminels en Russie, en Chine, au Japon et en Corée du Sud, pour échapper à tout contrôle. L’argent de la drogue représente 70% du total des exportations de la Corée du Nord pour l’an 2000. Une grosse partie de ces devises étrangères est utilisée pour les dépenses militaires et la gestion des missions diplomatiques à l’étranger. RADIO KBS LE 04/08/04
3. La contrebande – Smuggling – El contrabando
Contrebande des Armes, Contrebande du Bois, Contrebande des Diamants, Contrebande des Matières fissiles, Contrebande du Tabac, Contrebande d’animaux protégés
Contrebande : nom féminin (ital. contrabbando) Commerce clandestin de marchandises prohibées ou pour lesquelles on n’a pas acquitté les droits de douane; ces marchandises. 1. Qui est suspect de combinaisons malhonnêtes; qui est le lieu de trafics louches. Personnage interlope. Bar interlope.
2. Qui se fait en fraude; illégal. Commerce interlope.
Le délit de contrebande naît de la loi même qui l’interdit.
– Côte d’Ivoire : La hausse du cacao bouleverse la contrebande : C’est une première dans l’histoire du cacao : au moment où s’achève la récolte principale, les autorités du Ghana ont annoncé mercredi que le prix payé au planteur sera augmenté de 25% pour lutter contre la contrebande vers la Côte d’Ivoire. Près de 100 000 tonnes de fèves auraient discrètement traversé la frontière vers le premier pays producteur. C’est plutôt dans l’autre sens que le cacao passait en fraude ces dernières années. Lorsque les cours mondiaux étaient bas, le prix garanti au Ghana attirait les fèves de Côte d’Ivoire, maintenant qu’ils remontent, le courant s’établit dans l’autre sens. Cela ne relève pas d’un marché noir organisé mais plutôt d’arrangements entre producteurs. Pour les Ivoiriens qui en profitent, l’aubaine est double : non seulement le cacao ghanéen est moins cher mais en plus il est de bonne qualité. La qualité, c’est précisément ce qui manque à la récolte ivoirienne. Trop acides, mal séchées, les fèves ivoiriennes désespèrent les industriels. La détérioration de la production n’est pas d’aujourd’hui. Les planteurs démotivés par le faible prix payé et le coût croissant des intrants, n’ont pas toujours entretenu leurs arbres. La structure de la filière n’encourage pas l’effort. Par ces temps de déficit, les multinationales achètent tout ce qu’on leur offre. Comme les producteurs entendent bien tirer partie des prix bord champs mirifiques pratiqués en ce moment, entre 500 et 600 FCFA le kilo, ils proposent même des fèves pas encore arrivées à maturité. Ils touchent en quelque sorte les miettes des hausses records enregistrées sur les marchés à terme de Londres et de New York. En Europe, le cacao a atteint cette semaine son plus haut niveau depuis cinq ans à 1 350 livres la tonne livrable en mai. Le mouvement est loin de retomber, les fonds qui l’animent seront acheteurs tant que le déficit sera sensible, c’est-à-dire au moins jusqu’à la fin de la campagne. Quand le seuil des 1 500 livres la tonne sera dépassé, ils pourraient être tentés de prendre leur bénéfice, mais certainement pas avant. Dominique Baillard, RFI 28/02/2008
– Brésil : Déchets britanniques au Brésil : Plus de 1 400 tonnes de déchets exportés illégalement de Grande-Bretagne vers le Brésil vont être rapatriées, a annoncé, dimanche 19 juillet, l’Agence britannique de l’environnement. Selon le quotidien The Independent (daté du 18 juillet), ces conteneurs, emplis d’ordures domestiques, mais aussi de déchets médicaux et électroniques, auraient été exportés illégalement par deux sociétés britanniques. Le monde, 21 juillet 2009
– États-Unis – USA: Un tunnel utilisé par les trafiquants pour transporter des drogues du Mexique aux Etats-Unis a été découvert samedi au-dessous de la frontière entre les deux pays. Le tunnel long de 300 mètres, ayant un diamètre de 2 mètres, est équipé de rails et de charettes pour transporter la marijuana et la cocaïne, a révélé samedi le Bureau du procureur général mexicain (PGR). Cette structure est reliée à une maison dans la ville frontalière mexicaine de Nogales dans l’Etat de Sonora. Six personnes ont été arrêtées en relation avec l’affaire de ce tunnel, dont un officier de police et le leader d’un réseau du trafic de drogue, a précisé Jose Luis Santiago Vasconcelos, un agent chargé des enquêtes spécialisées sur le crime organisé du bureau du PGR. (Radio Chine International 14/09/03)
– Espagne : Les femmes mulets de Sebta : Ceuta ou Sebta est, tout comme Melilla, une enclave espagnole en territoire marocain. Cette ville de 75 000 habitants est devenue en quelques années grâce à son statut de zone franche, un centre très actif du commerce d’objets détaxés entre l’Europe et l’Afrique dont le transport d’un continent à l’autre, se fait à dos de femme. Elles sont peut être dix mille Marocaines, surnommées « femmes-mulets », à passer chaque jour la frontière en portant sur leur dos des cabas pesant jusqu’à 70 kilos, raconte le Journal Hebdomadaire de Casablanca. Les femmes dont la moyenne d’âge est de cinquante ans, sont chargées de cette besogne parce les douanes se méfient moins d’elles. « Si on envoyait de jeunes garçons ou des hommes, ils seraient systématiquement suspectés de faire passer de la drogue ou des armes et seraient fouillés durant des heures. Nous, vieilles femmes, on passe partout », explique l’une d’entre elles, prénommée Mounia. Ces femmes qui sont payées cinq euros par trajet par les commerçants de Sebta, tentent de faire le plus de traversées avec le plus de marchandises possibles. Telles des bêtes de somme, « le dos courbé, recroquevillées sur elles-mêmes sous des kilos de camelotes », elles ont pour mission d’aider à l’acheminement de la marchandise vers les échoppes des souks marocains. En sens inverse, employées par des Marocains elles transportent produits agricoles et épices. « Bousculades, évanouissements, insolation et piétinements sont leur lot quotidien ». (Anne Collet, Blog La condition féminine dans le monde, Courrier international, 30.07.2009)
– Algérie : Mohand Aziri : La contrebande brasse deux milliards de dollars par an : Le Maghreb aux mains de la mafia, El Watan, 18 mai 2009 (Au Maroc, pour le roi comme pour le Marocain lambda, la réouverture des frontières terrestres avec l’Algérie est devenue presque une « cause nationale ». « En réitérant son attachement à l’ouverture des frontières entre deux peuples frères, le Maroc est loin d’en banaliser l’objectif et de le réduire à quelque avantage étriqué ou à un intérêt exclusif », déclarait Mohammed VI en janvier dernier à Doha. A Alger, on prend la mesure du temps, en privilégiant une approche globale des relations entre les deux Etats. « La réouverture des frontières du côté algérien n’est pas exclue, mais elle n’a pas, pour nous, un caractère d’urgence », affirmait le ministre de l’Intérieur, Noureddine Yazid Zerhouni, en mars 2008. Dans quel registre faut-il ranger la demande de Sa Majesté le roi ? Est-ce l’expression de réels besoins économiques, ou serait-ce une manœuvre diplomatique ? « La proposition marocaine s’apparente à un piège », écrit Mustapha Séhimi dans Maroc Hebdo.)
– Kosovo : Nebih Maxhuni et Arben Hyseni : Kosovo : le scandale de la contrebande des médicaments, Traduit par Nerimane Kamberi pour lke Courrier des balkans., 16 avril 2009 (=Près de 60% des médicaments qui entrent aux Kosovo sont issus de la contrebande. Après avoir été achetés auprès de l’Agence kosovare pour les produits médicaux (AKPM), les étiquettes et les certificats sont revendus sur le marché noir. Les produits qui en bénéficient échappent donc aux contrôles sanitaires. En plus de mettre en danger la vie des citoyens du Kosovo, ce trafic grève le budget de l’État puisque les médicaments de contrebande échappent aux taxes.)
– Lettonie : Un pipeline pour passer de l’alcool russe de contrebande en Lettonie : Les gardes frontières lettons et russes ont découvert un pipeline, long d’un kilomètre, par lequel des milliers de litres d’alcool étaient acheminés en contrebande vers les pays Baltes, a indiqué lundi à l’AFP le service de presse des gardes frontières lettons. Ce pipeline s’étendait sur quelque 450 mètres du côté de la Lettonie et sur 550 mètres du côté de la Russie, a précisé un porte-parole, soulignant que c’était la première fois qu’un tel système de contrebande était découvert dans cette ancienne république soviétique. Des gardes frontières russes ont saisi deux tonnes d’eau de vie dans une maison du côté russe et ont arrêté un homme, titulaire d’une carte de séjour lettonienne, qui l’habitait, ont-ils ajouté. Deux cent litres d’eau de vie ont pu être récupérés, après avoir été pompés dans le pipeline. (Nestscape Infos, 4 août, 2003)
– Lybie Luc Mampaey, Federico Santopinto: « Opération Parabellum » Réseau Voltaire, 2009-12-02 (Enquête sur un trafic d’armes aux sommets de l’État libyen. Une affaire pénale a conduit le procureur anti-mafia de Pérouse (Italie) à révéler l’achat de 500 000 fusils d’assaut chinois et de leurs munitions par des négociants italiens à la demande de proches du colonel Khadafi. L’importance de ce transfert d’armes et la qualité des responsables impliqués à Tripoli laissent à penser que la Libye entend armer discrètement des protagonistes au Proche-Orient ou en Afrique.)
– Bosnie : Mirsad Fazlic : Le surplus d’armes de Bosnie vole illégalement vers l’Afrique et le Moyen-Orient, Traduit par Nihad Hasanovic, Slobodna Bosna, 27 mars 2008 (Un journaliste de Slobodna Bosna a réalisé une enquête approfondie sur plusieurs scandales internationaux, dans lesquels la Bosnie-Herzégovine a été dénoncée en tant que pays vendant des armes aux régimes dictatoriaux les plus rigides du monde. Qui est le mystérieux businessman belgradois Tomislav Damjanovic, le logisticien de Miloševic à l’époque de la guerre, qui vend des armes de Bosnie-Herzégovine dans le monde entier ?)
– Japon : Commerce illégal avec la Corée du Nord : La police japonaise a effectué des perquisitions vendredi dans les locaux de deux maisons de commerce nippones. Ces dernières auraient exporté vers la Corée du Nord un lyophilisateur permettant de fabriquer des armes bactériologiques. Selon les agences Jiji et Kyodo, ce matériel a été exporté via Taïwan en septembre 2002. Ces machines, normalement utilisées par l’industrie agro-alimentaire, font l’objet de strictes restrictions à l’exportation, car elles peuvent aussi être employées pour cultiver des bactéries sur une longue période afin de produire des armes de destruction massive. L’une des entreprises visées est la société Seishin Shoji, spécialisée dans l’import-export de produits alimentaires avec la Russie et la Corée du Nord. La police a confirmé avoir effectué des perquisitions, mais n’a fourni aucun détail supplémentaire. Selon les médias nippons, une dizaine de sites ont été fouillés par les enquêteurs dans tout le pays. D’après Kyodo, la police a découvert par hasard ce cas d’exportation illégale en enquêtant, en mars 2003, sur le vol de 290 bicyclettes dans la préfecture de Yamaguchi . Ces vélos avaient été ensuite été convoyés en Corée du Nord par Seishin Shoji. (Libération.fr) 17 février 2006
– L’afrique du sud acceuille une reunion sur les diamants du sang – Les participants au Processus de Kimberley, initiative mondiale visant à réduire le commerce illégal des diamants en Afrique, se rencontrent en Afrique du sud jusqu’à vendredi pour évaluer les progrès observés et nommer un nouveau directeur. Près de 70 pays sont représentés à cette réunion plénière du Processus de Kimberley, étalée sur trois jours dans la station balnéaire de Sun City, à 150 km au nord-ouest de Pretoria. Le Processus de Kimberley, du nom de cette ville d’Afrique du Sud, lancé en 2000, rassemble des pays désireux de mettre un terme au trafic de diamants bruts alimentant les conflits, notamment en Afrique. Il a établi en février un système de certification assorti d’une série de contrôles et de suivi du diamant, des mines aux ateliers de polissage. Soutenu par les Nations unies, le processus de Kimberley prévoit notamment une certification et une traçabilité des diamants afin de lutter contre « les diamants de la guerre », ou « diamants du sang », soumis à un embargo. Actuellement, la présidence du Processus est assurée par un représentant de l’Afrique du Sud, grand producteur de diamants, dont le mandat expire à la fin de cette année. « La succession au poste de président et la nomination du vice-président feront partie des points abordés, ainsi que les mécanismes de surveillance et de contrôle, les statistiques concernant le commerce et la fixation d’objectifs à atteindre pour le processus de Kimberley. 29/10/03
4. La guerre de l’information et la défense de nos entreprises – Infowar – La guerra de la información
Mohamed Boutafah : Al Qaîda exploite 6000 sites Web, L’Expression, 24 Juin 2009 (Des sites bien élaborés, riches en couleurs et en images et attirant des millions de visiteurs.)

– Le cybercrime coûterait près d’un billion aux compagnies : Selon la première étude mondiale sur la sécurité de l’économie de l’information dévoilée par la compagnie McAfee, les pertes des entreprises liées aux cybercrimes ont dépassé l’an dernier le millier de milliards de dollars. Intitulée «Rapport de McAfee sur les économies non sécurisées et protection des informations stratégiques», l’étude souligne que la crise financière mondiale met plus que jamais en danger les informations vitales. Menée auprès de 800 compagnies aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Allemagne, au Japon, en Chine, en Inde, au Brésil et à Dubaï, le rapport indique que les entreprises consultées auraient perdues l’an dernier 4,6 milliards de dollars américains en propriété intellectuelle et dépensé environ 600 millions de dollars pour réparer les dommages liés aux différents crimes informatiques. «Ce rapport est un avertissement, car la crise économique actuelle nous entraîne vers une débâcle mondiale des informations vitales. La pression économique accrue oblige les entreprises à réduire leurs dépenses et leur personnel, ce qui affaiblit leurs défenses et ouvre davantage d’opportunités au cybercrime. Il faut arrêter de considérer la sécurité comme un poste de dépense, et comprendre qu’elle est en fait un atout professionnel», a déclaré Dave DeWalt, président et CEO de McAfee par voie de communiqué. Technaute.ca 30 janvier 2009
– Le FBI enquêterait sur un piratage informatique visant Citigroup La police fédérale américaine, le FBI, enquête sur une attaque cybernétique contre la banque américaine Citigroup qui aurait conduit au vol de dizaines de millions de dollars, rapporte mardi 22 décembre le Wall Street Journal, provoquant un démenti véhément de Citi. L’attaque, qui aurait été menée l’été dernier par des pirates liés à la mafia russe, visait Citibank, une filiale de Citigroup qui comprend notamment les activités de banque de détail aux Etats-Unis, précise le quotidien financier américain, citant des sources gouvernementales non identifiées. Selon les responsables cités par le journal, des pirates ont aussi attaqué deux autres entités américaines, dont une agence gouvernementale non spécifiée. Outre le FBI, l’Agence de sécurité nationale, qui est la branche renseignement du Pentagone, et le département de la sécurité intérieure enquêtent sur ces attaques. Ces informations ont provoqué un démenti catégorique de Citigroup. « Les allégations du Wall Street Journal sur une introduction dans le système de Citi et des pertes consécutives sont fausses », affirme la banque dans un communiqué. « Toute allégation selon laquelle le FBI travaillerait sur Citigroup et sur une faille dans son système résultant en dizaines de millions de dollars de pertes est fausse », insiste la banque, qui affirme qu’il n’y a eu « aucune faille et aucune perte associée ». « Nous prenons continuellement des mesures pour protéger nos clients contre la fraude, et nous avons des procédés de détection à la pointe de la technologie pour empêcher les activités frauduleuses », ajoute la banque. LEMONDE.FR avec AFP | 22.12.09
– Le programme Conficker défie les meilleurs experts en sécurité : « Tel un vaisseau fantôme, un programme informatique nuisible, apparu sur Internet en novembre 2008, a déjoué les efforts des meilleurs experts en sécurité pour l’éradiquer et déterminer son origine et sa finalité. Il met en évidence des faiblesses importantes de l’infrastructure numérique mondiale », rapporte le quotidien new-yorkais. Ce programme, baptisé Conficker, aurait déjà infecté plus de 5 millions d’ordinateurs dans 200 pays. Des experts de l’industrie, de la recherche et du gouvernement américain n’en sont pas venus à bout. Courrier international, 28 aout 2009
– Pékin dément être à l’origine de cyberattaques contre Google : « La Chine est la première visée par les attaques informatiques », titre le quotidien pékinois anglophone, vitrine officielle du régime à l’étranger. Zhou Yonglin, un des membres du gouvernement chargé de la sécurité informatique, dément les accusations de Google selon lesquelles des pirates informatiques chinois auraient attaqué les serveurs de la société californienne. Bien au contraire, il affirme que le réseau chinois est la cible régulière d’attaques étrangères, pour une bonne part venues des Etats-Unis. China Daily, 25.01.2010
– Le guide du cyber détective : Rédigé par un détective privé spécialisé dans les investigations informatiques et électroniques, cet ouvrage présente de manière claire et pratique les techniques utilisables pour la recherche d’information sur Internet, la cyber-surveillance en entreprise ou à domicile, la restauration et l’analyse de traces informatiques, ainsi que les méthodes pour prévenir ou contrer ces techniques. Outre les professionnels de l’investigation désireux de se former en informatique, ce livre intéressera tout utilisateur curieux de mieux connaître son ordinateur et ses implications sur la protection de ses données et de sa vie privée. Editions CCI de Liège 2005
5. Autres

GRAND BANDITISME – L’explosion des « go fast » par bateau : Les nouvelles routes de la cocaïne – celles de l’Afrique de l’ouest, qui remontent ensuite sur le Maghreb – ont permis aux cartels d’alimenter directement les pays de l’Europe méridionale sans avoir à transiter par les habituels relais du Benelux. Pour les convoyeurs, le passage le plus délicat est celui du Maroc vers l’Espagne ; car depuis quelques années, sous la pression européenne, les autorités ibériques ont considérablement renforcé les contrôles sur les ferries. Pour mettre toutes les chances de leur côté, les trafiquants les plus puissants n’hésitent plus à appliquer en Méditerranée les procédures ayant fait leurs preuves en Floride, par exemple. Ils affrètent des bateaux rapides qui, via les Baléares, font jonction avec les côtes françaises : un mode opératoire en pleine expansion, selon un bon connaisseur du trafic de drogue dans la région marseillaise. Aujourd’hui, l’Espagne demeure le pays « refuge » du banditisme français, et cela pour deux raisons : depuis plusieurs dizaines d’années, il y est plus facile qu’ailleurs de blanchir l’argent de la drogue dans l’immobilier. Par ailleurs, les truands chevronnés y sont en contact direct avec les correspondants des grandes organisations criminelles d’Amérique latine. La région de Malaga, dans le sud du pays, est depuis longtemps déjà le paradis de la pègre française. « La plupart des caïds lyonnais de l’ancienne génération sont très implantés en Espagne et au Maroc », note un policier. « Ce qu’il faut bien comprendre, explique un spécialiste marseillais de la pègre, c’est que le milieu est aujourd’hui très à l’aise avec les mécanismes de la mondialisation. Il se distingue de la délinquance montante issue des banlieues par sa capacité à placer des fonds au Luxembourg ou en Suisse. Il acquiert les services d’hommes de loi et élabore des montages financiers extrêmement difficiles à décortiquer. Le milieu corse, par exemple, est rompu aux opérations financières de dimension européenne. En terme d’échelle des sommes en jeu, je peux vous dire que l’on est loin du trafic de drogue dans le quartier de la Castellane ou dans les « quartiers » de Fontaine, près de Grenoble »! Rédaction du DL, 11/03/09
A bientôt pour la deuxième partie « du monde caché des affaires ou le monde des affaires cachées… »
source : fsa.ulaval.ca/personnel/vernag





