lundi, octobre 5, 2026
Google search engine
AccueilActualitéMinistère des Transports : Quand Gilbert abandonne les ex-travailleurs d'Air Afrique

Ministère des Transports : Quand Gilbert abandonne les ex-travailleurs d’Air Afrique

A la liquidation d’air Afrique le 25 avril 2002, les États membres n’ont pas de plan commun pour le règlement des droits sociaux des travailleurs. Le personnel est scindé en deux groupes et traité différemment en fonction du lieu de résidence des travailleurs. C’est là que certains États vont faire de la discrimination en ne satisfaisant que leurs nationaux. C’est ainsi que les 237 Burkinabè qui travaillaient au siège de la multinationale à Abidjan se sont retrouvés abandonnés. C’est à l’État burkinabè de s’occuper de ses nationaux. Neuf années après, leur situation ne semble pas avoir beaucoup évolué malgré quelques timides efforts du gouvernement burkinabè.

En octobre 2009, suite à la question orale du député Louis Armand Ouali, le ministre Gilbert Noël Ouédraogo expliquait qu’ils ont reçu entre août 2002 et octobre 2009, un montant de 1 milliards 434 millions. Ce qui a permis à 47 d’entre eux de voir leurs droits totalement soldés. Il reste donc 190 dont les droits restants dus s’élèvent à 3 milliards 600 millions de F CFA. Pour faire face à ses obligations, l’État a créé en 2002 la Régie Administrative Chargée de l’Assistance en escale (RACGAE). Selon le ministre, cette régie  » a permis de sauvegarder les emplois et de redéployer l’ensemble des agents vers l’activité résiduelle d’assistance en escale ? ». Dans la réalité, cela ne concerne qu’une infime minorité des travailleurs burkinabè expatriés. Ils comptent néanmoins sur cette régie pour recouvrer le reliquat des droits à payer comme promis par l’État. Et c’est là qu’il y a problème. Pour le ministre, les ressources de la RACGAE basées sur les recettes d’assistance ne peuvent pas à elles seules couvrir le règlement en une traite de la somme de 3 milliards 600 millions. Ce qui est juste et non contesté par les travailleurs.

En outre, la régie devrait, selon le ministre, renouveler impérieusement son matériel d’assistance en escale « ?pour la plupart amorti, vétuste et insuffisant ? » réquisitionné de la défunte Air Afrique. Ce matériel daterait de 20 à 30 ans. Au regard de ces contraintes, le gouvernement a autorisé la régie « à explorer auprès de ses partenaires financiers la possibilité de s’engager à moyen terme afin de mobiliser la somme de 2.500.000.000 FCFA pour accompagner les ex-travailleurs à opérer une reconversion professionnelle pour mieux s’insérer dans la vie active ? ». Voilà ce qui avait été décidé. Mais il va y avoir des revirements préjudiciables pour les ex-travailleurs.

D’abord, les responsables de la régie veulent amputer 500 millions dans les 2, 5 milliards, pour, disent-ils, l’acquisition du matériel d’exploitation. Or, il se trouve que le montant introduit auprès des banques et qui a servi de base au business plan demandé par les ex-travailleurs est celui de 2,5 milliards pour le personnel de l’ex-Air Afrique et 500 millions pour l’acquisition du matériel d’exploitation. Une banque de la place a accepté ce financement, moyennant un intérêt de 8,5% pour le problème social et 9,25% pour l’acquisition du matériel. On va assister par la suite à ce qui s’apparente à un coup de théâtre?: les responsables de la régie vont porter l’évaluation des besoins d’investissement en matériel d’exploitation à un milliard. Pour les ex-travailleurs, cette évaluation est exagérée. Ils se fondent sur la dernière session 2010 du comité de gestion de la régie qui faisait état d’un besoin d’investissement de 386 millions, à raison de 240 millions TTC pour l’élévateur et 146 millions pour le complément de matériel réformé commandé chez Air France. Conséquence, la prime de rapatriement des ex-travailleurs, des veuves et enfants dont le paiement avait été accepté par le ministre des transports est aujourd’hui remise en cause. Pour boucler la boucle, le financement même est aujourd’hui incertain.

En effet, de nouvelles charges viennent réduire la capacité d’endettement de la régie ? : augmentation de la masse salariale avec le recrutement d’une cinquantaine d’agents, signature d’un moratoire pour le reversement d’environ trois ans d’IUTS retenue sur la paie du personnel, l’achat à tempérament du matériel d’exploitation rénové à Air France. Les ex-travailleurs burkinabè expatriés à Abidjan ont l’impression qu’il y a des gens à la RACGAE qui ne veulent pas l’apurement de leurs dettes sociales. Ils soupçonnent leurs ex-collègues locaux qui dirigent la régie d’être derrière les multiples obstacles dressés sur le chemin du financement promis. Dans une lettre adressée à leur ministre de tutelle le 12 février dernier, ces « Burkinabè d’Abidjan ? » regroupés dans une association dénommée « ?La Famille? » rappellent les précédents couacs entre eux et leurs ex-collègues restés au Burkina.

Ces derniers auraient affirmé que les ressources de la régie appartiennent exclusivement à ceux qui y travaillent, c’est-à-dire à eux seuls. Le ministre est resté silencieux face à cette remise en cause de ses propres engagements. Est-ce lui qui décide ou les responsables de la régie, se demandent les ex-travailleurs d’Abidjan. Ils souhaitent que le ministre aille dans la direction qu’il avait choisie en 2009 devant l’Assemblée nationale. Ce serait aller dans le même sens de l’orientation générale du nouveau gouvernement de Luc Adolphe Tiao. A moins que ce ne soit du bluff.

Idrissa Barry

Évènement-bf.net

RELATED ARTICLES
- Advertisment -
Google search engine

Most Popular