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Microfinance au Burkina Faso : Apprendre à gérer le risque

L’Organisation internationale de la Francophonie organise du 23 au 25 septembre 2009 à Ouagadougou, en partenariat avec l’Association professionnelle des institutions des microfinance (APIM), un atelier de formation au crédit.

La microfinance se prémunit contre les risques d’impayés. Ce système financier qui permet aux pauvres d’avoir leur banque a besoin d’assurer sa pérennité, sa viabilité financière et sa professionnalisation. C’est dans ce contexte que l’OIF a réunit à Ouagadougou, une quarantaine d’agents de crédit issus des Institutions de microfinance (IMF) en vue de les former à mieux découvrir leurs clients et à minimiser les risques. Prévue sous le thème : “Le crédit : de l’approche client à la gestion du risque”, la présente formation vise une meilleure connaissance du client par les agents chargés du crédit. “Nous avons satisfaction dans la majorité des cas à poursuivre l’activité de crédit au profit des personnes n’ayant pas accès au système bancaire classique ou éloignées des centres financiers. Nos clients remboursent très bien même s’il y a parfois des difficultés. Dans notre secteur, les taux de remboursement dépassent 92%”, explique Mahamadou Ouédraogo, président de l’APIM.
Pour lui, les IMF ne peuvent tolérer des débiteurs insolvables. D’où le recours à la sensibilisation, à l’information en vue de ramener les brebis égarées dans l’enclos. D’autant plus que le crédit constitue l’activité microfinancière déterminante des MF. Il importe donc de maîtriser le volume des impayés.

Cela est indispensable pour la survie de tout opérateur. “Si plusieurs causes peuvent expliquer la hausse des taux des impayés, la plus probante est la faiblesse du savoir-faire dans la gestion du crédit”, a martelé Mme Kani Herault, chef de projet coopération internationale de la Fédération nationale des caisses d’épargne, partenaire du présent atelier.

Dans ce contexte, elle ajoute alors que cela corrobore l’adage : “il n’y a pas de mauvais client, il n’y a que de mauvais crédit”. C’est justement pour ne pas accorder de crédits “toxiques” que l’APIM prend les devants en encourageant ses membres à travailler à une approche nouvelle basée sur les méthodes de vente, de découverte et de connaissance du client. Une option que le secrétaire général de la Commission nationale de la Francophonie, Dramane Konaté, a salué en ces termes :”Cette nouvelle méthode de crédit (…), basée sur la découverte du client, son accompagnement, une structuration de la réflexion pour mieux cerner les problèmes du client, est une approche innovante pour le secteur et riche de promesses et de résultats”. Toute chose qui va aider à prévenir et à gérer le risque. Dans le cadre du microcrédit, le risque peut provenir du non remboursement des crédits pouvant conduire à des problèmes graves de gestion. “C’est une méthode que nous pratiquons depuis près d’une décennie. On s’est aperçu qu’avec une meilleure connaissance du client et de ses données, on appréhende mieux le risque”, précise l’un des formateurs, Franck Letellier.

Cet élan permet de pérenniser le crédit et de fidéliser la clientèle. A l’image des banques, les IMF ont besoin d’être sûres de recouvrer les prêts accordés aux clients afin de pouvoir continuer à faire du crédit, poursuit M. Letellier. Le risque est comme un épée de Damoclès (roi des orfèvres) qui plane sur la tête des IMF. En ce sens que le secteur encourt constamment le danger dû aux impayés. “On ne peut pas éviter le risque. Quand on monte dans sa voiture, on sait qu’à tout moment, on peut avoir un accident. Il faut donc prendre conscience qu’il y a des choses qui nous amènent à envisager des mesures pour éviter au maximum le risque. Pour notre automobiliste, il s’agit d’entretenir son véhicule”, observe le formateur. Pour la microfinance, il s’agit d’assurer sa survie en prenant des garanties pour se mettre à l’abri de l’insolvabilité de ses clients. Environ, 1,6 million de Burkinabè ont recours à la microfinance qui a mobilisé l’an passé une épargne de 69 milliards de F CFA avec un encours de crédit de 59 milliards de F CFA. Près de 319 IMF opèrent sur toute l’étendue du territoire national.

S.N. COULIBALY

Source : sidwaya.bf

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