Le Niger, grand producteur d’uranium, ambitionne de construire une centrale nucléaire à vocation sous-régionale avec les autres pays d’Afrique de l’ouest, a annoncé son président Mahamadou Issoufou, qui célébrait samedi soir ses cent jours à la tête du pays.
« Il n’est pas exclu qu’on fasse recours au nucléaire dans un cadre régional » a-t-il déclaré au cours d’un débat avec la presse nationale et internationale à Niamey.
Le nucléaire constitue aujourd’hui « l’énergie la plus sûre, qui a le cout le plus faible » a encore dit le président Issoufou, ingénieur des mines de formation et ancien cadre des sociétés de production d’uranium au Niger.
Sous la tutelle de la junte militaire au pouvoir de février 2010 à avril 2011, des professionnels nigériens et des experts internationaux avaient déjà mis la dernière touche sur un programme électronucléaire susceptible de produire en quantité suffisante et à moindre coût de l’électricité au Niger.
Cependant, a réitéré le président Issoufou, le projet de construction d’une centrale nucléaire se « fera avec les autres pays de la CEDEAO, dans un cadre régional », car les besoins du Niger en électricité qui tournent autour de 200 à 400 mégawatts ne nécessitent pas la construction d’une telle infrastructure.
Par le passé, rappelle-t-on, la Korean hydro and nuclear power (KHNP), une société sud coréenne d’électricité a fait part de son désir d’aider le Niger à disposer d’une centrale nucléaire pour développer son secteur minier notamment dans le domaine de l’uranium.
« Le Niger est l’un des principaux producteurs mondiaux d’uranium et les 40% de l’énergie que nous produisons proviennent du nucléaire. Nous avons donc besoin d’uranium pour alimenter nos centrales » avait indiqué Kim Jong Shin, le président de la KHNP, lors d’une visite à Niamey.
La KHNP est une société publique spécialisée dans la production d’énergie hydro nucléaire, qui veut « nouer des relations de coopération dans le domaine de l’énergie et du nucléaire entre nos deux pays » a-t-il expliqué.
Selon son président, la KHNP dispose de 20 centrales nucléaires, 8 sont en construction et 12 autres en projet et la compagnie veut avoir 40 centrales nucléaires d’ici 2030.
Pays pauvre mais dont le sous-sol est très riche en uranium, le Niger a rejoint en 2010 le Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale d’énergie atomique (AIEA), au sortir de l’assemblée générale de cette agence, tenue à Vienne, en Autriche, face à quatre autres pays concurrents.
Avec une production annuelle aux alentours de 3000 tonnes , ce pays est le 3ème producteur mondial d’uranium après le Canada et l’Australie. Mais l’essentiel de sa production d’uranium au est contrôlée par la France, par le biais de l’entreprise AREVA, adjudicataire en janvier 2009 de l’exploitation d’une nouvelle mine à Imouraren.
L’exploitation, dans un proche avenir, du gisement d’Imouraren, au nord d’Agadez, deuxième gisement au monde, après le Canada, placera le Niger au deuxième rang mondial des pays exportateurs d’uranium.
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