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L’UMOA forge bouclier contre potentielles crises financières

L’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), la zone CFA de l’Afrique de l’Ouest, veut parer à toute potentielle crise financière. Elle choisit de créer un Comité de stabilité financière (CSF-UMOA). Pour Philippe-Henri Dacoury-Tabley, gouverneur de la BCEAO, la stabilité financière est recherchée et doit être maintenue à tout prix.

« La stabilité financière est quelque chose de recherché que nous devons à tout prix maintenir. C’est un objectif, nous devons faire en sorte que le système financier, le système bancaire, les assurances que tous ces systèmes restent stables et qu’il n’y ait pas de perturbation ». Ample explication fournie par Philippe-Henri Dacoury-Tabley, gouverneur de la Banque centrale de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) émetteur du franc Cfa, alors que les instances de l’Umoa signent, le 20 mai dans la capitale togolaise, le protocole d’accord de création du Comité de stabilité financière (CSF-UMOA), marquant ainsi la concrétisation de la volonté des chefs d’Etat et de gouvernement qui ont donné mandat, à la BCEAO en janvier 2009, de prendre les mesures nécessaires, propres à prévenir la propagation à l’Union d’éventuelle crises financières. Une mesure bienvenue, du fait que l’Euro auquel est arrimé le franc CFA est en pleine tourmente face au dollar et on craint les conséquences probables sur les économies, le secteur financier et bancaire de la zone UMOA. « C’est un objectif. Nous devons faire en sorte que le système financier, le système bancaire, les assurances que tous ces systèmes restent stables et qu’il n’y ait pas de perturbation », a indiqué le patron de la BCEAO qui se persuade que la mise en place de ce Comité va permettre une meilleure régulation des champs de compétences qui, aujourd’hui, sont confiés à différents organismes. Sa conviction : « Les retombées seront forcement bonnes pour l’économie, les secteurs concernés et la population entière ».

La crise financière mondiale a servi d’aiguillon

Selon Philippe-Henri Dacoury-Tabley, la crise financière qui vient de se dérouler, et dont les conséquences sont encore visibles, « donne à réfléchir ». Il fait noter la constatation que les préoccupations au niveau de chaque régulateur n’étaient jusque-là pas sorties des champs des secteurs. La BCEAO s’est limitée en ce qui concerne les banques et la microfinance, la Conférence inter-africaine des marchés d’assurances (CIMA) aux assurances, tandis que la Conférence inter-africaine de la prévoyance sociale (CIPRES) s’est cantonnée aux questions de sécurité sociale et le Conseil régional des marchés publics au marché régional. José Mario Vaz, ministre des Finances de la Guinée-Bissau et président du Conseil des ministres de l’UMOA, a qualifié ce nouveau cadre de concertation entre régulateurs et superviseurs du secteur financier d’ « avancée majeure » dans le renforcement du dispositif de règlementation et de surveillance du secteur financier de la zone qui place l’UMOA au rang de « pionnière » en la matière en Afrique subsaharienne. La mise en place du CSF-UMOA, à son avis, est un « signal fort » aux partenaires extérieurs qui verront dans l’acte posé « la capacité de l’Union à mettre en place des dispositifs endogènes pour faire face aux défis d’un secteur financier soumis à des remous récurrents ». Au delà de tout, le gouverneur de la Banque centrale, fait comprendre que la maîtrise du secteur avec un instrument de stabilité se heurte à un débat sur le choix entre les micro-régulations et une macro-régulation pour éviter qu’il y ait des contaminations de secteur à secteur.

Fin d’un long débat de choix entre micro-régulations et macro-régulation

«On a choisi que chacun reste dans son domaine mais que nous allons coordonner cette régulation », a confié le gouverneur de la BCEAO, reçu en invité le 19 mai au journal de la télévision nationale togolaise (TVT), à propos du CSF-UMOA qui, a-t-il rassuré, constitue un outil précieux pour mieux cerner les risques potentiels sur la stabilité financière et offre une excellente visibilité en vue d’une réaction rapide et adaptée en cas de difficulté. Ce choix a plus pesé au regard de l’évidence que quand les crises se déclenchent elles ne se cantonnent pas à un secteur financier déterminé, mais se propagent d’un segment à un autre. « La régulation ne doit pas être uniquement micro-prudentielle, la régulation doit se faire à un niveau général », s’est défendu M. Dacoury-Tabley. Une position qui l’a emporté dans un méli-mélo de visions avec un camp qui préconise un organe de régulation englobant tous les organes de régulation du secteur financier existant aujourd’hui, et un autre qui recommande plutôt de laisser à chacun sa spécificité mais en faisant une coordination de manière à avoir une vue sur l’ensemble du secteur. Sur le plan international, le débat est loin de prendre fin, alors que l’UMOA a plutôt vite tranché. « On a dit, que chacun conserve sa spécificité mais coordonnons nos actions pour que nous soyons à même d’avoir une vue sur l’ensemble du secteur financier de notre zone », a conclu le patron de la BCEAO.

Par Olivier TOVOR, Lomé

Source : lesafriques.com

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