Huit ans après la liquidation d’Air Afrique, ses ex-travailleurs qui étaient affectés à son siège à Abidjan réclament toujours leurs arriérés de salaire depuis octobre 2000 et leurs droits légaux qui ne seraient même pas encore calculés. Las de cette situation, ces ex-travailleurs se sont invités à l’Assemblée générale de la Banque africaine de développement (Bad) qui s’est tenue à Abidjan les 27, 28 et 29 mai derniers, à travers un sit-in. Les ex-travailleurs d’Air Afrique déclarent qu’à cause de cette situation, 500 d’entre eux sont morts, des familles sont éclatées et abandonnées, des enfants déscolarisés et des malades chroniques sont laissés sans soins minimums depuis huit ans.
Les ex-travailleurs d’Air Afrique dénoncent, huit ans après la liquidation de la compagnie aérienne, ils sont dans une épouvantable misère, et cette situation sème la désolation et la mort dans leurs rangs. Selon eux : ‘’Par un long processus d’endettement d’Air Afrique initié par l’Agence française de développement (Afd) et aggravé par un doublement mécanique de sa dette auprès de la Banque africaine de développement (Bad) lié à la dévaluation du franc cfa, alors que des mesures particulières ont été prises pourtant en faveur des sociétés africaines, la liquidation inique de la multinationale est enfin obtenue, abandonnant ses ex-agents dans la souffrance et la misère, sans le paiement de leurs droits légaux.’’
Ils poursuivent : ‘’ Les dirigeants africains, en dépit de la déconfiture du transport aérien sous régional, n’ont pas pris non plus, leurs responsabilités constitutionnelles de Chefs d’Etat et de Gouvernement, avec pour conséquences macabres, plus de 500 morts, des familles éclatées et abandonnées, des enfants déscolarisés et des malades chroniques laissés sans soins minimum, depuis huit ans. ’’
Ils déclarent que le président de Côte d’Ivoire qui se trouve être le président de la Conférence des chefs d’Etat et de gouvernement d’Air Afrique n’a pas daigné donner suite à la trentaine de demandes d’audience introduites par eux auprès de lui. Pourtant, soutiennent-ils, c’est le président Gbagbo lui-même qui, dès le 11 janvier 2002, les rassurait de vive voix qu’il allait ‘’veiller au respect strict de leurs droits légaux, conformément à la décision de la Conférence des chefs d’Etat’’.
Malgré cette assurance, ils indiquent que le président Gbagbo ordonnera ‘’à la liquidation judiciaire de ne pas payer les droits des ex-agents étrangers affectés en Côte d’Ivoire.’’ Ainsi : ‘’Toutes les tentatives des ex-agents et de leurs syndicats pour réclamer le paiement de leurs droits ont essuyé le mépris des actionnaires étatiques et privés de la société. Ainsi, en violation de droits irréfragables, des familles de travailleurs expatriés sont brutalement expulsées des maisons d’Air Afrique et jetées à la rue sans assistance.’’
Les ex-travailleurs déclarent qu’ils sont ‘’méchamment’’ privés du minimum vital et tous leurs ‘’recours pour emprunter la voie d’une réparation sage et acceptable de cette injustice, sont restés désespérément vains.’’
‘’Pourtant, martèlent-ils, les activités résiduelles d’Air Afrique, autorisées par le Tribunal d’Abidjan, génèrent suffisamment de ressources financières pour payer tous les travailleurs.’’ C’est pourquoi, ils exigent : ‘’Le paiement immédiat en francs cfa, à titre d’avance, des six milliards (6.000 000 000) chacun, réclamés à l’Afd, à Air France et à la Bceao, et devant servir à apurer les arriérés de salaires des travailleurs d’Air Afrique, en Côte d’Ivoire.’’
Par Mayaram
Source : nettali.net




