Des leaders d’organisations
paysannes (Op) du
Burkina dénoncent la non
harmonisation des unités
de mesures de quantités et
de pesées des produits agricoles sur
les marchés. Réunis à Ouagadougou
du 27 au 30 septembre 2011 à la
faveur d’un atelier de réflexion sur
comment mettre la communication
au service de la commercialisation
des produits agricoles, ces derniers
ont passé en revue les problèmes qui
minent la mise en marché de leurs
produits agricoles.
Un poids, des mesures !
Dans l’enlèvement des produits
agricoles, la négociation entre
producteurs et acheteurs est ardue et
souvent ponctuée de contestations
diverses. Entre vendeurs et
acheteurs, il n’y a presque jamais
d’accord sans querelle. Pour cause :
les tentatives de tricherie autour des
unités de mesure qui ne font pas
toujours l’unanimité. On identifie
parfois sur un même marché
plusieurs pratiques et unités de
mesures pour un même produit
agricole. «Toutes orchestrées par les
acheteurs pour piller les paysans»,
avance Moussa Joseph Dagano,
président de la Fédération Nian Zwè,
une organisation paysanne régionale
intervenant dans le Centre-Ouest.
Les unités changent d’un produit à
un autre. «Quand on prend l’oignon,
l’unité de mesure c’est le sac qu’on
estime à 100kg. Mais quand on le
remplit et qu’on mesure sur une
balance, ça va jusqu’à 120kg. C’est
le producteur qui perd. Même chose
avec la tomate. La petite caisse est
supposée contenir 50kg de tomate,
mais sur la balance, on se rend
compte que ça va jusqu’à 70kg. Le
producteur perd ainsi 20kg par
caisse», témoigne Soumaïla Kindo,
animateur principal de l’association
nationale des producteurs de haricot
vert (ANPHV).
Le kilo salvateur
Face à une telle situation qui fragilise
les paysans, les leaders d’Op
revendiquent une harmonisation
nationale des unités de mesure au
kilo. «Au vrai kilo, s’empresse de
préciser Abou Tagnan de la
fédération Nununa, une Op
intervenant dans le karité. Car même
les balances sont souvent
trafiquées», justifie-t-il. En attendant
une action d’envergure nationale, il
appartient à chaque Op de travailler à
mieux contrôler les pesées en
introduisant la balance depuis la
collecte des produits auprès de leurs
membres à la base jusqu’à
l’enlèvement par les acheteurs
extérieurs. «Si on utilise le kilo et que
le producteur constate
qu’effectivement il gagne plus, il
exigera toujours l’utilisation de la
balance», assure Abou Tagnan.
NAB
L’Evènement




