APA – Ouagadougou (Burkina Faso) La fraude fragilise les unités industrielles de Bobo Dioulasso, la seconde ville et capitale économique du Burkina Faso, a estime la Coordination des travailleurs de l’industrie pour la lutte contre la fraude (CTILCF) de la seconde ville du pays dans un communiqué transmis lundi à APA.
Estimant que la situation des industries de Bobo Dioulasso est’’ très critique’’, au regard des vagues de licenciements et autres menaces de fermetures d’unités, la coordination a décidé d’engager la bataille pour sauver le tissu industriel de la capitale économique du Burkina Faso.
Selon les chiffres communiqués par ladite coordination, de 21 987 travailleurs en 2000 dans les unités industrielles, il n’en restait plus que 16 104 en 2008, sans compter les récentes compressions opérées dans quelques sociétés de la ville.
Les employés des industries de Bobo-Dioulasso refusant de perdre leur emploi à cause de la fraude, ont mis en place en maBrs 2005, la CTILCF pour interpeller le gouvernement sur ce fléau, considéré comme un danger social et économique et sensibiliser la population sur la nécessité du consommer local.
La Coordination réaffirme son ambition à préserver coûte que coûte les emplois. « Si rien n’est fait, des milliers de travailleurs et leurs familles se retrouveront dans la rue », a-t-elle prévenu.
‘’Certaines unités déjà mal en point de la fraude et de la concurrence déloyale se préparent à mettre la clé sous le paillasson tandis que la situation va de mal en pis au fil des années et la plupart des unités sont actuellement au bord du gouffre. Il faut donc agir pour sauver ce qui peut encore l’être’’, signale la coordination.
Pour elle, la fraude qui sévit est le véritable cancer qui gangrène le tissu industriel.
La coordination révèle qu’en fin 2009, 20 000 tonnes de sucre produites localement étaient invendues et 20 000 tonnes d’huile stockées sur place.
Après les multiples démarches qu’elle juge infructueuses auprès du Président de l’Assemblée nationale, du Ministre du commerce et de l’Union monétaire ouest africaine (Uemoa), la coordination a décidé d’interpeller désormais le Chef de l’Etat, Blaise Compaoré ‘’afin qu’il s’implique personnellement dans cette lutte contre la fraude au Burkina.
« C’est à ce prix que nous pourrons sauver les emplois et éviter dans le même temps à notre pays une catastrophe sociale », affirme Abdoulaye Diawara, le Président de la coordination.
L’essentiel du tissu industriel de Bobo Dioulasso est constitué par l’agro-alimentation, l’agro-industrie (l’industrie légère (cartonnage, piles, produits cotonniers), la mécanique et la métallurgie et la chimie et ses dérivés.
Source : afriqueavenir.org




