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Les 5 compétences de l’entreprise (partie 1)

Sous l’effet de la globalisation et des nouvelles technologies, les barrières à l’entrée des marchés tombent une à une, l’information circule à la vitesse de la lumière et les marchés deviennent imprévisibles.

Si les marchés sont plus volatiles et plus complexes, la contrepartie est qu’il n’y a jamais eu autant d’opportunités ! Les cadres dirigeants ne peuvent pas capter à eux seuls ce vaste champ d’opportunités. Pour créer plus d’opportunités et de valeurs, ils ont aujourd’hui besoin de faire adhérer tous les collaborateurs et les parties prenantes de l’entreprise. Ils doivent miser sur l’humain et sa créativité.

Comment alors miser sur l’humain qui a été jusqu’à maintenant une ressource allouée au gré des objectifs définis par la Direction, au même titre que le capital ? C’est le paradigme du « right man at the right place ».

Mettre l’humain au cœur de la stratégie

Aujourd’hui, ce ne sont pas les marchés qui doivent être au cœur de la stratégie mais l’humain. Procurer aux collaborateurs les moyens de s’épanouir, de devenir responsables et autonomes pour que les entreprises méritent qu’ils leur fassent don de leur créativité. Les entreprises doivent faire en sorte de créer suffisamment de sens et d’opportunités de telle façon que chacun devienne porteur de son propre projet professionnel dans l’entreprise. C’est un changement total de paradigme, passer d’une stratégie push à une stratégie pull.

Les environnements complexes obligent les entreprises à devenir elles-mêmes complexes et à mettre en place un management complexe. Les managers d’antan, principalement cantonnés à la gestion, doivent maintenant intégrer de nouvelles compétences. On ne parle plus seulement de manager, mais de facilitateur, de leader, de manager coach, d’entrepreneur, d’animateur, de gestionnaire, de meneur d’équipes, etc.

Toutes ces nouvelles compétences n’appartiennent pas seulement aux managers mais à tous les collaborateurs, car c’est bien à eux à qui les entreprises demandent des contributions extraordinaires. Le manager devient alors un animateur de ces compétences.

Alors comment s’y retrouver dans cet éventail toujours plus étendu des compétences

Toutes ces compétences ont été identifiées mais c’est leur articulation qui doit être aujourd’hui formalisée. Le chemin de la réussite dans un monde complexe n’est pas pour autant un phénomène aléatoire mais un processus ordonné et circulaire que chaque entreprise peut accompagner, en imbriquant chacune de ces compétences dans le bon ordre. La Stratégie Circulaire® donne le processus par lequel ces compétences s’organisent. Nous retiendrons 5 compétences clés: le leader, le coach, l’entrepreneur, le gestionnaire et le manager.

1ère compétence – LE LEADER

Le leader démarre le processus, il donne la direction et emmène le groupe vers un futur possible.

Dans un monde qui comporte de plus en plus d’imprévisible, le chemin vers le succès n’est plus tracé d’avance. La planification stratégique ne fonctionne plus, surtout lorsqu’il s’agit de défricher de nouvelles terres. Les entreprises avancent aujourd’hui chemin faisant. On dit qu’elles sont court terme, pas parce qu’elles ne sont motivées que par les bénéfices immédiats mais parce qu’elles sont obligées de réagir en permanence aux imprévus de leur environnement. La ligne droite, ancien gage de l’efficacité, devient un chemin tortueux qui se découvre au fur et à mesure.

Quand les entreprises ne peuvent plus faire de plans à l’avance, elles ont alors besoin d’une boussole. Le leader joue ce rôle en définissant une vision long terme, déclinée en plusieurs ambitions moyen terme.

Le leader est la boussole de l’entreprise

Dans cette recherche constante de nouvelles opportunités et de nouveaux avantages compétitifs, le leader est d’abord perspicace sur son environnement. Même s’il ne connaît pas le chemin, il a d’excellentes qualités d’analyse et intuitives qui lui permette de voir.

A travers les chiffres et les signaux faibles de son environnement, il est capable de percevoir les grandes tendances, il a une profonde intelligence de ses marchés. Il parle du demain qui commence à prendre forme. Son analyse est si pointue qu’il est capable de l’exprimer simplement, avec un slogan.

Et cette perspicacité prend toute sa puissance avec le désir du leader, sa volonté de changer le monde. Il exprime un idéal pour l’entreprise. Il est fondamentalement idéaliste et transforme l’impossible en possibles. Il révèle le rêve d’une organisation. Sa vision est enthousiasmante, il électrise les foules.

Perspicace sur l’avenir et envie d’aller de l’avant, mais aussi lucide sur le présent et lucide sur l’entreprise à laquelle il appartient. Il sait où il veut aller mais il sait aussi d’où il vient. Et sa vision se décline en plusieurs intentions ou ambitions, qui sont les prochains pas vers la vision. Les intentions ne sont pas des objectifs concrets mais précise un peu plus la vision et identifie les prochains axes de travail et de changement pour l’entreprise.

Le leader est un empêcheur de tourner en rond, il voit les talons d’Achille et les changements nécessaires pour que la vision prenne forme. Il exprime la tension qui existe entre ce qui est et ce qui pourrait être et met un cadre à l’aventure, à l’entreprise et à la créativité. Il vérifie toujours sa boussole et propose de nouvelles orientations quand l’entreprise, emmenée par le poids des habitudes et des statu quo, s’éloigne trop de sa vision.

Alors que les anciens managers analysaient les marchés et mettaient dans des boites ou matrices les opportunités probables, le leader au contraire prend le pouls des marchés et de son entreprise pour emmener les collaborateurs et parties prenantes vers des opportunités possibles, à construire ensemble. Le leader remplace la planification stratégique de l’entreprise par une intentionnalité stratégique.

Le leader ne cherche pas le pouvoir, il cherche la liberté. Il ne propose pas de plans, il propose un cadre suffisamment large pour permettre le rêve, l’imagination et la liberté de chacun. Sa pensée est créatrice, elle est la boussole et le souffle qui permettront de construire chemin faisant les opportunités.

Une fois avoir mis un cadre à la créativité, le leader a besoin d’appui. Il a donné le sens, la direction aux collaborateurs et aux parties prenantes et le coach prend la relève et permet à chacun de créer du sens. Le coach permet d’approfondir la vision et les intentions du leader, et favorise l’imagination dans l’organisation.

Auteur : Stéphane Roche | Consultant-Formateur IFG-CNOF et Spécialiste de la stratégie circulaire, de l’externalisation et de l’Asie

L’institut des Experts de l’entreprise

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