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Le secteur privé investit le marché de la santé en Afrique

Confrontée à des défis sanitaires majeurs, l’Afrique attire toujours plus d’investissements. A l’horizon 2016, le marché global de la santé en Afrique devrait atteindre 27 milliards d’euros. Une somme qui excite les appétits des groupes privés.

Médicaments, hôpitaux, formation du personnel soignant. ..Les groupes privés jouent aujourd’hui un rôle de plus en plus important dans le développement du secteur de la santé sur le continent.

Le secteur privé: un acteur incontournable de la santé

L’appel au marché conclu en juin 2010 par l’un des trois plus gros opérateurs hospitaliers sud-africains, Life Healthcare International Limited (63 hôpitaux en Afrique du Sud et au Botswana), qui a conduit à une valorisation du groupe coté sur la place de Johannesburg à 1,5 milliard d’euros, illustre l’appétence croissante des investisseurs privés pour le secteur de la santé en Afrique.

La présence du secteur privé sur le continent est donc déjà une réalité. Cependant, l’Afrique n’est pas le seul continent a y avoir recours: en Inde, le privé représente 80 % des services de soins ambulatoires et 60 % des soins en hospitalisation par exemple.

La santé: une activité rentable

Le bras armé de la Banque Mondiale qui finance le secteur privé, la Société financière internationale (SFI) évalue à 30 milliards de dollars d’ici à 2016 les besoins d’investissements dans le secteur de la santé en Afrique. Infrastructures, fournitures de soins, fabrication et distribution de médicaments, assurances ou formation professionnelle, les entreprises commerciales seront mises à contribution dans tous les domaines car ce marché semble l’un des plus prometteurs en terme de rendements derrière les infrastructures et les télécoms.

Et les groupes privés appuient cette stratégie. Pour le troisième groupe pharmaceutique mondial, Merck, le monde n’a aucune chance de résoudre le problème global de la santé si le secteur privé ne travaille pas de concert avec les services publiques. Ce groupe s’est d’ailleurs distingué à l’occasion de son partenariat avec la fondation Bill & Melinda Gates au Botswana pour développer le programme Achap, doté de 50 millions de dollars. Ce programme de santé a permis de réduire le taux de prévalence du VIH/sida chez les adultes de 37 % en 2002 à 24 % aujourd’hui.

Si la santé intéresse tant les groupes privés, c’est que les investisseurs peuvent attendre de substantiels revenus : les réseaux de centres de soins primaires et secondaires à but non lucratif, comme le Christian Health Association (Kenya), AAR Clinic (Éthiopie), ou encore Clinic Africa (Ouganda), affichent des chiffres d’affaires annuels allant jusqu’à 300 000 dollars par établissement, pour un investissement n’excédant pas 600 000 dollars. Même les petits centres haut de gamme génèrent 10 millions de dollars de chiffre d’affaires annuel alors que l’investissement y est trois fois inférieur.

Investir dans les PME

La Banque africaine de développement (BAD) a décidé d’allouer, en avril 2010, 10 millions de dollars au Fonds d’investissement pour la santé en Afrique (Investment Fund for Health in Africa, IFHA). Soutenu par la banque Goldman Sachs et par Pfizer, le numéro un mondial de l’industrie pharmaceutique, ce fonds a pour objectif d’investir dans 15 à 25 entreprises de taille moyenne à fort potentiel de croissance, dans les domaines de l’offre pharmaceutique, de l’assurance santé, des centres de soins privés ou des laboratoires.

Cependant, pour s’assurer que les investissements de ces entreprises commerciales aident à l’amélioration du bien-être de tous les Africains, il est vital que les autorités africaines régulent l’essor de ce secteur et favorisent le développement des partenariats privé-public pour étendre l’offre sanitaire sur le continent. Car seuls les pouvoirs publiques peuvent coordonner les politiques de santé au niveau national pour qu’elles répondent aux besoins sanitaires de leurs populations.

Source : Africatime.com

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