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La parole aux artisans : Doumbia KAMISSA, Assistante du DG de BALLAKISSA Arts

Burkinapmepmi.com vous souhaite la bienvenue. Pouvez-vous présenter BALLAKISSA Arts ?

BALAKISSA Arts est une entreprise de création artisanale qui est basée au Mali. Elle est dirigée par monsieur BALLA et moi, c’est madame Doumbia KAMISSA, de nationalité franco-malienne. Je suis l’assistante du Directeur et je suis chargée de l’aspect contrôle, qualité, suivi des commandes et surtout l’administratif.

BALLAKISSA Arts est une combinaison des BALLA et KAMISSA. Autrefois, Ballakissa était la reine de Saba, épouse du roi Salomon. Elle était réputée pour sa droiture et sa justesse dans la vie. Tout comme notre entreprise, BALLAKISSA Arts qui se veut une entreprise de commerce équitable avec la promotion du coton biologique.
Par conséquent, tous nos articles (prêt-à-porter pour hommes et femmes) sont en bogolan, c’est-à-dire en teinture végétale sur coton biologique.
Nous travaillons avec plusieurs artisans spécialisés dans différents domaines et nous sommes fournis en coton biologique par Helvetas Mali. DSCF4234.jpg

Comment avez-vous préparé votre présence au SIAO 2010 ?

Notre participation à la 12ème édition du SIAO s’est faite sur invitation de l’ONG HELVETAS Mali et du Directeur Général du SIAO. Bien que nous soyons à notre première participation au SIAO, nous n’avons pas fait de préparation particulière. Nous avons auparavant préparé des articles pour des défiler de mode, des expositions à notre boutique de New-York et des ventes pour des particuliers exigeants. Cela nous a aguerris et c’est donc naturellement que nous avons embarqué pour le SIAO 2010.
Numeriser0001-2.jpgNous sommes triplement récompensés car nos produits ont été sélectionnés pour être présentés au pavillon de la créativité. Nous avons aussi participé au défilé de mode du SIAO avec des créations qui ont été bien appréciées par le public et nous avons aussi bénéficié d’un stand gratuit financé par l’ONG Helvetas Mali et partagé avec d’autres artisans du Mali. Pour une première participation nous pouvons être fières.

Quel bilan faites-vous de votre participation au SIAO ?

Dans l’ensemble je dirai que le bilan de notre participation à cette 12ème édition du SIAO est positif. Je fais environ 150.000 FCFA la journée et j’espère que le dernier jour sera encore meilleur. Mais ce chiffre d’affaires est en dessous de mes attentes. En venant, on nous avait dit qu’il est possible d’écouler tout son stock en trois jours et de se faire un carnet d’adresse important pour le reste de l’année. Nous avions bien vendu mais je suis tout de même un peu déçue car cette année le SIAO n’a pas reçu beaucoup de visites qu’il ne l’espérait. Les raisons peuvent être dues à la crise économique, la menace d’ACQMI et les campagnes électorales au Burkina Faso, en Cote d’ Ivoire, en Guinée, au Niger.Numeriser0002-2.jpg

L’artisanat nourrit-il l’artisan ? Si non, que faire ?

L’artisanat pourrait être bien rentable si toutefois vous avez des solutions pour vous approvisionner et surtout si vous avez des débouchées pour écouler vos articles. Dans le cas de BALLAKISSA Arts, je dirai que ce n’est pas une entreprise assez rentable car les charges sont trop élevées. Certes nous arrivons à faire aux charges mais il est difficile de faire des économies et des investissements pour développer notre entreprise. Les couts de production sont élevés, les matières premières aussi, il est donc impossible aux artisans de faire des produire plus, de faire de la prospection, ni même de la communication. Il est difficile de continuer à travailler tout à la main. Il nous faut nous regroupés entre artisans, investir ensemble et créer des unités nationales de production.

Avez-vous des critiques pour cette 12ème édition du SIAO ?

Numeriser0003.jpgLe SIAO est un vrai tremplin pour la promotion de l’artisanat africain. Il serait bien que les artisans arrivent à participer chaque fois afin de donner au SIAO toute sa renommée.
Je fais remarquer que les stands coutent 700.000 FCFA. A cela il faut débourser les frais de transport des marchandises à exposer et aussi son propre transport. Il faut se loger et se nourrir. Sans oublié qu’il faudra payer 10% de frais de TVA sur les marchandises apportées au SIAO. Autant de dépenses que les artisans ont du mal a supporter, pas par mauvaise volonté mais par difficultés financières. Aussi, les observateurs gagneraient à améliorer certaines choses. A titre d’exemples : les exposants du pavillon marron et ceux du pavillon jaune paient le même prix du stand pourtant le pavillon marron est bien décoré, plus vivant, plus éclatant que le pavillon jaune. Pourquoi cette distinction ?
Je suggère que les organisateurs accordent plus d’attention aux exposants et d’avoir un peu d’humanisme. Ca ne coute rien de partager chaque jour aux exposants des bidons d’eau, le journal du SIAO, l’accès gratuit aux toilettes, etc.

Votre mot de fin ?
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Participer au SIAO 2010 fut une expérience intéressante pour nous. Mais certains actes entachent la crédibilité du SIAO et cela n’est pas bien pour la suite. Les artisans ne se sentent respectés à la fois par les ONG et le SIAO qui les invites. Car une fois sur place, les promesses ne sont pas tenues. Dans notre stand, l’ONG Helvetas Mali nous a invité a participé et nous a rassuré que les exposants seront deux par stands. Regardez vous-même, nous sommes six par stand et cela crée des tensions entre artisans. Il faut vraiment aider les artisans car ils en ont besoin. Il faut vraiment promouvoir l’artisanat africain car c’est un secteur d’avenir.
Je vous dis merci et je vous invite au Mali pour découvrir BALLAKISSA Arts. Je vous remercie de votre intérêt pour nous.
J’invite vos lecteurs à découvrir nos œuvres sur www.bogolan.net, tous nos contacts y sont mentionnés.

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