Aux orties donc les stratégies de croissance anciennes assises sur l’expansion des exportations ! Surtout que l’orientation de la reprise mondiale ne semble pas indiquer que la demande sera suffisante pour alimenter un développement économique tiré par les exportations. Recentrage toute des stratégies de croissance sur la demande intérieur. Voilà, en substance, la recette 2010 de la Cnuced, pour « solidifier » la relative reprise actuelle pour qu’elle serve l’objectif mondial de réduction de la pauvreté à la surface de la planète. Elle préconise à cet effet dans son rapport 2010 Unies sur le Commerce et le Développement, rendu public le 14 septembre dernier, aux pays en développement et émergents, « d’équilibrer demande intérieure et demande extérieure ». Autrement dit de promouvoir une croissance axée sur l’emploi.
Ainsi donc l’emploi est au cœur des préoccupations, en ce début d’automne. La ritournelle qu’il « n’y aura pas de reprise durable de l’économie sans reprise de l’emploi… » martelée, par l’Organisation internationale du travail (OIT), à tous les fora où sont évoquées les réponses possibles à la crise économique actuelle, a bien fini par s’imposer comme une vérité tangible. Et cela, même au Fonds monétaire international (FMI) qui, au cours des trente dernières années, a contraint bien de pays assujettis à ses programmes, à une stratégie de développement maintenant la pression salariale. L’heure semble bien être à la mobilisation générale pour la création d’emplois. « Ne nous leurrons pas : une reprise économique qui ne crée pas d’emplois restera vaine pour le plus grand nombre. Nous devons agir ensemble dès aujourd’hui pour nous attaquer à la crise du chômage » sonnaient en concert l’hallali, récemment dans une libre tribune, les directeur généraux de l’OIT, Juan Somavia e du FMI, Dominique Strauss-Kahn.
Il faut en convenir, il y a péril en la demeure. Deux ans après le déclenchement de la crise économique mondiale, le chômage se maintient à des niveaux hallucinants avec 210 millions de personnes sans emploi. Soit 30 millions de plus qu’en 2007. Une population non occupée appelée à grossir chaque année de 45 millions de nouveaux chercheurs d’emploi. C’est donc pour éviter que la situation ne devienne explosive, que la Cnuced prescrit aux pays en développement et émergents de « s’en remettre à des stratégies de croissance et d’emploi reposant davantage que dans le passé sur la demande intérieure ». A cet effet, ses économistes conseillent à ces pays « d’investir beaucoup dans la formation de capital fixe (en ce qu’il leur) permettra d’augmenter plus rapidement la productivité et d’augmenter les salaires en fonction de la de la croissance de la productivité moyenne». L’expansion régulière de la demande intérieure qui découlera de cette politique devant faire progresser l’emploi » infère le Rapport sur le Commerce et le Développement 2010 portant sur l’emploi, la mondialisation et le développement.
source: lesafriques.com




