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KANAZOE à l’usine BRAFASO : Sogli fustige la « boulimie des multinationales »

Le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Burkina, El hadj Oumarou Kanazoé, à la tête d’une importante délégation, a visité les installations des Brasseries du Burkina Faso (Brafaso) le 12 juin dernier. Il a pu se rendre compte des importants investissements réalisés et entendre de vive voix l’appel du PDG, Mohamed P. Sogli, pour la sauvegarde de ce fleuron de l’industrie nationale, face à la « boulimie des multinationales ».

A la périphérie de Ouagadougou, dans le village de Silmissin, se trouvent les imposantes installations de l’usine Brafaso, la première brasserie 100% burkinabè. Sur 160 hectares, Mohamed P. Sogli, le PDG a fait sortir de terre une brasserie de « classe mondiale capable de rivaliser avec les multinationales ». Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 30 milliards d’investissements, une force productrice de 480 000 hectolitres en 250 jours, une capacité d’embouteillage de 40 000 bouteilles par heure pour la bière et 8000 bouteilles par heure pour les eaux minérales et les sucreries, une création de 600 emplois directs et de 7 500 indirects pour un chiffre d’affaires estimé à plusieurs milliards de F CFA.

C’est un président de la CCIB émerveillé donc, ainsi que la délégation qui l’accompagnait, dont Hamadé Bangrin Ouédraogo, Salif Déré, Boureima Nana et Mahamadi Sawadogo dit Kadafi, qui ont découvert les différentes unités de l’entreprise. Malgré le poids de l’âge, El hadj Kanazoé a tenu à voir tous les compartiments de l’usine. A la fin de la visite, il n’a pu qu’exprimer son soutien à l’œuvre de Mohamed P. Sogli et formuler des bénédictions pour son succès. « Nous prions tous Dieu pour la réussite de cette entreprise », a laissé entendre Ladji. Le patron de Brafaso, en retour, a exprimé sa satisfaction de recevoir le soutien des aînés : « Lorsqu’on fait une telle réalisation et qu’on a la chance que les anciens, nos pères qui ont ouvert les routes pour qu’on soit dans cette économie-là, se déplacent eux-mêmes malgré leur âge, pour venir vous soutenir, on ne peut qu’être heureux. On pense que nous sommes sur la bonne voie et nous allons continuer dans ce sens. Nous sommes sûrs que l’usine va s’ouvrir ». Les installations nouvelle formule de Brafaso sont fin prêtes et n’attendent donc qu’à se mettre en marche. Mais le jour où les consommateurs boiront la première gorgée de ses produits n’est pas encore connu. La société a besoin de 5 milliards de F CFA pour son fonds de roulement. Les matières premières notamment ne sont pas encore disponibles. Brafaso fait la part belle aux produits locaux comme le tamarin, la mangue, le bissap, l’orange, la mandarine, le maïs, le riz, etc. Mais encore faut-il avoir de la liquidité pour les acquérir. D’où cet appel du premier responsable de la brasserie : « Le seul souci à l’heure actuelle pour démarrer la productivité de l’usine demeure la difficulté à rassembler les matières premières de fabrication pour laquelle un appui pour faciliter l’approvisionnement sera fortement apprécié à sa juste valeur ».

Un besoin de financement de cinq milliards

M. Sogli dit avoir trouvé en El hadj Oumarou Kanazoé, un porte-parole pour l’aider à trouver une solution à ce besoin de financement. Ce manque de fonds de roulement semble toucher profondément le PDG de Brafaso qui n’a pas manqué, au passage, de fustiger  » la boulimie des multinationales « . Expliquant le sens de son action, il dit qu’elle est  » le fruit du combat d’un homme d’affaires national contre l’influence incontrôlée et dévorante des multinationales ». A la veille de la 10e rencontre gouvernement-secteur privé le 10 juillet prochain, autour du thème « l’état des lieux des investissements privés au Burkina Faso : quelle stratégie de relance ? », M. Sogli a eu des mots forts pour interpeller les pouvoirs publics : « Ce thème apparaît comme une double interpellation pour consolider les investissements actuels comme ceux de Brafaso, les dynamiser afin d’encourager d’autres opérateurs économiques à emprunter la voie de l’industrialisation dont les retombées pour l’économie sont indéniables. C’est à ce prix que l’ambition de donner au Burkina Faso l’image d’un pays émergent ne sera pas un vain mot. Seule une volonté politique très affirmée peut constituer une riposte à cette préoccupation et offrir un rempart à ces investissements privés locaux contre la boulimie des multinationales à qui des facilités innocentes sont accordées sans savoir que l’on tue le vrai tissu économique entretenu par ceux qui n’ont d’autre souci que de participer au développement véritable de leur pays ».

Le PDG de Brafaso, dans cette optique, dit compter sur « le bouclier de l’Etat pour lui éviter le vent dévastateur de la mondialisation pour laquelle l’Afrique, en général, et le Burkina Faso, en particulier, ne savent pas prendre les mesures idoines pour contrecarrer et sauver leur patrimoine économique identitaire ». Tout Burkinabè a « un devoir de sauvegarde d’une œuvre salvatrice pour le progrès économique et social de son pays », a-t-il ajouté. Ce plaidoyer pour un patriotisme économique n’est pas un fait du hasard. Depuis sa création en 2002, Brafaso a fait l’objet d’une concurrence féroce, parfois déloyale et même malsaine. Malgré toutes ces adversités, son initiateur a résisté et a pu réaliser de nouvelles installations qui « placent largement Brafaso au-dessus de ses concurrentes de la sous- région, qu’elles soient francophones ou anglophones ». L’usine mettra sur le marché, dès son démarrage, en plus des sucreries et des eaux minérales, cinq variétés de bière sur les vingt et une qu’elle est capable de produire. Brafaso a ouvert 25% de son capital et les souscriptions restent possibles.

Mahamadou Lamine Ouédraogo, opérateur économique et consul du Burkina au Bénin

« Une fierté pour les Burkinabè de l’étranger »

« D’abord en tant qu’opérateur économique, c’est une fierté de voir un compatriote investir dans une activité aussi importante que la brasserie qu’on vient de visiter. En tant que consul, c’est-à-dire représentant du Burkina à l’étranger, c’est également une fierté pour nous Burkinabè de l’étranger, de constater qu’on a des frères qui croient au pays, à toutes ces institutions qui sont en place et qui ont besoin d’être soutenus. C’est l’occasion pour moi de rassurer notre frère Sogli du soutien de tous les Burkinabè de l’étranger pour ce magnifique travail qu’il vient de réaliser. En tout cas, nous lui souhaitons bonne chance ».

Mahamadi Sawadogo dit Kadafi, opérateur économique

« Une initiative à soutenir »

« Cette brasserie est une initiative à encourager et surtout à soutenir. Depuis le début du projet, on a toujours été présent ; on essaie de soutenir comme on peut. C’était d’abord le sous-sol, puis la fondation et maintenant tout est achevé. Il reste seulement la matière première pour démarrer la production. Nous demandons le soutien de tout un chacun parce que l’usine va générer beaucoup d’emplois, des ressources pour les impôts, etc. C’est donc une initiative à soutenir ».

Par Mahorou KANAZOE

Source : lepays.bf

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