Les Hommes écrivent leur histoire. Certaines nous enseignent, d’autres nous fascinent et nous laissent comprendre que seul le travail et la volonté sont la clé de la RÉUSSITE de l’Homme. Au travers de cette interview, revivons le parcours de cette jeune burkinabé, Mlle YOUGBARE Arzouma Angelina, parurière et aussi étudiante en pharmacie à l’Université Cheick Anta Diop de Dakar (Sénégal).
Par son attitude à refuser la fatalité et le « j’attends tout de mes parents et de mon pays », elle écrit petit à petit son histoire de femme d’affaires à la hollywoodienne, héritière de la Princesse YENNEGA.
Rédaction Burkinapmepmi.com
Burkinapmepmi.com : Mlle. YOUGBARE, pouvez-vous vous présenter aux lecteurs de Burkinapmepmi.com ?
Je me nomme YOUGBARE Arzouma Angeline, étudiante en faculté de pharmacie à l’Université Cheick Anta Diop de Dakar au Sénégal. Je suis de nationalité burkinabé et je réside actuellement à Ouagadougou, au Burkina Faso.
Burkinapmepmi.com : Vous êtes étudiante en pharmacie à l’Université Cheick Anta Diop de Dakar et déjà vous vous intéressé à l’entrepreneuriat. Dites-nous comment vous est venue votre idée de projet ?
Oui, en effet, je fais de la confection de colliers en perles et comme je l’ai dit, cette envie d’entreprendre pour moi est un don de Dieu. De toute ma vie, je n’avais jamais appris à faire des colliers en perles, mais récemment, j’ai appris que ma grand-mère paternelle aimait porter des colliers et qu’elle en faisait quelque fois avec les perles traditionnelles pour se parer. Je me pose donc la question si cette envie de faire des colliers en perle ne me vient pas d’elle.
Pour répondre à votre question, je dirai que j’ai commencé à faire des perles d’ornement, communément appelés BAYA ou BINE-BINE. La particularité de mes perles d’ornement était qu’il était possible pour la personne qui les portait, de les enlever quand elle le voulait.
Encourager par ma colocataire et amie, j’ai commencé à faire des colliers qu’elle portait avec élégance et avec assurance. Cela m’a encouragé à continuer et à me perfectionner dans la confection des colliers en perles. D’ailleurs, elle se considérait comme mon mannequin international car elle portait toutes mes créations partout où elle allait et cela m’a apporté une grande clientèle. Par la suite, soutenu et encouragé par d’autres proches, particulièrement par quelqu’un qui m’est assez cher, je me suis lancé à fond et commencé à voir grand et à m’installer comme parurière.
Burkinapmepmi.com : NAGTEDO est le nom de votre structure, pouvez-vous nous la présenter ?
NAGTEEDO est un mot mooré, une des langues parlées au Burkina Faso. Nagteedo signifie « objets de coquetteries « . Étant moi-même Mossi, j’ai voulu un nom qui faisait penser immédiatement à mon pays puisque le Moré est une langue parlée par bon nombre de burkinabé surtout au centre, c’est ainsi que je me suis adressé à Mme Elisabeth Kabore, une de mes tendres mères.
Le nom a été choisi au mois de janvier et la structure est née officiellement le 16 avril 2010 avec la création du site
www.nagteedo.e-monsite.com
C’est une structure qui est composée de beaucoup d’acteurs, notamment mon manager et chef de projet qui gère mon site, ma conseillère et mannequin qui fait ma publicité, moi-même qui monte les colliers, mes amis et ma famille qui me soutiennent, m’encourage et surtout, constituent mes clients fidèles.
Burkinapmepmi.com : Comment arrivez-vous à concilier les obligations liées à la structure avec vos activités académiques ?
Je dirai que ce n’est pas toujours facile, parce que j’ai obligation de résultat sur le plan académique. C’est d’ailleurs pour cette raison que mes parents m’ont envoyé à l’Université Cheick Anta Diop de Dakar au Sénégal. Ils attendent beaucoup de moi et moi non plus je n’oublis pas que j’ai obligation de meilleurs résultats scolaires..
Cependant, j’aime tellement jouer avec les perles que je trouve toujours un moment pour en faire. Lorsque j’ai une grande commande, je prends trois à quatre jours pour exécuter ma commande et je me concentre durant une semaine pour rattraper mes cours. Toutefois, comme je l’ai dit plus haut, ce n’est pas toujours facile, de concilier les deux. Mais quand on aime ce qu’on fait et surtout quand le résultat est satisfaisant, on n’oublie toutes les difficultés. J’aime mes études en pharmacie et j’aime également confectionner des colliers en perles.
Burkinapmepmi.com : Quelles sont les difficultés que vous rencontrez en tant que jeune entrepreneure-étudiante ?
Hors mis la difficulté à pouvoir concilier études et travail (confection des perles), je dirai qu’il ya aussi la difficulté financière.
Vu la variété des perles utilisées, rien que pour un collier il faut disposer toujours d’une certaine somme pour en faire une multitude. De plus, une fois que je me retrouve devant un client, il est prêt à payer une certaine somme, mais dès qu’il sait que c’est moi qui le fait, là il commence à discuter au rabais.
Il ya aussi le fait que je suis seule à faire les colliers et ce n’est pas toujours facile quand je dois en faire beaucoup. En plus de ces difficultés, il peut arriver que je n’ai pas d’inspiration pour faire de nouvelles créations et monter un collier peut m prendre une journée, comme également il peut m’arriver d’en faire une dizaine en une journée, mais comme on dit ce sont les aléas du métier.
Burkinapmepmi.com : Quel est votre avis sur le climat des affaires de façon générale ?
Je pense tout simplement que quand on fait des affaires, il faut du « gnac »comme on dit, avoir la volonté et toujours se battre pour avancer, et savoir oser.
Burkinapmepmi.com : En Afrique le chômage est de plus en plus grandissant. Pensez-vous que l’auto-emploi soit une solution ?
Moi j’ai grandi dans une famille ou mes parents en plus de leur emploi ont toujours eu le sens de l’entreprenariat, surtout ma mère ; donc très tôt, j’ai compris que pour faire face à ses besoins financiers il ne faut pas s’assoir et croisés ses bras. Je pense que face au chômage, l’une des solutions pour s’en sortir est d’essayer de faire quelque chose par soi même. Quand je dis faire quelque chose par soi même ce n’est pas forcement copié l’idée de l’autre mais plutôt essayé de compléter l’idée de l’autre. Ainsi, une chaine se forme, et on ne parlera plus de saturation de marché ou de quoi que ce soit ; toujours pour répondre à la question c’est toujours bon d’être son propre patron, d’avoir ses propres initiatives ; de plus, quand on arrive à créer une structure par la même occasion, on offre des possibilités d’emplois à d’autres personnes également et tout cela aide encore à réduire le chômage dans nos pays.
Burkinapmepmi.com : Quels sont les conseils que vous pouvez donner aux étudiantes et étudiants qui voudraient également se lancer dans l’entrepreneuriat ?
En toute sincérité, ce n’est pas toujours facile, surtout quand on est étudiant, aussi bien sur le plan financier que sur le plan académique, mais comme dit le proverbe « qui ne tente rien, n’a rien »,quand on a un rêve et qu’on on veut le voir se réaliser il faut se battre et mettre tous les moyens pour y arriver ; mais il faut se dire que si cela ne marche pas ce n’est pas la fin du monde et il ne faut pas baisser les bras pour autant, il faut juste « changer son fusil d’épaule » et continuer à se battre.
Burkinapmepmi.com : La principale question que les jeunes se posent généralement est de savoir si l’on peut démarrer une entreprise avec 0 F ? Quel est votre avis ?
Je suis une preuve parmi tant d’autre. J’ai commencé avec presque rien juste mon argent de poche et même si je ne suis pas encore millionnaire aujourd’hui, je suis à un stade ou je vois mon entreprise grandir petit-à-petit et j’espère que par la grâce de Dieu je deviendrai millionnaire parti de rien. Par ce témoignage, je veux dire à toutes et à tous qu’il faut toujours oser et que rien n’est vraiment impossible quand on a de la volonté.
Burkinapmepmi.com : Utilisez-vous beaucoup les tics dans votre activité ? Quels sont leurs apports ?
Comme je l’ai dit plus haut, Nagteedo Créations est née officiellement à partir du moment où le site a été créé, parce que c’est à partir de ce moment que je me suis révélée au grand public. Je me suis fait connaitre et apprécier par d’autres personnes au delà de nos frontières ; et la présentation de mes bijoux sur le site a permis à beaucoup de personnes de s’intéresser à ce que je fais et à s’approcher de moi. Comme ce sont des créations ; il peut m’arriver de trouver l’inspiration sur le net, à la télé…en gros je veux dire que les tics sont un outil assez important quand on fait des créations. A travers mon site internet, je m’approche d’avantage de mes clients et je reçois beaucoup aussi de ces clients.
Burkinapmepmi.com : Que pensez-vous du site portail www.burkinapmepmi.com ? Qu’est ce qu’il vous apporte en tant qu’entrepreneure ?
Je pense que c’est un portail par lequel tout jeune entrepreneur qui a de l’ambition peut sortir grandi.
Pour ma part je vois en Burkinapmepmi.com un soutient qui vient de mon pays, parce que dans notre pays il ya beaucoup de « trésors cachés » qui ont besoin d’un peu d’encouragement pour être révélés au grand monde. Moi j’ai eu cette chance la ; et je dis merci à Burkinapmepmi.com de m’ouvrir la porte sur l’avenir.
Burkinapmepmi.com : Quels sont vos perspectives d’avenir ?
J’aimerai un jour que Nagteedo Créations deviennent une marque très connue et portée par mes sœurs burkinabé, africaines et du monde entier.
J’espère un jour habiller les mannequins de stylistes bien connu comme Clara Lawson au Burkina et à qui j dis grand merci.
Comme Cobotin couture qui a été l’une des premières stylistes à m’encourager et à qui également je dis merci ;
Comme Pathé’ ô et Gilles Touré de la Côte d’Ivoire ; Alpha Di du Niger ; et bien d’autres stylistes.
J’espère aussi parer les mannequins de Christian Dior.
Le rêve est toujours permis…..
Burkinapmepmi.com : En attendant de nous entretenir sur d’autres questions, par quoi conclurez-vous cet entretien ?
Tout d’abord je veux dire merci au Seigneur pour ce don qu’il m’a fait,
Merci à ma famille qui a toujours été proche de moi,
Merci à mes amis qui m’ont toujours soutenu et inspirés spécialement à Mireille et à Stéphane.
Merci à vous de m’avoir donné l’opportunité de m’exprimer et de me faire connaitre par votre portail.
Je voudrais dire à tout ceux qui ont un rêve de ne jamais abandonner et de toujours persévérer, parce que lorsqu’on est jeune il faut avoir de l’ambition et oser rêver, ce n’est pas toujours facile mais ce n’est pas impossible non plus.
Burkinapmepmi.com : Comment peut-on vous contacter ?
D’abord à travers mon site web
www.nagteedo.e-monsite.com
Ou alors vous pouvez nous écrire à nagteedo@live.fr
Ou encore nous appeler ou nous écrire au (+226) 70.06.32.10 (Burkina Faso) ou (+221) 77.112.5848 (Sénégal)
L’équipe de Burkinapmepmi.com vous remercie de votre disponibilité.
Interview réalisée via internet
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Vous pouvez aussi nous contacter pour vos interviews et publi-présentation à l’adresse :
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