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IDH Microfinance : Les épargnants laissés sur le carreau, Kwasi Klutsè se la coule douce

S’il y a un sujet qui occupe la une de l’actualité, c’est bien l’affaire ReDéMaRe. Le Réseau pour le Développement des Masses sans Ressources (ReDéMaRe) est dans l’œil du cyclone. Les activités de la société ont été suspendues par décision gouvernementale le vendredi 08 juillet en conseil des ministres. Il est reproché au Réseau de faire du placement d’argent et d’appliquer le système pyramidal Ponzi qui consiste à rémunérer les anciens adhérents par l’épargne des nouveaux. Une activité à haut risque qui n’est pas sans rappeler la fameuse affaire Madoff aux USA. Les comptes de ReDéMaRe seraient bloqués et la société sommée de rembourser les épargnants qui seraient au nombre de 50.000. Des indiscrétions font même état de ce que les responsables pourraient être appréhendés, comme au Bénin voisin avec l’affaire ICC service, un truc similaire qui aurait collecté la bagatelle de 100 milliards F CFA auprès des épargnants.

Le cas ReDéMaRe est au centre de toutes les conversations, puisque les profits miroités ont emballé du monde. Tant au marché, dans les bureaux que dans les rues, le sujet est sur toutes les lèvres. Mais l’affaire ReDéMaRe cache une autre non moins dramatique : le dossier IDH.

En effet l’ONG Investir dans l’Humain (IDH) créée dans les années 2000, au-delà du volet enseignement professionnel avec une école qui délivre des Brevets de Techniciens Supérieur (BTS) dans divers domaines, a un volet microcrédit. Mais voilà que depuis quelques temps la microfinance connaît des difficultés et est en cessation d’activité du fait de la mauvaise gestion de son initiateur Kwasi Klutsè. Ils seraient près de 40 mille adhérents à avoir épargné à IDH, une masse presque égale au nombre d’adhérents à ReDéMaRe. Huit (08) milliards F CFA auraient été collectés auprès des épargnants, et trente cinq (35) milliards encaissés auprès de partenaires de l’institution.

Entre-temps le scandale a éclaté. Des adhérents se rendaient quotidiennement dans les agences IDH microfinance pour réclamer bruyamment le remboursement de leur épargne. Kwasi Klutsè s’est trouvé dans l’incapacité de les satisfaire. Il lui a fallu des subterfuges et des promesses pour calmer les épargnants en courroux. Mais depuis plusieurs mois, le dossier est passé par perte et profit. Plus personne ne parle de cette affaire. Même pas l’Etat qui est censé protéger les intérêts des populations. L’ancien Premier ministre semble même bénéficier d’un traitement de faveur et du soutien au sommet de l’Etat. Il est du devoir du pouvoir public d’entreprendre des missions régulières de contrôle, mais l’IDH n’en aurait jamais reçu. Seule la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) aurait tenté une initiative en 2008.

Le bon sens aurait voulu que la société soit mise sous administration provisoire, comme le recommande la Loi n°95-014 du 14 juillet 1995 portant réglementation des institutions mutualistes ou coopératives d’épargne et de crédit en son article 69, puisque la gestion de IDH « met en péril …les intérêts de ses membres ». Mais le pouvoir en place ne prend aucune initiative allant dans ce sens, car c’est un de ses éléments qui est en situation. Une mission mixte de contrôle Etat-BCEAO avait évalué la situation au sein de cette institution et fait une pile de recommandations, parmi lesquelles l’organisation d’assemblées générales extraordinaires pour décider collégialement avec les membres, d’un plan de redressement. Mais en lieu et place de ces pistes, Kwasi Klutsè proposerait aux membres de doubler leur part sociale.

N’arrivant plus à payer les épargnants, on pourrait penser que la société est en faillite, et son PDG paumé. Mais c’est ce moment qu’a choisi l’ancien Premier ministre pour s’offrir une bâtisse gargantuesque. Un château princier est en train de sortir de terre à Djidjolé au domicile du patron de l’institution de microfinance en faillite. Comment comprendre que Kwasi Klutsè s’offre un tel luxe au moment où il n’arrive pas à rembourser les 40 milleépargnants de IDH ? Et si c’était l’argent investi par les membres qui servait à ce fantasme ? Même si c’est par enchantement de l’argent personnel, n’aurait-il pas fallu qu’il rembourse d’abord ces milliers de Togolais à qui il doit ?

Kwasi Klutsè jouit donc une impunité outrancière, juste parce qu’il est du sérail. Il se la coule douce alors que la masse de compatriotes qui ont cru en lui broient du noir. En réalité le dossier IDH n’est pas moins dramatique que celui de ReDéMaRe. Les deux institutions ont toutes deux collecté des milliards auprès de pauvres Togolais et s’en sucrent allégrement. Au moment où tous les regards sont braqués sur ReDéMaRe et le gouvernement joue au défenseur par excellence des populations et somme ce Réseau de rembourser ses 50 milles adhérents, il urge que Kwasi Klutsè et l’IDH soient aussi soumis à la même rigueur.

Tino Kossi

Source : libertetg.com

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