Ouagadougou a servi de cadre, hier 22 novembre 2010, à une réunion de concertation des acteurs de la filière oléagineuse. Il s’est agi d’échanges initiés par la Commission de l’Union économique et monétaire ouest- africaine (UEMOA) pour la sécurisation et l’approvisionnement en graines de coton des usines de trituration de son espace.
Les acteurs de la filière oléagineuse de l’espace UEMOA étaient, hier 22 novembre 2010, en conclave à Ouagadougou. Au centre de leur réflexion, « la sécurisation et l’approvisionnement en graines de coton des usines de trituration ».
C’est sous l’égide du commissaire chargé du département du Développement de l’entreprise, des Télécommunications et de l’Energie, représenté à cette occasion par son directeur de cabinet Jean-Yves Sinzogan, que se sont ouverts les travaux de cette réunion.
Dans son discours introductif, ce dernier a indiqué que la filière oléagineuse connaît, ces trois dernières années, des difficultés liées, entre autres, à l’importation massive et souvent frauduleuse de l’huile, à l’insuffisance en quantité et en qualité de graines de coton et au prix de cette matière première, jugé exorbitant pour les triturateurs, causant à ces derniers de sérieux problèmes d’accès à la matière première dont ils ont besoin pour faire tourner les huileries.
La présente rencontre, selon lui, fait suite à celle tenue à Lomé en octobre 2009 qui a abouti à des recommandations formulées à la Commission, aux Etats membres de l’Union, à la BOAD et aux acteurs de la filière oléagineuse, dont l’Association des industriels de la filière oléagineuse de l’UEMOA (AIFO-UEMOA).
Un mécanisme consensuel d’approvisionnement et de fixation du prix de la graine de coton
La relance de la filière oléagineuse, a rappelé M. Sinzogan, fait partie depuis plusieurs années des initiatives de la Commission de l’UEMOA en faveur du secteur privé. Cet engagement de l’institution, à l’en croire, tient de « l’importance qu’elle accorde à la filière qui emploie des milliers de personnes et contribue à la lutte contre la pauvreté ».
Pour lui, c’est un devoir pour les autorités nationales et celles de l’Union de s’imprégner des raisons profondes des difficultés de la filière en vue de prendre les mesures à même d’assurer une compétitivité effective et durable des entreprises.
Il a appelé, à cet effet, les sociétés d’égrenage de coton à s’impliquer dans cet exercice pour le développement industriel de l’espace économique par l’intégration de ses unités industrielles qui, de son point de vue, est « une stratégie à effets positifs durables ».
Jean-Yves Sinzogan a soutenu que la relance de la filière passe par un partenariat gagnant-gagnant entre égreneurs et triturateurs qui, pour se construire et porter des fruits durablement, nécessite une concertation sincère entre les différents acteurs.
C’est l’objectif de cette réunion initiée par la Commission de l’UEMOA, a déclaré Jean-Yves Sinzogan, qui s’inscrit dans la continuité de celle entreprise par la Banque ouest-africaine de développement (BOAD), laquelle a financé deux études à la demande de l’AIFO-UEMOA.
L’objectif de cette concertation, a-t-il indiqué, est d’aboutir à un consensus avec des conditions optimales acceptables garantissant les intérêts des égreneurs et des triturateurs ainsi que ceux des populations de l’espace économique.
Hamidou Ouédraogo
Source : lobservateur.bf




