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Exposants d’ici et d’ailleurs Entre plaintes et satisfaction

Le 12e Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO) tire à sa fin. Si certains exposants se frottent les mains, tel n’est pas le cas pour d’autres qui se morfondent manifestement. A la veille de la clôture de la grande fête biennale, l’appréciation qu’en font les acteurs vacille entre plaintes et satisfaction.

Lorsque nous décidons de tendre notre dictaphone à quelques exposants au niveau du pavillon rouge pour qu’ils donnent leur appréciation sur la tenue de la présente édition du SIAO, nous nous sommes heurtés à un mur de silence. Certains, visiblement gagnés par le découragement, ont tout simplement choisi de ne rien dire.

D’autres par contre se sont volontiers prononcés. Donnant un idée de l’état d’âme assez général des uns et des autres. Sont de ceux-là Ibrahim Traoré venu de Bobo-Dioulasso pour proposer aux visiteurs son savoir-faire en matière de bronze. Selon lui, il n’y a pas assez de ventes. Le prix des stands (300 000 F CFA) n’est pas pour arranger les choses.

Pour quelqu’un, a-t-il indiqué, qui n’arrive pas à faire une recette journalière de plus de 50 000 F CFA, il est évident qu’il y a un problème. Les responsables du Salon, et c’est son souhait, doivent à l’avenir revoir à la baisse les tarifs de location des espaces pour permettre non seulement au plus grand nombre d’avoir un stand, mais aussi de profiter pour écouler leurs produits.

Apatchoh Touré, artisane de la Côte d’Ivoire, fait dans le bois, précisément dans la vaisselle. Son constat est que l’affluence est moindre cette année par rapport à 2008 où elle était à sa première participation au SIAO. Si elle devait tenir compte du coût du transport Abidjan-Ouaga, naturellement elle vendrait plus cher.

Mais bien qu’elle vende ses marchandises au même prix qu’à Abidjan, elle ne s’explique pas la faible clientèle. Dame Touré relève que le prix des stands qui n’a pas varié comparativement aux autres années doit connaître prochainement une baisse. Chrétienne pratiquante, elle garde tout de même espoir jusqu’au dernier jour.

Osuman Mohammed du « Wambemba handicraft » du Ghana qui vient pour la deuxième fois au Salon, avoue être très ravi de sa participation à la manifestation même si le public ne se bouscule pas. Sa préoccupation, que les organisateurs lors des éditions suivantes tiennent compte de la nature des produits à exposer dans la conception et l’attribution des stands. Lui qui travaille le bois (il fabrique, entre autres, des masques) est soucieux de la bonne conservation de sa matière de base.

Le « Savon amour » de dame Toko

Spécialiste en soins et beauté, madame Marie-Madeleine Toko du Bénin est transformatrice des produits agricoles en cosmétiques. Ses articles sont à base de produits locaux (beurre de karité, l’huile de neem, citronnelle…). Madame Toko fait aussi des pommades pour traiter le cuir chevelu contre les chutes et pour le massage. Nec plus ultra, la Béninoise propose des savons et des pommades secrets fabriqués à partir d’ingrédients originaires de son pays. Il s’agit principalement du « Savon amour » qui, à l’en croire, cache de réelles vertus. Tout est rose pour la commerçante et elle le reconnaît.

En tous les cas son stand (n°28) au niveau du pavillon vert ne désemplit pas. C’est tout naturellement donc qu’elle salue l’initiative du Salon. Pour la énième fois qu’elle prend part au SIAO, elle est chaque fois entièrement satisfaite, et Marie-Madeleine Toko d’inviter le public à faire davantage le déplacement à son échoppe.

Le SIAO, c’est aussi le côté festif avec des restaurants et autres gargotes. Lors de notre passage en fin de journée, la bousculade n’était pas encore perceptible mais les cuisinières, les bouchers… s’affairaient. Là au moins les choses semblent tourner, même si certains comme Jean-Baptiste Guigma avoue la fréquentation timide de leur commerce. Grilleur de brochettes, il n’a pas réussi depuis l’ouverture du Salon à écouler, par jour, dix kg de viande.

Un autre ennui vécu par les tenanciers de maquis sur le site du SIAO, les difficultés pour s’approvisionner en eau. Seulement deux points de ravitaillement sont mis à leur disposition. Vu le nombre de ceux qui ont besoin du précieux liquide pour travailler, difficile d’être servi rapidement. C’est donc l’attente devant les robinets, et chacun est tenu de prendre son mal en patience.

D. Evariste Ouédraogo

Source : lobservateur.bf

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