S’il fallait trouver deux qualités essentielles chez l’entrepreneur, la créativité et l’optimisme seraient celles que je privilégierais. Il faut être créatif pour apporter quelque chose de nouveau dans le marché et avoir une grande confiance dans l’avenir, dans son propre avenir.
Saras Sarasvathy, qui enseigne à l’Université de Virginie, a comparé le mode de fonctionnement de dizaines d’entrepreneurs qui ont connu beaucoup de succès à celui de gestionnaires de grandes entreprises. On dirait que les entrepreneurs et les managers n’ont tout simplement pas le même type de cerveau. Le magazine Inc. consacre un article à cette recherche fascinante.
Le manager veut mesurer, calibrer, étudier, envisager avant de décider. L’entrepreneur fonce dans le tas. Il se donne évidemment des cibles et des objectifs, mais ils peuvent facilement évoluer en cours de route.
Le gestionnaire ne jure que par les études de marché, la segmentation de la clientèle et par une planification quasi militaire des processus. Le nouvel entrepreneur est impatient et veut entrer dans le marché le plus rapidement possible.
L’entrepreneur croit qu’il peut prédire l’avenir pour pouvoir ainsi le contrôler. L’entrepreneur ne croit pas aux prévisions, mais beaucoup en lui-même. Pas besoin alors de chercher à prédire l’avenir car il croit être en mesure de le contrôler !
Le magazine Inc. avait fait sa propre enquête auprès des entrepreneurs. 60 % d’entre eux m’avaient pas fait de plan d’affaires avant de démarrer leur entreprise et seulement 12 % des répondants avaient effectué une étude de marché.
Certains diront que cela explique le taux d’échec élevé. Ils ont sans doute raison.
Je dirais quand même que cette confiance quasiment naïve en leur bonne étoile explique aussi les grands succès.
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