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Enseignement au Burkina : « Le secteur privé est devenu un monde clos et juteux »

Ceci est une déclaration sur la situation des vacataires dans les établissements secondaires privés du Burkina. L’auteur estime que le privé s’est fourvoyé dans son rôle d’accompagner l’Etat dans l’éducation.

Depuis le déclenchement de la lutte des vacataires à Bobo- Dioulasso qui a permis la signature d’un protocole historique dans le domaine de l’enseignement, nombreux fondateurs ont estimé par une lettre peu respectueuse dans les journaux, que les accords de Bobo étaient non seulement des accords locaux, mais que cela est inique parce que signé sous pression. Rappelons, qu’historiquement aucun accord n’a jamais été signé dans la félicité, tous les protocoles que ce soit au Burkina, comme partout dans le monde, sont signés sous la pression de la masse qui a permis de revoir le comportement des employeurs et des gouvernants. Le protocole de Bobo signé par les travailleurs de l’éducation permet de rappeler à la conscience des Burkinabè le grand désordre encouragé très souvent par l’Etat, dans le secteur privé de l’éducation. En effet, la grande majorité des vacataires est employée dans un contexte de manque d’emploi, qui pousse les fondateurs à surexploiter ces travailleurs sans aucun respect des cahiers des charge. Certains vacataires après 15, 20 ans dans un établissement ne sont même pas déclarés à la CNSS. Ils ne bénéficient donc pas de tous leurs droits de travailleurs et sont souvent chassés sans ménagement et sans indemnités. L’éducation reste l’un des grands secteurs où les individus quittent le privé pour aller enseigner au public parce que tout simplement, il n’y a aucune garantie dans le privé. On pourrait faire une enquête dans ce sens pour découvrir la laideur de l’exploitation de ces travailleurs. Le secteur privé de l’éducation est devenu un monde clos, juteux. C’est pour cette raison que n’importe qui, en violation des textes réglementaires, peut ouvrir un établissement, fixer le taux de scolarité selon son bon vouloir, et selon la vitesse à laquelle il veut s’enrichir. C’est « la vie au rétroviseur », car chacun voit comment des fondateurs d’établissements sont devenus exagérément riches, et qui, par des propos dignes du moyen âge vilipendent les enseignants dans les cercles fermés constitués pour la circonstance. Le secteur privé, loin d’accompagner l’Etat pour éduquer tous les fils du pays, est devenu le secteur organisé pour exploiter les parents d’élèves et les enseignants. Nous assistons depuis des années à une situation difficilement supportable par une conscience honnête. Pendant que certains vacataires croupissent dans la misère, mettent leur santé en péril, certains fondateurs d’établissements s’enrichissent impunément en violant tous les textes réglementant la vie et le fonctionnement des établissements scolaires. Tout est mis en œuvre avec la grande complicité de l’Etat, à travers son silence coupable, pour exploiter les enseignants, les élèves et les parents. Pendant que des établissements fixent des frais de scolarité élevés, les enseignants reçoivent 2.000 F CFA/heure pour les plus chanceux, car les étudiants sont vite appelés pour l’heure à 1000 F CFA, voire 750 F CFA. Les exemples en la matière sont légion surtout dans les grandes villes comme Ouagadougou. La courageuse et salvatrice lutte des structures locales de la F-SYNTER et du SNESS de Bobo, est une occasion à saisir pour assainir ce milieu qui commence à accoucher « d’une poudrière sociale ». Le protocole de Bobo est même l’extrême minimum que les enseignants ont demandé. C’est pourquoi, le Secteur F-SYNTER de Ouagadougou : Invite le gouvernement à savoir prendre des décisions courageuses en vue de revaloriser la fonction enseignante et qui créeront les conditions d’apaisement dans le milieu scolaire ; Invite les organisations des fondateurs d’établissement à aller au-delà des simples intérêts individuels pour améliorer les conditions de vie et de travail des travailleurs, gage de quiétude dans leurs établissements ; Appelle les travailleurs et travailleuses de Ouagadougou, les militant(e)s à suivre attentivement les négociations qui s’ouvriront le 19 janvier prochain autour du taux horaire de vacation et à se mobiliser pour la prise en compte des taux obtenus et appliqués à Bobo et qui doivent constituer aujourd’hui des références en la matière.

Pain et liberté pour le peuple !

Pour le bureau du secteur F-SYNTER/ Ouagadougou

Le secrétaire général OUEDRAOGO Georges

Le Pays

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