Le vendredi 23 septembre 2011 s’est déroulée sur le site du SIAO à Ouagadougou, une conférence thématique sur le coton. Les conférenciers ont épluché divers thèmes sur l’avenir de la filière dans les pays producteurs au sein de l’OCI.
« Etat du développement du coton et de l’industrie textile dans les pays de l’UEMOA ». C’est sur ce thème que Donatien Zola, coordonnateur du point focal régional cos-coton UEMOA s’est penché. Il a montré au cours de sa présentation que la filière coton souffre d’un traumatisme grave en matière d’industrialisation. Et il n’a pas parlé dans le vide car M. Zola a illustré ses propos à travers des exemples concrets. Selon lui, la zone UEMOA comptait 46 unités de filature fonctionnelles en 2003, mais elle ne disposait que 12 seulement en 2009 et celles-ci tournaient au ralenti. La cause de cette mort des usines résulte, de l’avis du conférencier, du manque de compétitivité dans le domaine. Plusieurs maux asphyxient ce secteur, à en croire Donatien Zola. Il a donné les raisons qui ont conduit les paysans à l’abandon de la culture du coton dans l’espace communautaire UEMOA. Il s’agit entre autres des dysfonctionnements internes liés à la caution solidaire, aux subventions des pays riches à leurs cotonculteurs et de la faiblesse du F CFA par rapport à l’euro et au dollar américain. Voilà pourquoi, a-t-il dit, des producteurs déçus ont préféré abandonner la culture du coton. Du coup, a-t-il indiqué, on observe une reprise timide de la production dans bon nombre de pays. S’agissant du volet transformation, il a annoncé que plus de 97% de la fibre produite est exportée. D’autres points essentiels ont été arborés par lui pendant sa présentation. En guise de conclusion, le coordonnateur Zola a évoqué de bonnes perspectives pour les années à venir, surtout que la relance de la filière coton-textile au niveau de l’UEMOA achoppe les discussions et que l’envol des indices de prix du produit sur les marchés mondiaux rassure davantage les producteurs.
Par contre, Said Elaarbaoui, expert du CIDC s’est appesanti sur le thème « Secteur du coton en Afrique de l’Ouest ; situation actuelle et perspectives ». Comme préoccupation pour lui, comment passer de l’agriculture cotonnière à l’industrie textile cotonnière, fer de lance de l’essor de ce secteur ? Il a expliqué que cette question est éminemment politique et stratégique. Pour preuve, a-t-il souligné, les prévisions de 2005 qui projetaient transformer 20% du coton produit dans l’espace UEMOA n’ont pas été atteintes malgré la baisse de la production dans la région. Toutefois, des résultats d’une étude sur l’état actuel du commerce intra-OCI ont été présentés aux participants. A la fin de l’exposé, il est ressorti que des recommandations ont été formulées. Parmi celles-ci figurent l’accroissement de la production du coton (graine et fibre), le développement de la fibre coton-textile-confection, l’appui et le développement de la transformation de la fibre dans les Etats producteurs de l’OCI.
Ouamtinga Michel ILBOUDO
Sidwaya




