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Conférence sur l’examen conjoint des Politiques Commerciales du Bénin, du Burkina et du Mali à Genève

Dans son exposé, le ministre a rappelé que, depuis 2004, année du dernier examen des politiques commerciales respectives, les gouvernements de ces pays ont œuvré pour assurer la croissance économique. Ainsi, le Bénin, le Burkina Faso et le Mali ont enregistré un taux annuel moyen de croissance de l’ordre de 5% sur la période 2005-2009.

 » En dépit de ces efforts, force est de constater que ce taux de croissance reste bien en deçà de l’objectif de 7% fixé dans le cadre du mécanisme de surveillance multilatérale de l’UEMOA pour faire reculer la pauvreté dans nos villes et dans nos campagnes. L’une des raisons qui expliquent cette insuffisance réside dans les performances fluctuantes de l’agriculture sur laquelle repose l’essentiel de nos recettes d’exportation. Pour doper la croissance économique, nos gouvernements ont adopté plusieurs réformes pour améliorer l’environnement des affaires, notamment la mise en place d’un régime d’investissement attrayant comportant toutes les dispositions visant à protéger les investissements aussi bien nationaux qu’étrangers, dans le strict respect des intérêts réciproques, des règles de la coopération internationale et de la bonne gouvernance  » a-t-il expliqué.

Outre les concertations public-privé au niveau de chaque Etat qui ont abouti à des organismes comme les conseils présidentiels pour l’investissement présidés par les Chefs d’Etat, l’UEMOA et la CEDEAO ont adopté une approche régionale par étape dans des domaines clés tels que la réduction et l’harmonisation tarifaire, la réforme du Cadre légal et réglementaire, la rationalisation des systèmes de paiement, la restructuration des secteurs financiers, l’harmonisation des incitations à l’investissement et des régimes fiscaux, les cadres communautaires de l’investissement et de la concurrence, etc.

Le Bénin, le Burkina Faso et le Mali étant tous membres de l’UEMOA, leurs politiques commerciales sont liées à la politique commerciale commune de l’UEMOA dont l’objectif a été de consolider le marché régional induit par l’Union douanière devenue effective depuis le 1er janvier 2000.

Les options retenues à cet effet visent à assurer non seulement un renforcement du processus d’intégration régionale et un parfait fonctionnement du marché de l’Union, mais également une participation efficiente et profitable des Etats membres de l’UEMOA au système commercial multilatéral.

 » Nous avons placé l’investissement au cœur de nos politiques commerciales et pris des mesures en vue de développer nos filières porteuses dans les domaines de l’agro-pastoral, des mines, de l’industrie et des services  » a ajouté le ministre Diallo.

Cependant, il regrette que  » malgré tous ces efforts, nous déplorons que la structure de nos exportations ne se soit pas améliorée. Elle est restée le reflet d’une économie de traite, ne couvrant que des matières premières dont nous ne maîtrisons ni les cours imposés par les marchés, ni le taux de change des devises de référence. Ce tableau peu reluisant se trouve aujourd’hui plus entaché par la situation du commerce intérieur confronté à des difficultés liées à la fraude et à la contrebande. Par ailleurs, nos immenses besoins en matière d’infrastructures physiques ont été mis en évidence particulièrement dans les secteurs des transports, des télécommunications, des énergies et des eaux, nécessaires dans le développement des productions compétitives et diversifiées « .

Dans la perspective d’améliorer ces infrastructures et de diversifier les exportations, l’espoir est placé sur des leviers tels que le Cadre intégré renforcé et, plus généralement, l’Aide pour le commerce. Celle-ci doit permettre de réaliser une meilleure valorisation de nombreuses filières et d’entreprendre la promotion de l’exportation de produits non traditionnels tels que le karité, le sésame, l’huile de palme, les cuirs et peaux. Sans oublier le renforcement des moyens et des capacités en vue de lutter contre la fraude et la contrefaçon par l’amélioration et la modernisation des procédures douanières.

 » Nous regrettons le piétinement du processus du cycle de Doha dont nous souhaitons une conclusion rapide. C’est le lieu d’appeler à une application effective des principes de mise en cohérence des politiques prises dans différentes enceintes en faveur du développement telles que la Banque Mondiale, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, la CNUCED  » a-t-il poursuivi. Ahmadou Abdoulaye Diallo estime qu’il est difficile de penser que  » les Pays les moins avancés (PMA) tireront quelque avantage économique que ce soit du cycle de Doha, des APE ou de l’AGOA si leurs économies demeurent peu diversifiées, extraverties et basées sur des produits primaires, agricoles ou miniers. Il est également illusoire de penser que l’économie mondiale enregistrera une croissance durable avec des PMA incapables d’atteindre à brève échéance les Huit Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) « .

Le ministre a saisi l’occasion pour lancer un vibrant appel aux pays développés ainsi qu’aux pays en développement émergents, de contribuer à l’atteinte de cet objectif majeur.

Youssouf CAMARA

Source : maliweb.net

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