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Ces bonus qui ne servent à rien

Remarque d’un usager du téléphone au Burkina Faso : « Chaque fois qu’il y a bonus, y a plus réseau ». Coïncidence ou pas, à chaque fois effectivement qu’il y a bonus, le réseau de téléphonie mobile devient étrangement instable. La communication perd en qualité et les communications sont instables. Alors au bout d’un certain nombre d’essais infructueux, l’usager a fini ses bonus, mais n’a pas communiqué. Evidemment, les sociétés de téléphonie rétorquent que le bénéfice des bonus déborde les délais durant lesquels ils sont accordés. La question est de savoir à quoi bon des bonus, s’ils ne peuvent pas servir au moment où on en a le plus besoin ? A rien évidemment.

Ensuite d’autres offres plus encore difficiles à exploiter. Par exemple, il arrive à TELMOB, parce que c’est elle qui fait régulièrement ces opérations, d’offrir à ses usagers des tarifs dégressifs en fonction de la durée de la communication qui aboutit à la gratuité. Récemment du 6 au 7 février, elle vient de faire la même offre. Seulement, il est très difficile d’en user. Une communication entamée et qui s’interrompt à cause de la défaillance du réseau élimine immédiatement le bénéfice de la faveur. Comme si c’était fait du reste exprès, il est très difficile en ces périodes d’arriver à la minute de la gratuité. Celui qui décide d’en bénéficier devra payer sans le savoir le service qu’on est supposé lui offrir gratuitement. En effet, quand on essaie plusieurs fois avant d’atteindre le moment de la gratuité, on a déjà payé la gratuité. Rien n’est donc gratuit en réalité. ARTEL, il nous semble, devrait être suffisamment stricte sur ces opérations de marketing mensongers. De la même façon qu’une loi organise les soldes, il faut édicter des lois suffisamment claires sur les opérations bonus de téléphone. Les opérateurs n’ont pas le droit d’abuser des clients. Un service qui n’en est pas un a un nom en droit : c’est l’arnaque. Un crime puni par la loi.

Il faut donc réglementer tout ça, pour que le consommateur qui paye puisse avoir pour son argent. Par ailleurs, nous avions traité dans cette rubrique, la question de la facturation abusive des minutes par les sociétés de téléphonie mobile. En la matière aussi et le plus important, plutôt que cette course hypocrite à la baisse des prix, serait de faire payer effectivement ce que l’usager a consommé. Or avec la situation actuelle de facturation, nos sociétés peuvent descendre les prix à 50 f la minute, elles continueront à se faire de gros bénéfices. Il n’y a pas de communication téléphonique qui se termine pile dans la minute. Soit la minute n’est pas atteinte, pour ceux qui se pressent pour économiser, soit les minutes sont débordées pour ceux qui ne se pressent pas. Dans tous les cas, les sociétés de téléphonie empochent de l’argent indu à chaque fois qu’un usager téléphone. Pour se représenter ce que cela pourrait valoir, il faut prendre les moyennes suivantes. La moyenne des abonnés de nos trois opérateurs de téléphonie est d’environ 500 000. Admettons que sur chaque appel, les opérateurs réalisent seulement 15 f de recettes indues. Cela voudrait dire que si tous les abonnés n’appellent qu’une fois seulement dans la journée, l’opérateur va réaliser gratuitement un chiffre d’affaire de sept millions cinq cent mille (7 500 000) francs cfa cadeau. Ce chiffre des abonnés est purement indicatif, puisque certaines sociétés ont déjà déclaré avoir atteint le million d’abonnés. C’est vous dire le montant de l’arnaque journalière. De toute façon, chacun peut faire le constat de combien de fois il utilise son téléphone par jour et comprendre à combien, à son seul niveau, il est arnaqué par jour par les sociétés de téléphonie. Et si encore le service était correctement rendu ?

L’Artel ne peut pas rester silencieuse longtemps sur ces questions. Il lui faut prendre positon et expliquer. Peut-être avons-nous tort ? Mais il reste que pour l’instant, non seulement le processus de facturation de la communication pose problème, mais les services qui sont régulièrement offerts devraient faire l’objet d’une réglementation pour permettre à l’usager qui est lésé de demander et obtenir réparation. C’est le principe même d’une société démocratique. Un usager a des droits que l’on doit respecter. Si par la faute de l’opérateur ma communication est interrompue avant sa fin normale, la société devrait supporter avec moi le préjudice. Il n’est pas acceptable que les uns n’aient que des devoirs et les autres que des droits. La loi doit protéger le consommateur, en même temps qu’elle préserve les intérêts et les bénéfices des opérateurs. C’est une question de justice sociale.

Par Newton Ahmed Barry

Source : evenement-bf.net

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