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Activités économiques du Burkina 2011 : Des données appréciables malgré les remous

Le Burkina Faso a été secoué par une crise sociopolitique et militaire au cours du 1er semestre de l’année 2011. Cette situation a affecté l’économie nationale et entraîné une baisse au niveau des investissements. Malgré ce contexte difficile, les performances économiques sont dans l’ensemble louables.

L’économie du Burkina Faso est essentiellement basée sur l’exportation du coton et de l’or. En 2010, les performances s’étaient redressées en raison d’une hausse des prix du métal jaune sur les marchés internationaux. Celles de 2011 n’ont pas été tout à fait reluisantes compte tenu de la crise sociopolitique et militaire qui a affecté  » le pays des Hommes intègres « en début d’année. Le chef de mission du Fonds monétaire international (FMI), Mme Malangu Kabedi Mbuyi, qui a séjourné au Burkina Faso en octobre dernier avec ses collaborateurs, a souligné que la croissance économique de ce pays qui était à 7,9% en 2010 devrait chuter à 5,6% en 2011. Dans presque tous les secteurs porteurs, le taux de croissance en 2011 est en baisse. Le FMI a, à cet effet, invité les autorités à poursuivre les efforts de consolidation des finances publiques afin de réduire la vulnérabilité de l’économie. Néanmoins, l’équipe du FMI a relevé que les perspectives à moyen terme étaient bonnes. Les projections d’une croissance du Produit intérieur brut (PIB) au taux de 5,5% en 2011 et 2012 ont même été faites. «  Ce chiffre, même inférieur à celui de 2010 (7,9%) ,est jugé satisfaisant au regard des remous sociaux qu’a traversés le pays. Cette croissance économique devrait s’améliorer progressivement avec la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD)  », ont affirmé les émissaires du FMI.

Le chef du gouvernement, Luc Adolphe Tiao, lors de son discours sur la situation de la nation a indiqué que la SCADD traduit l’ambition d’atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) grâce à un taux de croissance soutenu de 10% par an, afin de réduire la pauvreté à 35% entre 2011 et 2015. «  C’est la reconnaissance des efforts que le gouvernement fournit en matière de gestion et de finances. Pour résoudre les faiblesses structurelles de l’économie, nous allons poursuivre la modernisation des administrations et la mise en œuvre de la stratégie de développement du secteur financier  », a-t-il ajouté.

L’espoir est permis avec la SCADD

En effet, dans le cadre de la SCADD, le gouvernement entend prendre des dispositions idoines pour la mise en place des programmes de développement, notamment l’appui aux secteurs sociaux dans la perspective de l’atteinte des OMD.

Le dernier rapport de la Fondation Mo Ibrahim classe le Burkina Faso 19e sur 53 pays africains dans le domaine de la gouvernance et 6e sur 16 Etats en Afrique de l’Ouest. Bien que la croissance économique soit appréciable, elle n’a pas été suffisante pour induire une réduction significative de la pauvreté monétaire. Le secteur privé jouant un rôle prépondérant dans l’atteinte de l’objectif de développement durable à travers une croissance économique remarquable, des efforts sont faits en matière d’amélioration dans ce secteur. Le ministre de l’Economie et des Finances, Lucien Marie Noël Bembamba, a signifié que la crise qu’a vécue le pays n’a pas été propice au climat des affaires. Selon lui, cette crise a fait perdre 0,56 point dans la croissance. «  La situation de 1994, date de la dernière dévaluation du F CFA, est différente de celle actuelle. Mais les perspectives économiques sont rassurantes et la croissance pourrait atteindre 6% en 2012 dans la zone UEMOA’’, a confié M. Bembamba.

Malgré les réformes mises en œuvre, l’investissement est resté faible au Burkina Faso comparativement à certains pays de la sous-région. A ces faibles performances enregistrées dans les années antérieures, s’ajoutent les obstacles rencontrés au cours de l’année 2011 qui ont fait baisser le taux de croissance de l’économie, contrairement aux attentes du pays en 2011. La crise ayant été presque résolue, les partenaires techniques et financiers ont salué l’effort des autorités burkinabè pour leur capacité à bien maîtriser les finances publiques. En cette année 2011 qui s’achève, nous avons une pensée pieuse pour El Hadj Oumarou Kanazoé, ancien président de la Chambre de commerce et d’industrie de Ouagadougou qui nous a quittés le 20 octobre dernier. Un homme qui a beaucoup contribué au développement de son pays. Nous profitons souhaiter plein succès à Alizèta Ouédraogo qui vient de lui succéder le 29 décembre 2011.

Afsétou SAWADOGO

Sidwaya

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