Dans le cadre d’une rencontre d’échanges initiée par le Bureau de la Banque mondiale à Ouagadougou, la diversification des pôles de croissance économique du Burkina Faso était le point focal des débats. Cette rencontre qui s’est tenue le 3 février à Ouagadougou a été une opportunité pour les participants de faire des suggestions qui vont concourir à insuffler un dynamisme nouveau à la volonté de faire de Bagré, une localité d’attraction économique dans la sous-région. Pendant deux heures d’horloge, le conférencier Djibrilla Issa, spécialiste en finances, a tenu en haleine l’auditoire qui n’a pas manqué de questions essentiellement liées aux risques et implications économiques de ce projet agricole bien ambitieux. Les petits plats se mettent dans les grands afin que d’ici à fin juin 2011, ce projet prenne corps.
L’agriculture est l’assise de l’ économie du Burkina, avec pour principal moteur la coton-culture qui fournit 70% des recettes. Pourtant le coton n’est pas exempt de la détérioration des termes de l’échange. C’est pourquoi il s’avère nécessaire de diversifier les pôles de croissance économique afin de pouvoir amoindrir le poids des contingences économiques extérieures sur l’économie nationale. Ce sont là, d’entrée de jeu, les propos tenus par le conférencier. Des divers leviers de croissance de notre pays, il a relevé une trilogie d’axes de développement, à savoir : le secteur minier, les sites touristiques, bien sûr l’agriculture qui constitue le socle de notre économie. Parlant du dernier vecteur de développement que représente l’agriculture, Djibrilla a déclaré que pour éviter le déséquilibre régional en termes de productivité agricole, il faut une véritable volonté politique. En effet, l’Etat doit jouer un véritable rôle de catalyseur. C’est pourquoi, dit-il, l’Etat et la Banque mondiale, par une synergie d’action, ont fait le choix d’aménager un espace agricole qui s’étale sur environ 6000 hectares. Ainsi Bagré qui regorge déjà de potentialités diversifiées en terme agricole pourra être une localité de grande attractivité touristique. Au nombre des différents domaines d’exploitation agricole qui peuvent connaître une émergence à Bagré, on peut compter( la pisciculture, la production de fruits et légumes, , l’écotourisme, la fourniture de ranch et l’embouche). Pour réussir cette ambition, il a déclaré que la Banque mondiale apporte une quote-part estimée à 115 millions de dollars. Le conférencier est convaincu que cet investissement fera de Bagré un centre d’intérêt des investisseurs privés qui sont les principaux piliers d’une économie compétitive concurrentielle et viable.
Faire de Bagré un véritable centre d’agro-business
A en croire Djibrilla Issa, conférencier du jour, tout cet investissement dans ce grand projet pourra être concrétisé d’ici à fin juin 2011. En effet, la concrétisation prend assise sur trois piliers. Au plan institutionnel, il y aura une restructuration tripartite. Aussi bien l’Etat, le privé que les collectivités territoriales seront représentés. Par la suite, le développement au plan infrastructurel sera au rendez-vous. A ce niveau, on pourra considérer une subdivision tripartite également à savoir l’implantation de matériels nécessaires à une grande irrigation, la mise en place d’un patrimoine routier vers la frontière du Ghana et enfin l’effectivité des installations électriques et de stations d’essence. Le volet d’indemnisation en matière foncière des propriétaires terriens qui vont céder des hectares pour l’exploitation agricole ne sera pas ignoré. Mieux, des fonds seront alloués à cet effet. Pour le conférencier, Bagré qui a des atouts déjà non négligeables ne dispose pas d’institution bancaire. Pour ce faire, des mesures incitatives seront prises pour que des institutions bancaires s’y installent, a-t-il dit. Djibrilla a informé que des structures sont déjà commises à la tâche de l’analyse de l’impact socio-économique du projet de Bagré.
Roland KI
Lepays




